Publié le 30/04/2019
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Catégorie : Maladies et blessures

Maladies et blessures L’Artérite Virale équine (AVE)

L’Artérite Virale Équine (AVE) est une maladie infectieuse présente à l’échelle mondiale. Si elle touche principalement le milieu de l’élevage et de la reproduction, tous les propriétaires d’équidés sont concernés.

Les symptômes de l’Artérite

Cette maladie est avant tout connue pour les avortements qu’elle peut parfois déclencher chez les juments, 2 à 4 semaines après la contamination.

Durant la phase clinique, d’autres symptômes, similaires à la grippe ou la rhinopneumonie, peuvent toutefois être observés :

  • Fièvre, elle-même induisant une perte d’appétit, un abattement…
  • Jetage ;
  • Larmoiement ;
  • Œdème du fourreau et scrotum / de la mamelle ;
  • Engorgement des membres ;
  • Parfois des éruptions cutanées.

Cet état dure généralement 1 à 2 semaines. Il n’est pas nécessairement présent avant un avortement. Les étalons subissent en outre une baisse de fertilité temporaire, durant 6 à 8 semaines après l’infection.

La maladie peut également se développer sous une forme plus discrète, la rendant ainsi plus difficile à appréhender.

Chez les jeunes poulains infectés par l’artérite virale équine, les symptômes respiratoires peuvent évoluer en pneumonie. Auquel cas, une surveillance accrue est de mise.

C’est lors de ses premiers mois de vie que le poulain est le plus fragile

Les causes de l’AVE

Initialement, les différentes souches existantes du VAE (Virus de l’Artérite Équine) en France ne provoquaient pas de maladie.

En 2007, suite à l’apparition de la souche virulente de l’Artérivirus en Normandie, a eu lieu une épizootie. La réussite de la gestion de cette crise a été notamment due à son statut de MDO.

Qu’est-ce qu’une MDO ?

Une MDO est une « Maladie à Déclaration Obligatoire ». Les vétérinaires, les laboratoires ainsi que les propriétaires d’équidés ont pour obligation de déclarer tous les cas positifs à la DDPP. Il s’agit de la Direction Départementale de la Protection de la Population, gérant des missions de santé publique ainsi que de protection de la santé animale, de la faune sauvage et de l’environnement.

Ce suivi à l’échelle nationale permet la mise en place de protocoles adaptés, et ainsi de limiter la propagation de maladies.

Cette réglementation a été créée afin de protéger la filière équine, tant sur l’aspect sanitaire qu’économique.

Résistance du virus

Le virus de l’artérite virale équine est peu résistant. Sensible au soleil, aux fortes chaleurs et à l’humidité, il ne survit en milieu extérieur pas plus de 24 heures. De plus, il est facilement destructible par des désinfectants.

En revanche, ni la réfrigération ni la congélation n’affectent l’agent pathogène. De ce fait, le VAE se conserve dans la semence destinée à des Inséminations Animales (IA).

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Transmission de l’Artérite Virale Équine

Le virus de l’artérite virale équine se transmet de deux manières différentes : par la voie respiratoire et par la voie vénérienne (rapports sexuels).

De plus, malgré sa faible résistance, une contamination indirecte reste possible via le matériel si un équidé contaminé s’est retrouvé en contact avec peu de temps auparavant.

La voie respiratoire

Lors de la phase clinique, le virus est excrété par les chevaux à travers leurs crottins, urines, larmes, jetages ainsi que présent dans leur sang et leur sperme.

La contamination aérienne s’opère donc dans le cas de contacts rapprochés avec un cheval infecté.

La voie vénérienne

La voie vénérienne correspond à une transmission de la maladie lors de rapports sexuels.

Seul l’étalon est contaminant lors de l’accouplement, via sa semence infectée. Cette contamination est valable lors de reproduction par monte naturelle, mais aussi par IA.

Les juments ne peuvent pas transmettre le virus par leurs sécrétions vaginales. En revanche, si celles-ci se trouvent en phase clinique de l’artérite virale, le risque de transmission par voie respiratoire est toujours présent.

L’évolution du virus

Les juments, tout comme les hongres, éliminent spontanément le virus et n’en sont donc excréteurs que pendant la phase clinique. Concernant les étalons, deux cas de figure sont possibles :

  • 60% d’entre eux vont éliminer le virus, à l’instar des autres chevaux ;
  • 40% restent porteurs sains du virus après guérison. La persistance du virus peut durer quelques mois ou bien rester à vie.

Concrètement, le virus de l’artérite virale reste stocké dans les glandes annexes de l’appareil génital. Or, sa localisation induit une contamination du sperme de l’individu, et indirectement de son urine. L’étalon reste donc contaminant uniquement pour les juments saillies avec sa semence, ainsi que pour les chevaux entrant en contact avec ses urines.

La persistance du virus est liée à la sécrétion de testostérone. La castration permet ainsi d’éliminer définitivement le virus de l’organisme de l’équidé.

Comment savoir si mon cheval est atteint par l’AVE?

Une fois l’équidé contaminé, le temps d’incubation varie entre 3 et 15 jours.

Le seul moyen de déterminer si un cheval est réellement contaminé est d’effectuer une sérologie.

On va ainsi rechercher dans le sang la présence d’anticorps (éléments défensifs produits par le corps) correspondants au virus de l’artérite virale équine.

La présence d’anticorps peut signifier que le cheval a été en contact direct avec le virus, mais également qu’il a été vacciné. Or, on sait que lors d’une exposition au virus, le taux d’anticorps augmente rapidement, stagne, puis diminue progressivement.

Aussi, pour savoir si le cheval est contagieux ou non, il suffit d’observer l’évolution du taux d’anticorps. Cette étude sera réalisée grâce à 2 analyses sérologiques réalisées à 15 jours d’intervalle minimum.

Pour les étalons, une virologie peut également être effectuée. Il s’agit de la recherche du virus dans le sperme de l’étalon. Cette analyse permet de déterminer si l’individu est excréteur, et donc s’il présente ou non un risque de contamination pour les juments via la reproduction.

Comment soigner l’artérite virale équine ?

Comme toute infection virale, les chevaux guérissent spontanément. De ce fait, l’artérite virale équine ne dispose que de traitements symptomatiques:

  • AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens) ;
  • Diurétiques ;
  • Vitamines de soutien ;
  • Antibiotiques, si infection.

Le traitement doit s’accompagner d’une mise au repos.

Mieux vaut prévenir que guérir !

La prévention de l’artérite virale équine passe par la mise en place de deux prophylaxies. Il s’agit de prendre un ensemble de mesures afin de prévenir du risque d’expansion de la maladie.

Prophylaxie sanitaire

  • Mise en place d’une quarantaine de 3 semaines pour tout cheval contaminé, ou suspecté de l’être. Ceci correspond à la durée de contagion par voie respiratoire ;
  • Mesures d’hygiène : désinfection des locaux et du matériel ayant été en contact avec un cheval malade ;
  • Mesures sanitaires : destruction systématique des avortons (= fœtus issus de l’avortement d’une jument).

Prophylaxie médicale

Depuis 2005, un vaccin protégeant du virus de l’artérite virale équine est commercialisé en France : l’ARTERVAC. Ce vaccin permet, en plus de la protection des chevaux sains, de diminuer l’excrétion chez les étalons porteurs. Le protocole de vaccination est le suivant :

  • Primo-vaccination : 2 injections à 2-3 semaines d’intervalle (dès 9 mois) ;
  • Rappel tous les 6 à 8 mois.

De nombreux stud-books exigent un dépistage préalable à l’intégration d’un étalon, ainsi qu’un justificatif de vaccination dans le cas d’une séropositivité.

Cavalière polyvalente depuis maintenant 15 ans, je suis accompagnée par ma petite jument, mon acolyte. Éthologie, santé et bien-être animal me passionnent. Mes études se poursuivent donc actuellement afin de pouvoir entrer en école vétérinaire ou d'ingénieur.

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