cheval lipizzan gris
Publié le 09/09/2020
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Catégorie : Races de chevaux

Races de chevaux L’impérial Lipizzan

Élégant, robuste et polyvalent, le Lipizzan a tout pour plaire ! Je vous propose d’en apprendre un peu plus sur ces magnifiques chevaux « blancs » qui ont fait la fierté de l’empire autrichien.

D’où vient le lipizzan ?

Les origines du cheval Lippizan

Nous sommes en Bohême à la fin du 16ème siècle sous le règne de Maximilien II des Hasbourg, roi de Bohême et empereur des romains.

À cette époque, les finances du royaume sont au plus bas. L’École espagnole de Vienne peine à se faire importer des chevaux andalous. L’archiduc Charles II prend alors la décision de fonder sa propre race pour fournir la cour autrichienne et la célèbre académie équestre.

L’élevage de chevaux commence en 1580 dans le village de Lipizza (aujourd’hui en Slovénie). Le domaine se situe sur le plateau du Karst, au Nord de Trieste (aujourd’hui en Italie). Le sol calcaire et le climat rude de cette région façonnent des chevaux locaux robustes et endurants depuis des siècles.

C’est donc avec ces chevaux locaux que Charles II croise ses andalous venus d’Espagne. Plus tard, vers 1700, on procède à des apports de sang de chevaux Napolitain, Kladruber et Pur-sang arabe.

La race commence à se fixer et porte, à ce moment, le nom de « cheval de souche lipizzane de la race du Karst ». Ce n’est qu’en 1860 qu’elle prend le nom de « Lipizzan ».

En 1735, cette race devient la race exclusive de la prestigieuse École espagnole de Vienne.

Les lignées fondatrices

C’est sous le règne de l’impératrice Marie-Thérèse que la race se stabilise davantage avec 6 lignées d’étalons et 18 lignées de juments.

Parmi les étalons on trouve :

  • Pluto : andalou gris né en 1765,
  • Conversano : napolitain noir né 1767,
  • Maestoso : kladruber gris né en 1773,
  • Favory : kladruber gris né en 1779,
  • Neapolitano : napolitain noir né en 1790,
  • Siglavy : pur-sang arabe gris né en 1810.

C’est avec l’influence de sang arabe que la robe gris clair est génétiquement favorisée. Cette robe devient, dans le courant du 19ème siècle, une caractéristique majeure du cheval Lipizzan. Elle est la préférée des empereurs autrichiens.

Aujourd’hui tous les Lipizzan « pures souches » sont issus de ces lignées. Ce sont d’ailleurs les seules lignées autorisées au Haras de Piber.

Toutefois, le stud-book du Lipizzan accepte également 2 autres lignées. Il s’agit de :

  • Tulipan : croisement d’un étalon lipizzan et d’une jument croate du haras de Teresovac, né en 1800 ;
  • Incitato : père transylvanien et mère espagnole né en 1802 au haras de Mezöhegyes, en Hongrie.

Une histoire mouvementée

Les exodes des Lipizzan

Face à tous les conflits et les guerres qui touchent l’Europe, la race lipizzane a bien faillit s’éteindre. Pour la protéger, on a dû les cacher et les exiler du haras de Lipizza à plusieurs reprises.

Le premier exode se déroule en mars 1797, lors de la guerre entre l’empire d’Autriche et la Prusse. Les chevaux Lipizzan reviennent à Lipizza en novembre de la même année.

En 1805, les chevaux subissent une nouvelle évacuation lorsque Napoléon 1er envahit la région. Ils reviennent en avril 1807.

Lors du traité de Schönbrunn, les chevaux sont à nouveau éxilés de Lipizza de 1809 à 1815 après la défaite française de Waterloo. Nombre d’entre eux décèdent durant cet exil.

En application du traité de Versailles, en 1919, après la 1ère guerre mondiale, le domaine de Lipizza est annexé à l’Italie. Les chevaux Lipizzan de Lipizza sont déplacés au haras de Piber, dans le Sud-est de l’Autriche. Piber devient alors le lieu d’élevage exclusif de l’École espagnole de Vienne.

C’est le ministère de l’agriculture autrichien qui prend en main l’élevage des Lipizzan en 1921. Mais la race va connaître encore de nombreuses péripéties !

La seconde guerre mondiale

En 1935, la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe.

L’École espagnole de Vienne est sous l’autorité de l’armée nazie. L’auteur Elisabeth Letts raconte dans son livre « the perfect horse » que dès 1941, tous les meilleurs chevaux Lipizzan sont réquisitionnés de force, et placés dans des haras contrôlés par l’armée allemande. Ceux de Piber sont transférés à Hostau (actuellement en République tchèque).

Ces réquisitions ont pour but de créer une race suprême aryenne de chevaux Supérieurs de robe blanche, pour les nazis.

Étalon de l’École espagnole de Vienne

En 1945, des soldats américains capturent des officiers allemands en charge des chevaux. Les prisonniers indiquent aux américains que les précieux Lipizzan se trouvent à Hostau, en territoire ennemi soviétique. Les prisonniers allemands supplient les américains de sauver les chevaux avant que les soviétiques ne les tuent pour les manger.

Le Général américain George  Patton envoie alors des troupes, sous le commandement du Colonel H. Reed, afin de récupérer les équidés. L’opération est un succès. Une troupe américaine veille à la sécurité des précieux chevaux gris jusqu’à la fin de la guerre.

Seuls 250 chevaux Lipizzan survivent à cette guerre. Les efforts des éleveurs et des passionnés ont permis d’augmenter et de stabiliser, progressivement, l’effectif des différents cheptels européens.

Après le sauvetage du général Patton, de nombreux Lippizan ont été offerts aux américains et ont été exportés aux États-Unis.

L’élevage du cheval Lipizzan de nos jours

Bien qu’ils soient élevés un peu partout en Europe, il existe 7 haras d’État d’élevage traditionnel. Ces haras se situent dans des régions appartenant jadis à l’empire austro-hongrois :

  • le haras de Piber, au sud-est de l’Autriche, est le seul haras à fournir l’École espagnole de Vienne. C’est le plus grand élevage de Lipizzan d’Europe ;
  • le haras de Lipica (anciennement Lipizza), en Slovénie, est le berceau originel de la race lipizzane. Même si après la 1ère guerre mondiale, la plupart d’entre eux a été transférée à Piber, Lipica n’a jamais cessé d’élever des chevaux. En Slovénie, le Lipizzan est considéré comme un animal national. Deux d’entre eux sont même représentés sur les pièces slovènes de 20 centimes d’euros ;
  • l’élevage de Topolcianky en Slovaquie, où les chevaux ont une robe un peu plus foncée et sont un peu plus grands ;
  • le haras de Szilvasvarad, en Hongrie, particulièrement renommé pour ses Lipizzan d’attelage ;
  • l’élevage de Simbata de Jos en Roumanie ;
  • le haras de Djakovo en Croatie ;
  • l’élevage de Monterotondo en Italie.

La Lipizzan internationale federation a vu le jour en 1986 pour gérer le stud-book de la race et pour réunir tous les éleveurs dans un objectif commun.

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Aujourd’hui, on compte  plus de 10.000 chevaux Lipizzan dans le monde.

Les plus gros élevages sont en Europe, mais il faut savoir que 40 % des Lipizzan présents dans le monde se trouvent aux États-Unis. Le haras le plus célèbre du continent américain est celui de Temple Farm, dans la ville de Wadsworth dans l’Illinois. Les chevaux de ce haras sont les descendants du célèbre sauvetage d’Hostau de 1945.

À quoi ressemble un lipizzan ?

Étalon Lipizzan

La morphologie d’un Lipizzan peut varier selon le modèle, baroque ou sportif, ou encore selon sa lignée, notamment dans le profil de la tête. On trouve souvent un profil concave pour la lignée Neapolitano, un profil rectiligne pour Conversano et un profil convexe pour Siglavy.

Un Lipizzan a une taille moyenne, entre 1,55 m et 1,65 m au garrot. Il a un port de tête altier, une encolure haute et puissante avec un garrot peu marqué. Son dos est plutôt long et musclé avec des reins forts. Ses épaules sont longues et obliques, et sa poitrine profonde et large. Ses membres sont relativement courts mais puissants avec des articulations solides.

Les modèles baroques (traditionnels) ont un centre de gravité plus bas et une action des genoux très haute. Alors que les modèles plus sportifs sont un peu plus grands, leurs épaules sont un peu plus inclinées et leurs allures plus amples.

Malgré que la robe gris clair soit génétiquement dominante chez la race, on trouve également des chevaux noirs et bais.

Le saviez-vous ? le Lipizzan est réputé pour avoir une longévité supérieure à la moyenne !

L’utilisation et le tempérament du Lipizzan

Ils sont reconnus pour être des chevaux très intelligents, énergiques, proches de l’homme et faciles à éduquer.

Bien que sa discipline de prédilection soit le dressage, cette race est très polyvalente.

Il excelle également en attelage de compétition car il est très maniable et très vif. La preuve en est avec le meneur français Benjamin Aillaud et ses 4 Lipizzan qui brillent lors des concours internationaux d’attelage (plusieurs fois champion de France et est classé régulièrement parmi les meilleurs mondiaux de la discipline).

Depuis quelques années, les amateurs d’équitation de travail apprécient de plus en plus l’énergie et la générosité de ce cheval. Cette nouvelle discipline reconnue par la FFE consiste à développer les compétences utilisées pour conduire et trier le bétail.

Enfin, son endurance et son pied sûr en font également une excellente monture de loisir ou de randonnée.

B.Aillaud et ses chevaux Lipizzan

Passionnée par les chevaux et rédactrice sur Cheval Partage

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