Publié le 01/06/2014
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Catégorie : Travail sur le plat

Travail sur le plat Cheval sur les épaules : comment y remédier ?

Votre cheval est en déséquilibre permanent vers l’avant ? Il trébuche ? A du mal à tourner ? N’engage pas ? Vous avez l’impression de porter 50 kg dans chaque main lors de votre séance de dressage ? Tous ces problèmes n’en sont en fait qu’un seul : votre cheval est sur les épaules. Rassurez-vous, ça se corrige ! Voyons comment :

Le problème du cheval sur les épaules

Un cheval sur les épaules, c’est donc un cheval avec un mauvais équilibre longitudinal : il porte en effet son poids sur son avant-main et est en déséquilibre permanent.

Concrètement, le cheval va avoir tendance à se reposer sur la main de son cavalier (d’où l’impression d’avoir 50 kg dans chaque main !) et ne va pas forcément bien engager ses postérieurs sous la masse. Le cheval sur les épaules aura en outre tendance à trébucher plus souvent et aura des difficultés pour tourner.

Le cavalier, lui, aura tendance à avoir mal aux bras tant le poids du cheval sera important dans ses rênes. De plus en plus important même, s’il laissez son cheval prendre cette mauvaise habitude. Il sera en outre penché vers l’avant et aura donc beaucoup de mal à se tenir bien droit en selle.

Problématique, n’est-ce pas ? Vous l’aurez compris, si votre cheval a tendance à être sur les épaules, il va falloir corriger le tir et, peu à peu, alléger l’avant-main afin de le rééquilibrer. Plus vous tarderez à corriger ce problème et plus, d’une simple gène, il se transformera en un véritable handicap. D’où la nécessité de réagir rapidement !

Si votre cheval manque d'impulsion et que vous vous penchez vers l'avant, vous risquez de vous retrouver avec un cheval dont l'équilibre se dégrade et tombe sur l'avant.
Si votre cheval manque d’impulsion et que vous vous penchez vers l’avant, vous risquez de vous retrouver avec un cheval dont l’équilibre se dégrade et tombe sur l’avant.

Comment rééquilibrer un cheval sur les épaules ?

Fausse bonne solution : c’est moi qui le porte !

Le premier réflexe de la plupart des cavaliers dans cette situation sera de mettre davantage de main pour aider le cheval à se rééquilibrer. Si dans un premier temps cette action peut s’avérer sans conséquences et même efficace, à terme c’est une mauvaise solution car le cheval prendra rapidement l’habitude de compter sur vous et ne se portera plus de lui-même. Son déséquilibre vers l’avant sera d’autant plus accentué que vous aurez tendance à tomber vers l’avant, et donc à déplacer son centre de gravité vers sur les épaules… Un véritable cercle vicieux !

Le priver de son appui

Le meilleur conseil que je puisse vous donner c’est donc de priver temporairement votre cheval de l’appui de votre main. Et pour cela, rien ne vaut la monte rênes longues ! Perturbante au départ, aussi bien pour le cheval que pour le cavalier, elle se montrera vite bénéfique.

L’impulsion avant toute chose !

Commencez par des exercices simples, au pas dans un premier temps. Privilégiez la mise en avant de votre cheval, avec une bonne impulsion.

Ne faites pas attention à son attitude générale : ce n’est pas grave du tout s’il est trop ouvert, au contraire c’est même normal puisqu’il est à la recherche d’un nouvel équilibre. Laissez-le utiliser son encolure comme balancier. Par contre, n’oubliez jamais de maintenir un mouvement en avant permanent et ne le laissez pas s’éteindre dans son allure. Restez bien droit en selle, voire légèrement en arrière dans un premier temps, afin de ne pas accentuer le déséquilibre vers l’avant.

Vous pourrez rapidement introduire des transitions vers l’arrêt afin de l’aider à reporter son poids vers l’arrière. Si votre cheval sait reculer à la demande et dans le calme, vous pouvez également demander cet exercice (sans toutefois trop insister s’il a tendance à se creuser, l’objectif n’étant pas de bousiller le dos de votre cheval !).

Les transitions

Lorsque votre cheval sera parfaitement détendu au pas, vous pourrez demander la même chose au trot puis au galop, en veillant à faire des transitions régulières. Plus les transitions seront rapprochées et plus l’équilibre du cheval sera porté vers l’arrière. Vous devriez avoir l’impression que votre cheval se propulse vers l’avant, que toute sa puissance vient de son arrière-main : si vous ressentez cela, vous êtes sur la bonne voie !

Rechercher la mise en main

Vous pourrez ensuite reprendre petit à petit les rênes et, lorsqu’il sera dans un équilibre longitudinal parfait, commencer à rechercher une attitude de dressage avec une mise en main. Ne précipitez pas cette étape au risque de casser tout le travail réalisé en amont.

Mieux vaut passer plusieurs semaines rênes longues avec un cheval utilisant son encolure comme balancier que l’enfermer dès la première séance et se retrouver de nouveau avec un cheval qui pèse sur la main et perd de l’impulsion.

Pour libérer l'avant-main, privilégiez dans un premier temps l'impulsion (et non la vitesse !). Elle est la base de la légèreté !
Pour libérer l’avant-main, privilégiez dans un premier temps l’impulsion (et non la vitesse !). Elle est la base de la légèreté !

Changer de mors ?

Mors baucher
Mors baucher (@Boutique Equitation)

Changer de mors peut également s’avérer bénéfique, notamment si ce défaut d’équilibre est profondément ancré dans le cheval. Je pense notamment à tous les mors qui ont un effet releveur et vont donc aider le cheval à se redresser. Le mors Baucher par exemple, est souvent recommandé par les professionnels pour ce type de chevaux.

Attention toutefois, n’oubliez jamais que le mors, à l’instar des enrênements, ne va pas faire de miracles : il va vous permettre d’aider à faire comprendre au cheval ce que vous attendez de lui… Et c’est tout.

Il ne doit pas se substituer à une équitation la plus fine et précise possible et doit pouvoir, à terme, être supprimé (ou, dans le cas d’un mors un peu sévère, être remplacé par un mors plus doux).

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Quand l’équilibre est retrouvé…

Vous êtes parvenu à rééquilibrer votre cheval, il se porte volontiers vers l’avant et ne s’appuie plus sur vos mains ? Excellent ! Vous allez donc pouvoir passer à des exercices plus compliqués. Mais attention, ce défaut peut revenir plus vite que prévu !

Pour mettre toutes les chances de votre côté, pensez à faire, à chaque séance, une détente progressive : on travaille d’abord rênes longues sur des courbes larges en se concentrant sur l’impulsion afin de délier le cheval et de lui permettre de trouver un bon équilibre, et ensuite seulement on recherche une attitude de dressage. Pas avant !

Pensez à faire régulièrement des transitions (notamment descendantes) pour reporter le poids de votre cheval vers l’arrière. Le reculer et les exercices latéraux (notamment les épaules en dedans) peuvent également être très bénéfiques.

En avant vers la légèreté !

Ce cheval présente un équilibre longitudinal parfait : il est ainsi léger dans sa bouche, dans une bonne impulsion.
Ce cheval présente un équilibre longitudinal parfait : il est ainsi léger dans sa bouche, dans une bonne impulsion et parfaitement disponible.

Cavalière depuis toujours, je suis l'heureuse propriétaire d'une adorable jument champagne : Joye ! En parallèle à Cheval Partage, je travaille en tant que rédactrice et conceptrice de sites Internet freelance.

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Commentaires publiés

17 commentaires.

  • Ha ha, j’ai lu les premières lignes et… « Ah ! Mais c’est exactement moi et ma jeune jument ça ! ». Bon, on travaille déjà sur ça ma mono et moi et je retrouve parfaitement son discours et mon expérience dans ton article ! J’encourage donc tous ceux qui ont le même problème à suivre ces judicieux conseils ! 🙂

  • Oui en effet, tous les jeunes chevaux sont sur les épaules et c’est bien normal, pas de panique à avoir de ce côté-là ^^
    N’hésitez pas à le travailler dans un premier temps en longe et/ou en liberté afin de l’aider à trouver son équilibre, pourquoi pas en mettant une barre au sol sur le cercle afin de l’aider à se concentrer sur l’ensemble de son corps 🙂

  • Je suis vraiment content d’avoir lu votre article que je trouve pertinent

  • Article intéressant, mais j’aurai bien volontiers remplacé la dernière image par celle de Nuno Oliveira au trot allongé (que je n’arrive hélas pas à mettre ici) qui à mon sens est plus représentative d’un véritable équilibre du cheval et du cavalier (cavalière trop en avant et mains très rigides sur le garrot) .

  • bonjour,
    je trouve votre article très intéressant et très instructif!
    J’ai ce problème avec ma jument de 12 ans. Sauf que elle elle s’appuie sur le mors et chauffe! c’est vraiment très embêtant en concours, car je ne peux pas la reprendre et elle va sur les sauts comme une folle! Auriez-vous des idées de ce que je pourrais faire pour mieux gérer mes abords? Car en dressage j’ai travaillé rêne longue, mais dès que je veux reprendre mes rênes (même avec un léger contact) elle recommence à me tirer en-bas avec de violents accous. 🙁

  • J’ai oublié de préciser que c’est une jument qui, avant d’arriver chez nous, n’était montée que par des débutants et tout le temps rênes longues, alors lorsqu’on a voulu prendre du contact elle n’a pas aimé du tout…

  • Bonjour !
    Votre jument a-t-elle vu l’ostéo et le dentiste ? Peut-être a-t-elle une douleur quelque part, notamment dans la bouche, qui empirerait lorsque vous reprenez les rênes ?
    Si tout est ok de ce côté-là, regardez du côté du matériel : utilisez-vous une muserolle ? En fonction de la muserolle utilisée, de son réglage et de la tête de votre jument, cela peut également la déranger… Vient maintenant la question du mors, peut-être n’est-il pas adapté à sa bouche ? Quel mors utilisez-vous ?
    N’hésitez pas à passer sur le forum de cheval partage pour que nous puissions analyser un peu tout cela et essayer de trouver une solution, soit en réglant l’une des causes évoquées ci-dessous, soit dans la recherche d’exercices adaptés ! 🙂

  • Bonjour,
    Désolé pour la réponse tardive :/
    Alors, pour l’osteo/dentiste tout est ok.
    Non je n’ai pas de muserolle car elle déteste ça.
    C’est une double ponette mais elle a une très grosse tête
    Elle a un mors chantilly à double brisure. (Je n’aime pas trop les doubles-brisures mais ma coach a dit que c’était ce qui lui convenait le mieux)

  • Bonjour !
    Pourquoi tu n’aimes pas les double brisure ? Simple curiosité, personnellement je les aime beaucoup et monte tout le temps avec ça ^^

    Pour votre jument, peut-être pourrait-on en discuter sur le forum ? Ca sera plus pratique que par commentaire 🙂

  • Bonjour, bravo pour ton blog que j’ai découvert hier, il est vraiment super! Je trouve que ta vision du travail à cheval est très juste et je m’y retrouve beaucoup! Merci pour ces lectures très intéressantes et bonne continuation! 😉

  • Merci beaucoup pour ton adorable message, ça fait vraiment plaisir ! 🙂

  • Bonjour, un bloc très sympas… J ai essayé le travaille rene longues mais du coup j ai beaucoup de mal a diriger le cheval surtout au trot 🙂 ai-je je laisse vadrouiller où il veut , ça fonctionnera pas ? Cdt

  • Mon jeune trotteur est tellement sur les epaules qu’il trébuche et nous tombons tous les deux, notre dernière chute me coûte 1 mois dans monter… Ne voulant pas le laisser à rien faire je recherche des exercices à faire à la longe mais: quels exercices? Avec quels mors? Quel enrenement? Combien de temps? Combien de fois par semaines?
    J’ai un jeune cheval pas musclé et dans équilibre …
    Quelqu’un peut m’aider ?

  • bonjour, j’ai un jeune trotteur e 5 ans, je le travaille énormément en transitions rapprochées pour le mettre en avant, une fois cela obtenu, beaucoup de serpentine pour le caoutchouter avec huits de chiffres et cercles….escargots…. un exercice très intéressant sur cercle est la contre épaule en dedans, qui a mène vraiment le cheval à engager sous la masse…. puis à la main la plus raide au trot sur un cercle de huit a dix metres lui mettre le bout du nez à l’intérieur et ne pas hésiter a faire des mouvements amples du garrot vers notre poitrine sans tirer. Demander cet excercice souvent mais très peu car c’est éprouvant pour nos compaires qui sont en apprentissage. Le meilleur execrice aussi que je puisse vous conseiller sont les longes rapprochées et le travail aux longues rênes qui est très salvateur pour le cheval et très pédagogique, mais je parle de vraies longues rênes!!!!

  • Merci pour tes idées d’exercices, c’est très apprécié 😀

  • Je n’ai jamais essayé cette methode qui me parait la plus logique du monde ( cette notion de laisser le cheval trouver ses réponses lui-même est juste la plus plausible, la moins contraignante et je pense celle qui obtient le plus de résultat). Maintenant, je pose une question. Comment je fais moi avec ma furie qui à une impulsion naturellement présente voir trop ? ( Jument avec beaucoup de sang et d’endurance, qui se refugie dans la vitesse, plus de freins, beaucoup d’appuie… ). Si je lâche tout, au pas ça ira très bien. Au trot et galop je vais droit dans le mur…. L’a connaissant elle va accelerer, accelerer, accelerer ( une trotteuse) et tomber dans le galop pleine balle, au risque qu’on se casse la figure, car mon assiette, ou autre n’y change pas grand chose….. Je suis intéréssée par votre méthode mais il m’en faut plus pour mon cas un peu particulier du coup…

  • Bonjour ! J’ai la même jument que vous je crois ahah ! Et du coup je compatis sincèrement, ce n’est vraiment pas le genre de cheval le plus évident à bosser.
    Difficile de vous aider avec pertinence sans voir la jument et vous-même, mais du coup peut-être pouvez-vous vous contenter (au moins dans un premier temps) de procéder comme ça seulement au pas. Quant au trot et au galop, à défaut de vous mettre rênes longues essayez simplement d’avoir la main la plus légère possible, de bien accompagner le balancier du cheval et de ne pas le porter. Et faites beaucoup d’exercices pour améliorer l’équilibre (transitions, déplacements latéraux, reculer…), là encore en ne forçant pas votre jument à se mettre dans une attitude particulière mais en lui laissant la possibilité de gérer elle-même son propre équilibre. Sinon, si vous avez la chance d’avoir des chemins de balade avec dénivelés, les descentes sont très bonnes pour travailler l’équilibre du cheval, car il est obligé de reporter son poids vers l’arrière.
    Dans tous les cas, le travail régulier et la recherche du calme et de la décontraction à tout prix sont nécessaires à une bonne progression 🙂
    J’espère que ces quelques pistes pourront vous être utiles, bon courage !

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