Du mors à la cordelette, passer au sans-mors en toute sécurité

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur : le passage de la monte en mors à la monte en cordelette. Monter en cordelette séduit en effet de plus en plus de cavaliers, mais pour la sécurité du cavalier comme du cheval, il est important d’y aller progressivement et de ne pas brûler les étapes. Je vais donc vous faire part des étapes que je juge indispensables pour cette transition, et que j’ai moi-même mis en oeuvre avec ma jument.

Etape 1 : travail à pied

La première étape se fait à pied, plus précisément en longe. L’objectif de cette étape est d’apprendre à votre cheval tous les ordres vocaux dont vous aurez besoin plus tard. Il est particulièrement important que votre cheval connaisse les ordres vocaux des transitions à l’allure inférieure/supérieure ainsi que l’arrêt (d’abord du pas puis des allures supérieures). Il est également possible de travailler les transitions dans l’allure en longe (par exemple passer du trot de travail au trot moyen puis revenir au trot de travail).

Une fois les ordres parfaitement assimilés en longe, retirez-la et travaillez en liberté sur les mêmes exercices. Votre cheval doit se comporter de la même manière, c’est-à-dire rester sur un cercle autour de vous et transitionner lorsque vous le lui demandez.

Plus votre cheval sera réactif à vos codes vocaux, et plus votre sécurité sera assurée en selle.

Si votre cheval maîtrise déjà parfaitement cette étape, vous pouvez passer à la suite !

Etape 2 : monter rênes longues

La première étape montée vers l’équitation en cordelette est tout simplement… la monte rênes longues ! Eh oui, tout simplement. Si, comme moi, monter rênes longues fait partie de votre quotidien, vous pouvez directement passer à l’étape suivante. Sinon, je ne saurai que trop vous conseiller de commencer par là.

Dans un endroit clôt (manège ou carrière par exemple), allongez progressivement vos rênes jusqu’à les tenir à la couture. Vous devez être capable d’enchaîner sans difficulté des figures de manège avec une direction aussi précise qu’avec les rênes ajustées, et pouvoir également transitionner comme vous le désirez (transitions montantes et descendantes entre allures, mais aussi, lorsque vous serez plus à l’aise, transitions dans l’allure). N’hésitez pas à vous aider des ordres vocaux que vous aurez défini via le travail à pied, ils sont justement là pour cela !

Selon vos habitudes, votre façon de monter et le caractère/dressage de votre cheval, cela peut prendre plusieurs séances.

Etape 3 : le licol !

Ca y est, vous êtes à l’aise avec la monte rênes longues ? L’heure est venue de retirer le filet, et d’opter pour une équitation en licol, ou bien en side-pull si vous en avez un. Pour les premières séances, mieux vaut là encore rester dans un endroit clôt, dans lequel votre cheval a l’habitude de travailler.

Pour une transition en douceur et afin de vous éviter toute mauvaise surprise, vous pouvez dans un premier temps débuter vos séances avec votre filet, et passer au licol / side-pull en cours de séance, lorsque votre cheval est bien au travail.

Comme pour l’équitation rênes longues, votre cheval doit se montrer aussi réceptif et coopératif qu’avec un filet et des rênes ajustées. Les figures de manèges et transitions ne doivent pas être rendues difficiles par l’absence de mors, sinon retravaillez les précédentes étapes.

Licol éthologique ou licol plat ?

Alors là, c’est selon vos préférences. Personnellement je n’aime pas trop les licols éthologiques, qui peuvent vite être douloureux pour le cheval si mal utilisés ou si mal positionnés. Ma jument étant tout aussi réactive avec le licol plat (et même plus, sans doute une question d’habitude !), j’avoue que je préfère utiliser ce dernier. Mais si vous vous sentez plus à l’aise avec un licol éthologique, alors il peut très bien faire l’affaire !

Attention toutefois : le licol éthologique ne disposant généralement que d’une boucle sous le menton et non pas d’anneaux sur les côtés, il est possible que la direction soit plus difficile dans un premier temps.

Etape 4 : la cordelette… et le filet !

Vous vous sentez prêt à aborder la monte en cordelette ? Félicitations ! Toutefois, avant de faire le grand saut, mieux vaut une dernière précaution : monter certes en cordelette, mais en laissant le filet à votre cheval. Comme ça, s’il y a le moindre soucis, vous n’aurez plus qu’à attraper les rênes ! Vous pouvez par exemple faire un noeud à vos rênes et les laisser sur l’encolure afin qu’elles ne vous dérangent pas.

Pour ma part, j’ai fait plusieurs séances comme ça, et j’ai ensuite enchaîné avec le filet à la place du licol en guise de sécurité. Mieux vaut véritablement s’assurer d’avoir la parfaite maîtrise de son cheval avant de franchir le pas, un accident est si vite arrivé.

Là encore, je vous recommande de pratiquer d’abord en carrière ou en manège, et même pourquoi pas dans le rond de longe pour la première séance. Je vous conseille également de détendre votre cheval avec le filet (ou le licol) dans un premier temps, et de ne le laisser tomber pour la cordelette qu’en fin de séance.

D’un point de vue exercices, ne brûlez pas les étapes : soyez bien conscients qu’il ne sera pas forcément possible de galoper ni même de trotter dès la première séance, mieux vaut rester au pas à enchaîner des figures de manège et des arrêts tant que vous ne vous sentirez pas parfaitement serein.

Après, on peut toujours avoir de bonnes surprises, pour ma part j’avais prévu de faire exclusivement du pas et j’ai pu trotter sans problème dès mon premier essai 🙂  Faites-le au feeling, mais ne vous surestimez pas. Après tout, rien ne presse !

 

Etape 5 : premiers (vrais) pas en cordelette

Vous avez fait plusieurs séances en cordelette + licol/filet, votre cheval réagit parfaitement bien à vos demandes et vous vous sentez prêt à franchir le pas ? Lancez-vous !

Relisez attentivement l’étape précédente, car tous les conseils à appliquer y sont présents : endroit clôt, détente en filet/licol au préalable, exercices progressifs.

Par la suite, lorsque vous serez parfaitement à l’aise, vous pourrez même vous lancer dans des exercices beaucoup plus difficiles, comme le saut d’obstacles ou encore les déplacements latéraux ! Il est également possible de retirer carrément la cordelette, pour passer à la monte « free style ». Je n’ai personnellement pas encore franchi ce cap, mais peut-être un jour ?!

 

Bonus : quelle cordelette ?

J’ai pendant longtemps utilisé une simple longe en guise de cordelette. Mais le fait est que, avec du recul, je me rends compte que cela n’était pas du tout adapté. On a vite fait de ramener les mains vers soit et d’exercer une pression sur l’encolure du cheval (plus précisément sur sa gouttière jugulaire) sans s’en rendre compte.

Or je le précise au cas où : si vous tirez sur son encolure, vous l’étranglez, eh oui, la monte en cordelette est loin d’être douce lorsqu’elle est mal exécutée !

J’ai depuis peu investi dans une cordelette à environ 16€ sur le site Kramer. Il s’agit d’une sorte de cerceau assez rigide en corde, qui garde donc parfaitement sa forme ronde lorsque je monte. Personnellement j’aime beaucoup, je trouve que mes actions sont bien plus douces et ma jument y est très réceptive. Mais je suppose que bien d’autres modèles peuvent être utilisés, tout dépend de vos préférences !

 

 

Je vous souhaite beaucoup de plaisir, mais n’oubliez pas : la sécurité avant tout !

Et vous, vous avez déjà testé l’équitation en cordelette, et même free style ? Qu’avez-vous pensé de cette expérience, et quelle cordelette utilisiez-vous ?

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