Mon cheval ne répond pas à la jambe… Que faire ?


Le manque de réactivité à la jambe de certains chevaux est un véritable problème, qu’il ne faut pas prendre à la légère. Que vous soyez débutant ou confirmé cette absence de réactivité risque de vous gêner fortement dans votre travail au quotidien et donc dans votre progression. Qu’est-ce que la réactivité ? Comment sensibiliser un cheval aux jambes ? Focus.

La réactivité : qu’est-ce que c’est ?

Vous êtes sensé obtenir une réponse immédiate à toute pression de jambes que vous effectuez ; cette réponse se traduisant par une augmentation de l’engagement des postérieurs ou tout simplement par l’augmentation de la vitesse de votre équidé. C’est cela, la réactivité.

Si votre cheval répond trop tard, ne réagit que si vous devez insister lourdement avec vos aides, voire ne réagit pas du tout, ou bien se défend d’une quelconque manière, alors vous avez un sérieux problème de réactivité, voire de compréhension, de la part de votre cheval. Mais rassurez-vous : ce problème peut être résolu en quelques minutes seulement !

Regarder du côté du cavalier

Attention aux ordres contradictoires

Avant d’accuser un cheval de mauvaise réactivité, commencez par vérifier que vous ne lui envoyez pas d’ordres contradictoires : beaucoup de cavaliers agissent avec les jambes pour accélérer… et tirent inconsciemment sur les rênes en même temps (ou juste quand le cheval accélère). Celui-ci ne comprend alors pas la demande de leur cavalier et ralentit.

Aussi, lorsque vous faites une action de jambes, pensez à systématiquement mollir dans vos doigts pour que le cheval ne tombe pas face à « un mur » et comprenne qu’il doit avancer.

Attention à ne pas tirer sur les rênes lorsque vous demandez à votre cheval d’avancer : il risquerait de ne pas comprendre votre demande.

Attention à ne pas tirer sur les rênes lorsque vous demandez à votre cheval d’avancer : il risquerait de ne pas comprendre votre demande.

Éliminer les mouvements parasites

D’autres cavaliers font des « mouvements parasites », c’est-à-dire des mouvements involontaires et incontrôlés. Ce peut être des mouvements de mains comme nous venons de le voir, mais aussi des actions de jambes : à force d’être sans cesse stimulé par les mollets du cavalier, le cheval s’éteint peu à peu et perd en réactivité… Jusqu’à ne plus réagir qu’en cas de sollicitation forte.

Tout cavalier doit donc commencer par se surveiller et repérer ses mouvements parasites en vue de les supprimer. Commencez d’abord au pas rênes longues : étant donné que vous aurez peu de choses à prendre en considération, vous pourrez facilement surveiller vos actions de jambes. Faites la même chose au trot, puis au galop. A force d’y faire attention, cela deviendra naturel : dans quelques séances ce sera devenu un automatisme et vous n’aurez plus à vous en préoccuper !

Ne pas abuser des pressions de jambe

D’autres cavaliers enfin, ont tendance à abuser des pressions de jambe. Ils exercent une pression et, bien que le cheval y ait répondu en accélérant légèrement, accentuent cette pression, sans céder. Cela arrive notamment si le cheval n’est pas arrivé à l’allure ou à la vitesse escompté.

Le problème c’est que du coup le cheval ne comprend pas : on lui demande d’accélérer, c’est ce qu’il fait et… on continue de lui demander d’accélérer !

La solution est donc de céder dès que le cheval répond à la demande, quitte à faire une nouvelle sollicitation peu après pour augmenter à nouveau la vitesse.

Ce problème arrive également quand un cheval est « mou », c’est-à-dire lorsque les cavaliers se sentent obligés de mettre sans cesse des jambes pour entretenir l’allure. Malheureusement une fois encore, à force de trop solliciter le cheval, celui-ci s’éteint progressivement, et les pressions devront être de plus en plus fortes pour être comprises.

Aussi, dès lors que le cheval se trouve dans la bonne allure, cessez toute pression. Si le cheval ralentit, remettez des jambes uniquement pour le faire accélérer à nouveau, et cédez encore une fois dès qu’il se trouve à la bonne allure. Petit à petit, il comprendra de lui-même que tant que vous ne lui demandez plus rien, il doit continuer à la même vitesse et gagnera ainsi en autonomie. Vous verrez : votre cheval sera rapidement de plus en plus autonome et bientôt vous n’aurez plus besoin de jambes pour entretenir l’allure !

Cet exercice peut se faire au pas pour plus de facilité au départ. Une fois le pas acquis, faites la même chose au trot, puis au galop.

Exos pour sensibiliser un cheval aux jambes

Une fois le cavalier mis hors de cause pour les problèmes de réactivité du cheval, on peut commencer la rééducation du cheval, à travers différents petits exercices :

Les transitions vous sauveront !

Cet exercice est mon préféré : il s’agit des transitions. Rien de tel que de faire des transitions très rapprochées pour réveiller un cheval ! On ne lui demandera pas d’aller vite, juste d’aller à une allure donnée. Commencez simple en enchaînant rapidement quelques secondes d’arrêt suivies de quelques foulées de pas. Complexifiez ensuite en intégrant le trot à l’exercice (arrêt – pas – trot – arrêt – pas – arrêt – trot – arrêt – trot, etc), puis le galop.

Pour maximiser le résultat, ne restez pas plus de 3 ou 4 foulées à la même allure. Vous pouvez vous aider de plots, barrières de lices ou tout autre repère visuel si nécessaire.

Personnellement j’aime beaucoup faire cet exercice sur un grand cercle : passé quelques transitions, vous sentirez votre cheval se propulser de derrière et tendre sa ligne du dessus : un vrai régal !! J’utilise d’ailleurs cet exercice pendant quelques minutes à presque toutes mes séances au cours de la détente, y compris avec des chevaux pourtant réactifs : c’est un exercice idéal pour obtenir un contrôle parfait de l’équidé et de bien le mettre dans l’optique « travail » en attirant son attention.

Des transitions rapprochées, notamment sur un cercle, vous permettront d’améliorer la réactivité de votre cheval

Des transitions rapprochées, notamment sur un cercle, vous permettront d’améliorer la réactivité de votre cheval

Selon votre niveau, vous pourrez également ajouter des transitions dans l’allure, par exemple trot de travail – trot moyen – trot de travail – arrêt – trot de travail – trot rassemblé – trot moyen, etc etc. Plus vous ferez de transitions et plus votre cheval sera obéissant et concentré.

Pensez à varier les transitions pour qu’il ne commence pas à anticiper : évitez par exemple de toujours partir au trot après un arrêt. De temps en temps, conservez l’allure plus longuement et sortez du cercle, par exemple en faisant une longueur de manège entière dans une allure, sans changer d’attitude. Puis revenez à l’exercice initial.

Focus sur la leçon de jambe

Autre solution pour les chevaux blasés : la leçon de jambe.

Je n’aime pas du tout cet exercice, mais il faut avouer que dans certains cas il peut s’avérer nécessaire… Et permet d’obtenir des résultats très rapidement.

La leçon de jambe consiste à mettre progressivement le cheval dans l’inconfort en lui faisant comprendre qu’il a tout intérêt à réagir vite. Commencez par une pression de jambe classique. Si le cheval ne répond pas, accentuez cette pression. S’il ne répond toujours pas, donnez un petit coup de cravache (ou de stick) derrière la jambe. Dès qu’il accélère, pensez à céder immédiatement.

Repassez au pas puis recommencez l’exercice : pression légère puis pression accentuée puis coup de cravache. Inutile d’ajouter des tonnes d’étapes intermédiaires, au risque de perdre votre cheval : soyez efficaces dans votre action !

Rapidement le cheval va se mettre à réagir à la pression la plus faible par crainte de se prendre un coup de cravache/stick.

Gare à l’ennui !

Dernier point, très important : le cheval a une capacité de concentration bien inférieure à la vôtre : si vous lui demandez de faire du « tourne papattes » comme j’aime bien appeler ça (c’est-à-dire de tourner en rond dans la carrière, sans rien faire d’autre) pendant des heures… Il est évident qu’il va rapidement se lasser et mettre de moins en moins d’entrain au travail, voire à perdre toute réactivité.

Aussi, pensez à varier sans cesse vos exercices : variez les figures de manège, faites de nombreuses transitions (entre allures et dans l’allure), ajoutez un peu de piment en variant les endroits de travail et en partant régulièrement en extérieur par exemple (une balade peut très bien permettre de travailler un cheval : demandez des épaules en dedans ou des cessions sur une ligne droite par exemple !), variez également les disciplines… Bref, faites en sorte de chasser toute routine de votre quotidien et faites-vous plaisir : votre cheval n’en sera que plus coopératif !

Varier le travail permet d’avoir un cheval plus réactif. Et si vous vous essayiez à de nouvelles disciplines ?

Varier le travail permet d’avoir un cheval plus réactif. Et si vous vous essayiez à de nouvelles disciplines ?

Pensez également à entrecouper votre séances de nombreuses pauses au pas rênes longues, et de demander des extensions d’encolure aux trois allures afin de permettre à votre équidé de souffler un peu, de se vider la tête et de tirer sur sa ligne du dessus. Chaque petite pause lui permettra de mieux se concentrer ensuite !

 

Et n’oubliez jamais : s’il ne faut que quelques minutes pour sensibiliser un cheval aux jambes… Il n’en faut pas plus pour le blaser ! 🙂

 


Commentairess 3

  1. oki doki 8 mai 2014
  2. MaevaKalincka 26 avril 2015
  3. un ami extraordinaire 24 octobre 2016