Publié le 06/11/2019
Auteur :
Catégorie : Maladies et blessures

Maladies et blessures La mycose des poches gutturales

Parmi les maladies graves voire mortelles du cheval, je ne pouvais pas ne pas parler de la mycose des poches gutturales.

Bien connue pour son apparition soudaine et son pronostic parfois très sombre, voyons ensemble tout ce qu’il faut savoir sur la mycose des poches gutturales !

Quelques bases anatomiques

Rappelons d’abord la localisation des poches gutturales chez le cheval. Il s’agit de deux petits poches, situées de part et d’autre du larynx, dans la gorge du cheval. Leur utilité ? On ne la connait toujours pas vraiment ! Il a été supposé qu’elles pouvaient servir de thermorégulateur en refroidissant le sang qui remonte au cerveau par la carotide au contact avec l’air… Cela n’a pas pour autant pu être prouvé réellement.

Les poches gutturales sont situées juste en regard du naso-pharynx, entre les ganaches du cheval

Cette poche fait suite aux méats nasaux du cheval et est donc au contact des voies aériennes. Elle se referme par deux petits clapets, relativement faciles à ouvrir.

Toutefois, ce qui est très important à savoir, c’est que la paroi des poches gutturales est tapissée de vaisseaux et de nerfs, tous plus importants les uns que les autres ! Pour n’en citer que quelques uns, le nerf vague, le nerf hypoglosse et le nerf glossopharyngien, responsables tous les trois en partie de la motricité de la langue ; mais également le nerf facial, qui permet la mobilisation des muscles du nez, des paupières etc. Et pour les vaisseaux, pas moins que l’artère carotide interne, l’une des plus importantes artères du corps, avec un débit sanguin très important.

Causes et conséquences de la mycose des poches gutturales

La mycose des poches gutturales est, comme son nom l’indique, liée à l’installation d’un champignon dans ces dernières : un environnement chaud et humide, c’est tout ce qu’il faut pour qu’ils se développent ! Ce champignon est un Aspergillus, le plus souvent Aspergillus fumigatus.

La mycose est souvent unilatérale, mais peut s’étendre et toucher les deux poches. Le champignon va ronger les muqueuses de la poche, amenant plusieurs problèmes :

  • une rupture de la paroi des vaisseaux sanguins donnant lieu à un épistaxis (c’est-à-dire un saignement de nez), plus ou moins important selon la taille du vaisseau : un simple petit saignement pour un petit vaisseau, jusqu’à une grosse hémorragie pour l’artère carotide.
  • une dégradation des nerfs crâniens pouvant conduire à une paralysie de la face, un faciès déformé (bout du nez dévié par exemple), une difficulté à déglutir, un jetage alimentaire, une dysphagie…

Les conséquences peuvent donc être désastreuses pour le cheval !

Retrouvez Cheval Partage sur YouTube

Cheval partage a désormais sa propre chaîne YouTube. Abonnez-vous pour être sûr de ne rater aucune de nos vidéos ! Au programme des prochaines vidéos : séances commentées, tests de produits, tutoriels, idées d'exercices, réflexions équestres... Mais toujours dans le respect et l'amour du cheval.

Abonnez-vous

Que faire en cas de mycose des poches gutturales ?

Si tu remarques que ton cheval présente un saignement de nez, contacte ton vétérinaire et explique-lui la situation. Il t’aidera à déterminer si oui ou non, l’hypothèse de la mycose des poches gutturales est envisageable.

Cela vaut aussi pour tout autre signe d’atteinte nerveuse : déviation du bout du nez, paralysie faciale ou léger jetage alimentaire.

En cas de doute, la meilleure option est de réaliser une endoscopie des poches gutturales pour évaluer leur état, et faire le bilan des lésions, si mycose il y a. C’est un acte peu invasif, qui nécessite une simple sédation, et qui consiste à insérer une petite caméra par les voies nasales du cheval.

Lorsque la dysphagie est très importante, ou lorsque le cheval saigne vraiment beaucoup et sans interruption, le vétérinaire doit être contacté en urgence, afin d’aider le cheval au plus vite.

Si l’hémorragie est liée à une rupture de la carotide, une ligature de celle-ci pourra être réalisée afin de stopper l’arrivée de sang et donc le saignement. Cette technique fonctionne relativement bien mais un certain nombre de chevaux récidivent.

Le plus important reste donc de traiter la cause par instillation dans la poche gutturale d’un antifongique afin de tuer le champignon en cause.

Malgré tout cela, lorsque les lésions sont trop importantes (difficultés à s’alimenter, hémorragie continue…), le pronostic vital du cheval est engagé.

La mycose n’est pas la seule affection pouvant toucher les poches gutturales !
A la suite d’une gourme notamment, un empyème des poches, c’est-à-dire une accumulation de pus, peut se développer. Elle provoque du jetage, un gonflement de la zone et des signes de dysphagie également.
Chez les poulains, le tympanisme est parfois rencontré : c’est une accumulation de gaz dans la poche qui provoque un gonflement de la région, une dysphagie, ainsi qu’une grave difficulté respiratoire.
Enfin, plus rare, des tumeurs peuvent également se localiser dans les poches gutturales.

Vétérinaire de métier, j'adore décrypter et expliquer les maladies du cheval et ses conséquences, et partager les astuces pour entretenir au mieux son cheval.

Poster un commentaire

Ces articles peuvent également vous intéresser :

L’arthrose chez le cheval

L’arthrose est une maladie de plus en plus diagnostiquée chez les chevaux. Comment gérer cette maladie, et quelle vie attend le cheval atteint de cette pathologie ? Cheval Partage vous dit tout ! Qu’est-ce que l’arthrose ? Rappel sur les […]

Lire la suite

ulcères gastriques chez le cheval en box

Les ulcères gastriques chez le cheval

Pour bien comprendre les ulcères, il faut connaître un petit peu l’anatomie de l’estomac. L’estomac est une poche de 15L environ, qui se remplit du bol alimentaire du cheval. La particularité chez le cheval, c’est que l’estomac ne se vide, […]

Lire la suite

Le syndrome piro-like (piroplasmose et cie)

Aujourd’hui, on a choisi de vous parler un peu Piroplasmose ! C’est une maladie dont vous avez sûrement entendu parler, car elle touche chaque année de nombreux chevaux, avec des signes cliniques parfois frustes – c’est-à-dire pas évidents à observer. Mais […]

Lire la suite

  • Suivez-nous sur les réseaux sociaux

    19 Partages
    Partagez19
    Enregistrer
    Tweetez