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Travail sur le plat

Cheval sur les épaules : 5 étapes pour retrouver l'équilibre

T'as mal aux bras en fin de séance ? Ton cheval trébuche et coupe les coins ? Il est probablement sur les épaules. Je t'explique comment le rééquilibrer.

Elodie 6 min de lecture
Cheval travaillant sur le plat, en équilibre sur son arrière-main
Sommaire de l'article
  1. C’est quoi, un cheval sur les épaules ?
  2. Les signes qui ne trompent pas
  3. D’où ça vient
  4. Avant tout : élimine la piste de la douleur
  5. Le réflexe qui aggrave tout
  6. 5 étapes pour le rééquilibrer
  7. Pour que ça ne revienne pas

Tu rentres de ta séance et tu as mal aux bras. Pas aux cuisses, pas aux abdos. Aux bras. Comme si tu avais porté 2 seaux d’eau pendant 45 minutes. Ton cheval a trébuché 2 fois sur la diagonale, il a coupé tous tes coins, et à chaque transition descendante tu as eu l’impression de freiner un camion dans une descente.

Il y a fort à parier que ton cheval est sur les épaules. C’est l’un des défauts les plus répandus, et surtout l’un des plus sournois : il s’installe tout doucement, jusqu’au jour où tu ne montes plus, tu portes. Bonne nouvelle, ça se corrige. Je t’explique comment :

C’est quoi, un cheval sur les épaules ?

Mais d’abord, c’est quoi exactement un cheval sur les épaules ? C’est tout simplement un cheval en mauvais équilibre longitudinal : il porte trop de poids sur son avant-main et pas assez sur ses postérieurs.

Premier truc à savoir, et ça déculpabilise : ton cheval est né sur les épaules. Un cheval au pré porte naturellement environ 60% de son poids sur ses antérieurs. Sa tête et son encolure pèsent lourd, et elles sont devant. Ajoute 60 kg de cavalière au milieu du dos, et le déséquilibre s’aggrave.

Rééquilibrer un cheval, c’est donc lui apprendre quelque chose qui ne lui vient pas tout seul. Ça prend du temps, et c’est normal.

Les signes qui ne trompent pas

  • Tu as mal aux bras et aux épaules en fin de séance
  • Il trébuche, surtout au trot et dans les descentes
  • Il coupe les coins et s’écroule vers l’intérieur dans les tournants
  • Tes transitions descendantes durent 3 foulées de trop
  • Au galop, tu as l’impression qu’il roule vers l’avant
  • Ses foulées s’allongent au lieu de rebondir, ses postérieurs traînent derrière

Ça te parle ? On continue.

Si ton cheval manque d'impulsion et que tu te penches vers l'avant, son équilibre se dégrade et tombe sur l'avant-main.

D’où ça vient

L’âge et la conformation. Un jeune cheval est presque toujours sur les épaules, il n’a ni la musculature ni la coordination pour faire autrement. Certains modèles y sont aussi plus prédisposés : dos long, encolure attachée bas, garrot peu sorti.

Le manque de muscle. Se porter, c’est un effort physique. Un cheval dont l’arrière-main et la ligne du dessus ne sont pas construites n’en est tout simplement pas capable, même avec la meilleure volonté du monde.

La confusion entre vitesse et impulsion. Un cheval qui trotte vite n’est pas forcément un cheval qui a de l’impulsion. Souvent, c’est même l’inverse : il court pour ne pas avoir à se porter. Si la nuance te semble floue, cet article démêle les 4 notions.

Ta position. Une cavalière qui se penche vers l’avant déplace le centre de gravité de l’ensemble vers les épaules. Et plus le cheval tombe, plus on a tendance à se pencher pour “l’aider”. Tu vois le problème.

Avant tout : élimine la piste de la douleur

C’est la partie que je ne peux pas te laisser sauter. Un cheval qui a mal (au dos par exemple) peut se mettre sur les épaules pour éviter d’engager. C’est une protection, pas un défaut d’éducation. Aucun exercice au monde ne corrigera ça.

À vérifier avant de te lancer :

  • La selle. Une selle qui bloque le passage des épaules ou qui pince le garrot rend l’engagement impossible. Un bilan de saddle fitting coûte moins cher que 6 mois de travail dans le vide.
  • Le dos et le bassin. Une séance d’ostéopathie te dira vite si quelque chose bloque.
  • Les pieds. Des talons fuyants ou des pinces trop longues déportent l’équilibre vers l’avant, littéralement.
  • Les dents. Un cheval qui a mal à la bouche ne peut pas accepter un contact.

Ça ne coûte pas grand chose de vérifier. D’ailleurs, qu’importe la problématique que tu essayes de résoudre avec ton cheval, ait toujours le réflexe de vérifier si tout est ok niveau santé.

Le réflexe qui aggrave tout

Ton cheval pèse dans ta main, donc tu mets plus de main pour le redresser. Ca paraît logique, et en plus ça marche très bien à court terme. Mais c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

Parce qu’il va s’y habituer. Très vite. Ta main devient sa 5ème jambe, celle sur laquelle il se repose pour ne pas fournir l’effort. Plus tu le portes, moins il se porte.

On évite aussi l’escalade de mors, de plus en plus durs. Là encore, ça marche au début mais ça a vite ses limites.

STOP.

5 étapes pour le rééquilibrer

1. Rends-lui ses rênes

Le meilleur outil, c’est de le priver temporairement de son appui. Donc rênes longues, au pas d’abord.

Ça va être moche. Il va s’ouvrir, mettre le nez au vent, chercher son équilibre partout. C’est normal, et c’est même le but : laisse-le utiliser son encolure comme un balancier. Toi, tu restes bien droite en selle, voire très légèrement en arrière.

Compte 2 ou 3 séances rien que là-dessus avant de passer à la suite.

2. Remets de l’impulsion, pas de la vitesse

Rênes longues sans impulsion, ton cheval va juste s’éteindre et traîner. Ce qu’on cherche, c’est l’envie d’aller vers l’avant.

Le test est simple : une jambe discrète, il répond immédiatement ? Si tu dois pousser à chaque foulée, l’impulsion n’est pas là. Redemande franchement, félicite dès qu’il réagit, et laisse-le tranquille ensuite.

Pour libérer l'avant-main, cherche l'impulsion avant tout, pas la vitesse. C'est la base de la légèreté.

3. Multiplie les transitions

C’est le cœur du travail. Une transition toutes les 6 à 8 foulées, pas une par tour de carrière.

Pas-trot, trot-pas, arrêt, redépart. Puis des transitions dans l’allure quand ça devient facile. Ce sont surtout les descendantes qui reportent le poids vers l’arrière, parce qu’elles obligent les postérieurs à s’engager pour freiner.

Plus tes transitions sont rapprochées, plus l’équilibre recule.

4. Ajoute le reculer et les latéraux

Quelques pas de reculer, dans le calme. 3 ou 4 pas suffisent largement, pas 15. Et tu arrêtes tout de suite s’il se creuse, l’objectif n’est pas d’abîmer son dos.

Ensuite, l’épaule-en-dedans : c’est l’exercice roi pour muscler l’arrière-main et alléger l’avant. Commence sur quelques foulées le long du grand côté.

Et pense aux barres au sol. Franchir une barre oblige le cheval à lever ses épaules et à basculer son poids vers l’arrière. Exp : 4 barres espacées d’environ 1,30 m au trot, quelques passages par séance, et tu vois la différence en 3 semaines.

5. Reprends le contact, tout doucement

Quand il se porte seul et que tes mains ne pèsent plus, tu peux raccourcir tes rênes. Progressivement, et seulement là, tu recherches une attitude de dressage.

Ne précipite pas cette étape, c’est là qu’on casse tout. Mieux vaut 3 semaines rênes longues avec un cheval qui balance son encolure qu’une séance à l’enfermer et se retrouver au point de départ.

Pour que ça ne revienne pas

Le défaut revient vite si on relâche. 2 habitudes suffisent à le tenir à distance.

Une détente progressive à chaque séance : rênes longues sur des courbes larges, impulsion, et seulement ensuite la mise en main. Jamais l’inverse.

Et des transitions à chaque séance, même quand tout va bien. C’est ton entretien.

Ajoute des sorties en extérieur si tu peux, surtout avec du dénivelé : les montées sont le meilleur exercice de gainage de l’arrière-main qui existe, et ton cheval s’y engage sans même y penser.

Le jour où tu sentiras la propulsion venir de derrière, avec des mains qui ne portent plus rien, tu ne pourras plus t’en passer 💛

Pour aller plus loin : Les trois équilibres fondamentaux pour comprendre la mécanique, et 5 exercices pour muscler son cheval pour construire l’arrière-main qui te manque.

Ce cheval présente un bon équilibre longitudinal : léger dans sa bouche, dans une bonne impulsion, et parfaitement disponible.

Elodie

Elodie

Cavalière depuis toujours, je suis l'heureuse propriétaire de 2 juments exceptionnelles : Joye et Heaven ! J'ai aussi créé Stenko : l'app qui permet aux pros équins de gérer leur activité sans prise de tête, et aux particuliers de suivre tout ce qui concerne leurs animaux.

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