La demi-pension : galop d’essai avant de devenir propriétaire


Je laisse aujourd’hui la parole à l’une de nos blogueuses préférées : La Crinière Blonde !

 

Tous les cavaliers qui souhaitent devenir propriétaire à court ou long terme ont un jour eu ce frisson de doute « serais-je à la hauteur ? Est-ce que je saurais vraiment gérer un cheval seul ? ». Certains ont décidé de sauter le pas et d’aviser, mais le meilleur moyen pour se préparer et se rassurer est de passer par la case demi-pension. Que ce soit sur un cheval de particulier ou un cheval de club, deux, trois ou quatre fois par semaine, ce système permet de s’initier à la vie de propriétaire.

prendre un cheval en demi-pension

La demi-pension, c’est aussi passer du temps à pied à soigner et observer.

Apprendre à soigner un cheval au quotidien

Fini le club où on peut se permettre d’arriver une demi-heure avant sa reprise pour panser et seller rapidement, fini les chevaux tout prêts qui attendent sagement dans leur box qu’on les monte. Être demi-pensionnaire, c’est en quelque sorte être un demi-propriétaire. Alors il faut mettre la main à la pâte pour s’occuper du quotidien du cheval : garder le matériel bien propre pour qu’il ne le blesse pas, lui graisser les pieds, adapter sa séance de travail pour respecter le protocole donné par l’ostéopathe, changer sa couverture suivant le temps qu’il fait, lui donner son complément pour soigner son arthrose, vérifier qu’il a bien mangé son foin du matin, apprendre à être attentif aux moindres signes de mal-être… Ce sont plein de petits riens qui vont devenir automatiques mais que l’on ne faisait pas forcément en club (ou occasionnellement) et qui demandent malgré tout de l’attention et du temps. Avoir un cheval, même s’il est en pension complète dans une écurie, ce n’est pas seulement monter dessus ou venir pour son propre plaisir.

Apprendre à travailler seul

Quand on prend une demi-pension, c’est souvent l’occasion de faire ses premiers pas solo en carrière. On peut décider quand on veut prendre des cours et faire son propre planning de travail (en accord avec le propriétaire, qui pourra aussi vous guider) : une liberté qui fait rêver… Mais qui est aussi assez contraignante en réalité ! Réussir à faire un planning cohérent, trouver sans cesse de nouvelles idées pour diversifier ses séances, savoir quel exercice permet de travailler quoi, résoudre seul ses problèmes ou tout simplement travailler son cheval dans le bon sens, ce n’est finalement pas si simple ! Cela demande de la réflexion, de l’inventivité, du recul afin de pouvoir analyser ses défauts et ses erreurs et une remise en question permanente qui pousse à lire, écouter, observer et se renseigner pour améliorer ses méthodes sans l’aide d’un coach. Préparez-vous à dévaliser votre librairie et à vous torturer les méninges !

demi-pension

Quand on monte seul, il faut accepter de se retrouver en difficulté, de faire des erreurs… mais aussi de se remettre en question pour progresser !

Se confronter à la maladie et aux blessures

Lorsque l’on garde une demi-pension sur le long terme, il est fort probable que l’on se retrouve un jour confronté à une blessure ou une maladie. C’est là que l’on réalise pleinement les désagréments et difficultés qui accompagnent la vie de propriétaire. Garder la tête froide même lorsque son cheval souffre, appliquer les consignes des professionnels de santé à la lettre, faire preuve de patience, rester à pied pour un temps indéterminé mais devoir passer plus de temps à l’écurie pour faire ses soins au cheval, ce qui peut se traduire parfois par le marcher pendant 1h en plein hiver… Si vous êtes un demi-pensionnaire impliqué, vous traverserez ça épaule contre épaule avec le propriétaire. Car c’est aussi ça d’être responsable d’un cheval : faire face aux épreuves. Etes-vous assez solides ? Etes-vous prêts à le refaire et à sacrifier temps et argent pour un cheval ? La demi-pension est un bon moyen de le savoir sans être totalement engagé encore.

Prendre conscience de l’implication en temps et en argent

Ce dernier point découle logiquement des précédents : en étant demi-pensionnaire, vous avez un avant-gout de ce que sera votre vie en tant que propriétaire, que ce soit au niveau du temps passé à l’écurie (l’équitation est un sport chronophage !) que de l’argent que coûte le cheval (des bonbons aux soins vétérinaires, en passant par les produits du quotidien). Même si vous avez ce repas entre amis qui vous tente bien, vous vous êtes engagés à venir sortir Pompom de son box ce soir. Même si vous êtes fatigués et que vous avez du travail, vous devez aller lui faire sa séance de stretching post-concours. Quant aux frais, vous êtes souvent épargnés ou ne payez que la moitié en tant que demi-pensionnaire, mais vous pouvez tout de même suivre en direct les facturations et réaliser le coût par mois ou par année d’un cheval. Oui, être propriétaire demande de l’implication et parfois de faire des choix entre son cheval et sa vie personnelle (vacances à l’autre bout du monde ou saison de concours ? Nouvelle couverture ou restaurant ? Soirée cocooning ou entrainement pour le concours de ce week-end ?).

 

En bref, la demi-pension est comme une location avant l’achat d’une maison : elle vous permet de tester la vie de propriétaire avec ses hauts et ses bas, sans non plus vous engager trop avant. Si vous savez gérer votre demi-pension, alors vous pouvez vous estimer fin prêt et assez armé pour vous lancer dans la grande et merveilleuse aventure qu’est l’achat d’un cheval. Si au contraire, l’expérience vous a un peu refroidi ou vous trouvez cela déjà trop prenant, alors il faut peut être réfléchir encore à votre projet d’achat.

 

La Crinière Blonde


Commentaire 1

  1. Chrisdean 6 mars 2016