Gérer un cheval chaud

On a tous monté un jour un cheval chaud… Et certains d’entre eux sont particulièrement difficiles à gérer ! Pas question pourtant de se laisser submerger et de faire 36 tours de carrière au triple galop ou de le laisser partir en sauts de mouton à tout bout de champ ! Que faut-il faire alors pour gérer un cheval particulièrement près du sang ?

Identifier les causes

L’état physique

Comme d’habitude, la première chose à faire est d’identifier les causes de la nervosité de votre cheval. Peut-être est-ce tout simplement lié à une douleur ? N’hésitez pas à montrer votre équidé à un vétérinaire, à un maréchal ferrant ainsi qu’à un dentiste équin. S’il a mal aux dents par exemple, il pourra se défendre à chaque fois que vous tirerez sur les rênes, le mors lui faisant mal. S’il a mal au dos, il essayera certainement de partir en coups de cul ou autres ! Bref vous l’aurez compris, la santé avant tout !

Le passif

S’il n’y a aucun problème physique, regardez dans le passé de votre cheval : a-t-il été maltraité lorsqu’il était plus jeune ? Mal nourri ? Délaissé ? Ou peut-être tout simplement travaillé trop durement, ou bien par un cavalier montant avec trop de mains et/ou trop de jambes/éperons…

Si votre cheval a un passif un peu compliqué, il est plutôt normal qu’il soit devenu anxieux et ait tendance à s’angoisser pour un rien. Selon la profondeur de son traumatisme, vous pourrez le transformer complètement à force de travail et obtenir un cheval particulièrement zen ! Bien sûr, cela ne se fera pas en quelques semaines…

La nature même du cheval

A l’état sauvage, le cheval est une proie dont la seule arme est la fuite. C’est donc un animal naturellement inquiet et toujours aux aguets. Si au fil des générations cet instinct de survi a peu à peu disparu, il n’en reste pas moins que certains chevaux sont naturellement plus inquiets que d’autres, et donc plus « chauds ».

Ce genre de cheval sera beaucoup plus sur l’oeil que les autres, aura tendance à transpirer excessivement, à hennir sans cesse ou encore à avoir la diarrhée au moindre changement d’habitude.

Si votre cheval fait partie de cette catégorie, rassurez-vous, rien n’est perdu. Il vous faudra simplement vous armer de patience pour qu’il vous accorde sa confiance et ainsi se sente en sécurité à vos côtés. Alors seulement vous pourrez avoir un cheval vraiment bien dans sa tête, en toutes circonstances !

Ses conditions de vie

Vérifiez également les conditions de vie de votre cheval : s’il passe son temps enfermé dans un box et ne voit la lumière du jour que lorsque vous le sortez pour le travailler, ne vous étonnez pas une seule seconde d’avoir un cheval un peu caractériel.

En effet, on ne le dira jamais assez, un cheval est un animal qui a besoin d’espace, qui est fait pour vivre dehors avec ses copains. La vie en box est certes pratique pour le cavalier, mais totalement à l’opposé des besoins de votre compagnon.

Si vous n’avez pas la possibilité de le laisser vivre dehors en troupeau, tachez de le lâcher quelques heures au minimum chaque jour dans un paddock pour qu’il puisse se défouler et s’aérer.

La ration

Autre point important : la ration ! Si votre cheval est particulièrement chaud alors que ce n’est pas dans sa nature de réagir ainsi, pensez à vérifier du côté de sa ration : peut-être a-t-il trop d’aliments énergisants et pas assez de fourrage ?

Si tel est le cas, réduisez progressivement les apports énergisants et vous constaterez peut-être une différence.

Les conditions de vie de votre cheval impacteront son moral et donc ses réactions.

Les conditions de vie de votre cheval impacteront son moral et donc ses réactions.

Comment réagir sur le moment ?

Mais revenons à nos moutons : votre cheval commence à devenir inquiet, vous sentez qu’il se déconcentre et devient plus flottant ? Alerte rouge, c’est le moment de réagir avant qu’il ne soit trop tard !

Dès les premiers signes d’inquiétude, je vous conseille de faire trois choses : relaxez-vous, faites diversion puis faites redescendre la pression. Essayez, vous serez surpris du résultat !

Se relaxer soit-même

Lorsqu’un cheval vous embarque ou devient dangereux aussi bien pour sa sécurité que la vôtre, vous allez certainement vous crisper en selle et vous raccrocher à ce qui vous tombe sous la main (généralement les rênes). Erreur !

En effet, le cheval est déjà très inquiet (voire paniqué !) et il a besoin de savoir que vous, son cavalier et leader, maitrisez parfaitement la situation. Il doit comprendre qu’il peut vous faire entièrement confiance et que, tant qu’il est auprès de vous, il ne risque absolument rien. En gros, vous devez endosser le rôle de chef du troupeau !

Ainsi, la première chose à faire en cas de moment critique est tout simplement de se relaxer soit-même. Respirez lentement, gardez la tête froide et tachez d’agir avec rapidité et efficacité, sans toutefois vous énerver. Restez zen. Parfaitement zen.

Vous pouvez également parler à votre cheval d’une voix calme et douce : cela sera bénéfique aussi bien pour votre cheval que vous-même !

Faire diversion

Lorsque vous sentez que votre cheval commence à se contracter et à avoir la tête ailleurs, c’est le moment de réagir très vite et de faire diversion, ma technique préférée !

Il s’agit de faire oublier au cheval qu’il était inquiet en l’occupant à autre chose.

Personnellement, dans ce genre de cas je pars dans le sens opposé et lui demande des exercices très simples sans interruption, histoire de l’occuper et de lui faire oublier qu’il s’apprêtait à chauffer : cercles de tailles variées, slalooms, épaules-en-dedans, contre-épaules en dedans, flexions à gauche puis à droite… A faire au pas dans un premier temps, puis au trot voire même au galop lorsque vous aurez repris le contrôle de votre cheval.

Le tout, dans la décontraction la plus absolue. Comme dit dans le précédent point, ne vous crispez pas, ne tirez pas sur les rênes, au contraire, faites comme si de rien n’était. Petit à petit vous pourrez reprendre le travail là où vous en étiez rendus sans que votre cheval ne vous pose le moindre problème !

Et s’il recommence à chauffer, répéter l’exercice.

Faire redescendre la pression

Si les techniques précédentes n’ont pas suffit, il est temps de désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose en faisant redescendre la pression.

A chacun sa méthode pour cela, il n’y a en effet pas de technique miracle : ça dépend de l’équitation de chacun et, surtout, du cheval que l’on monte.

Néanmoins, au fil de mes expériences, j’ai pu constater que beaucoup de chevaux se calment naturellement lorsqu’on les remet au pas rênes longues sur des lignes droites et cercles larges. Pour ma part, j’y ai ajouté l’extension d’encolure, ou plutôt, le pas avec le bout du nez par terre.

Ainsi, dès que la jument que je travaille commence à chauffer, je la remets immédiatement au pas sur des rênes très longues, en lui demandant de mettre le bout du nez vers le bas. Ca a l’air tout bête et pourtant, ça marche ! Bien sûr, c’est un automatisme à acquérir et vous n’allez certainement pas le réussir dès la première séance. Mais à force de persévérer votre cheval redeviendra serein de lui-même dès que vous le mettrez dans cette attitude ! Une question de routine somme toute…

Sur un cheval chaud une chute est vite arrivée... Pour l'éviter, désamorcez la bombe au plus vite !

Sur un cheval chaud une chute est vite arrivée… Pour l’éviter, désamorcez la bombe au plus vite !

Je n’ai pas pu éviter la crise… Que faire ?

Si votre cheval est devenu incontrôlable malgré les points ci-dessus, il va falloir réagir très vite avant que cela ne devienne dangereux. Plusieurs méthodes pour stopper un cheval en cas d’urgence :

Empêcher le cheval de s’appuyer sur le mors

La première chose à faire est d’empêcher le cheval de s’appuyer sur le mors. En effet, si votre cheval est complètement appuyé contre votre main, vous aurez beau tirer de toutes vos forces, vous ne pourrez pas l’arrêter. Eh oui, c’est qu’il a beaucoup plus de force que vous !

Aussi, je vous conseille d’alterner les pressions de main : tirez légèrement sur la rêne gauche, cessez la pression, tirez légèrement sur la rêne droite, cessez la pression, et ainsi de suite. Tout en gardant bien vos jambes pour garder votre cheval bien devant vous ! Si votre cheval n’est pas encore dans une panique totale, cela devrait suffire à reprendre le contrôle.

Mettre le cheval sur un cercle

Une autre solution consiste simplement à mettre le cheval sur un cercle : commencez sur un grand cercle afin de ne pas le déséquilibrer, puis rétrécissez-le petit à petit en gardant vos jambes. Il devrait rapidement se caler et ralentir de lui-même.

Cette méthode nécessite toutefois d’avoir de l’espace… Si vous vous retrouvez complètement embarqué au milieu d’un chemin étroit, privilégiez plutôt l’arrêt d’urgence.

L’arrêt d’urgence

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un arrêt d’urgence, c’est-à-dire à n’utiliser QUE si la situation est désespérée et que vous n’avez vraiment plus le contrôle de votre monture. L’arrête d’urgence consiste à tordre l’encolure de votre cheval d’un côté ou de l’autre pour le déséquilibrer, désengager les postérieurs et ainsi l’empêcher d’avancer en ligne droite.

Pour cela, ramenez fermement votre main droite (par exemple) vers vous, en tirant vers le haut plutôt que vers le bas (de façon à gêner le palais et à libérer la langue, moins douloureux pour le cheval) tout en laissant la rêne gauche filer afin que le cheval puisse plier son encolure. Dès qu’il s’arrête, cédez immédiatement et caressez.

Si votre cheval commence à prendre le mors aux dents, mettez-le sur un cercle pour reprendre le contrôle.

Si votre cheval commence à prendre le mors aux dents, mettez-le sur un cercle pour reprendre le contrôle.

Renforcer le contrôle sur du long terme

Les solutions vues précédemment (mise sur un cercle, arrêt d’urgence…) ne sont là que pour être utilisées en cas d’urgence. Si votre cheval est particulièrement chaud, il vous faudra mettre en place un solide travail en amont afin de pouvoir réduire (voire supprimer !) le nombre de crises.

Les fausses bonnes solutions

Afin de gagner du temps et de mieux maîtriser votre cheval, vous pouvez bien sûr le saucissonner à l’aide de mors sévères, muserolles ajustées et enrênements divers et variés. Le problème, c’est que votre cheval risque de s’affoler encore plus, de se durcir (notamment dans son dos et dans sa bouche) et de monter en pression. Bref, tout ce qu’il ne faut pas !

Mieux vaut chercher une autre solution et travailler sur du long terme. Si vraiment vous en ressentez le besoin, utilisez les artifices que vous jugez nécessaires, mais gardez à l’esprit que votre objectif doit être de pouvoir vous en passer. Je n’ai absolument rien contre ceux qui montent des chevaux particulièrement compliqués avec des mors sévères puisqu’il s’agit d’une question de sécurité, mais je suis intimement persuadée (peut-être que je me trompe) que 99% des chevaux réputés très difficiles pourraient, à force de travail et de patience, finir par être travaillés dans le calme, avec un mors doux.

Métro, boulot, dodo… Beurk !

Certains chevaux (et ils sont plus nombreux qu’on ne le croit !) ne sont sortis QUE pour travailler. Pour améliorer le mental de votre équidé, pensez à varier le programme et à aller le voir régulièrement sans toujours le monter/longer : pensez aux balades en main avec pauses « brouting », aux séances de pansage intensives en extérieur ou encore à quelques sessions de « travail » en liberté afin d’instaurer avec lui une certaine complicité et de lui faire comprendre que lorsque vous venez le voir, ce n’est pas forcément pour travailler.

De la même manière, pensez à varier les séances de travail et essayez de toujours y trouver un côté ludique. Alternez les séances rébarbatives avec des séances de détente. Pimentez le plus de séances possible avec des petits jeux, à pied ou monté, pour entretenir la curiosité de votre cheval et peu à peu lui apprendre à vous faire confiance face à diverses situations.

Instauration d’une relation de confiance

Le travail à pied (longé ou en liberté) permet justement de varier considérablement les plaisirs tout en favorisant un lien de confiance entre votre cheval et vous-même.

Vous pouvez par exemple lui apprendre à vous suivre et à obéir à vos ordres vocaux, d’abord sur des exercices simples (ligne droite, cercle, reculer…), puis en y introduisant petit à petit quelques difficultés : marcher sur une bâche, passer dans des passages de plus en plus étroits, rester calme à la vue de sacs plastiques bruyants…

Bien entendu ce travail devra se faire de manière progressive et toujours dans un endroit où le cheval se sent en sécurité : un rond de longe ou bien un manège par exemple. N’essayez jamais un nouvel exercice susceptible de faire peur à votre cheval dans un endroit non clôt : il pourrait paniquer et prendre la fuite !

Comme toujours, respectez ce célèbre dicton : « Demander peu, souvent, récompenser beaucoup ». N’ayez pas peur de faire des séances très courtes : mieux vaut 10-15 minutes de travail sérieux et bien exécuté que 30 minutes d’une séance décousue entrecoupée de « batailles » entre votre cheval et vous-même.

Au fur et à mesure de vos séances, votre cheval apprendre à maîtriser ses émotions et à ne plus fuir toute sorte de stress. Les crises devraient se faire plus rares !

gérer un cheval nerveux

On fait le point !

Allez, c’est parti pour faire un petit bilan ! Votre cheval est particulièrement chaud et difficile à gérer ?

  1. On vérifie qu’il n’a pas de douleur physique ou un passé particulièrement traumatisant, ce qui pourrait expliquer ses réactions vives ;
  2. On vérifie que le cheval a des conditions de vie correctes, que sa ration n’est pas trop énergisante et qu’il va régulièrement au pré avec d’autre chevaux ;
  3. On évite de passer à des mors ultra durs et de le saucissonner avec des enrênements, on privilégie un travail de fond avec l’instauration d’une relation de confiance ;
  4. On use et on abuse des séances en liberté ludiques pour attiser sa curiosité et l’aider à maîtriser ses émotions ;
  5. S’il chauffe, on reste zen, on essaye de faire diversion et de faire redescendre la pression ;
  6. En cas de crise, on évite de le laisser s’appuyer sur le mors, on se met sur un cercle si on en a la possibilité ou bien on utilise l’arrêt d’urgence pour récupérer le contrôle.

Je n’en ai pas parlé dans cet article, et pourtant cela me semble indispensable : si votre cheval est particulièrement compliqué à gérer, n’hésitez pas à vous faire encadrer par un professionnel, voire carrément à le confier à un cavalier expérimenté pendant quelques temps. Votre sécurité avant tout !

 

Et vous, avez-vous l’habitude de monter des chevaux chauds ? Comment les gérez-vous ?

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Commentairess 27

  1. Pipou et ju 19 avril 2014
    • kawelo 24 avril 2014
  2. Kismie 28 septembre 2014
    • kawelo 1 octobre 2014
  3. Invisible 27 février 2015
    • kawelo 27 février 2015
  4. Tiphaine 15 avril 2015
    • kawelo 15 avril 2015
  5. MED RIDA 25 novembre 2015
    • kawelo 26 novembre 2015
  6. MARION 7 décembre 2015
    • kawelo 8 décembre 2015
  7. Célia Cg 15 décembre 2015
    • kawelo 15 décembre 2015
      • Célia Cg 17 décembre 2015
  8. Arline 18 juin 2016
    • kawelo 19 juin 2016
  9. deleyrolle 17 novembre 2016
  10. Coralie 20 novembre 2016
    • kawelo 22 novembre 2016
  11. KOT 4 mars 2017
    • kawelo 6 mars 2017
  12. Marie 30 août 2017
    • kawelo 31 août 2017
      • Marie 31 août 2017
  13. cékerjean 30 septembre 2017
    • kawelo 6 octobre 2017