Publié le 03/11/2018
Auteur :
Catégorie : Réflexions équestres

Réflexions équestres [Réflexion] Antispécisme et équitation

Le bien-être des animaux devient une préoccupation sociétale. La loi ne reconnait plus les animaux comme des objets mais comme des êtres vivants et sensibles et l’on croise de plus en plus de personnes qui refusent de consommer de produit d’origine animale. Mais que devient l’équitation dans l’histoire ?

Qu’est ce que le spécisme et l’antispécime ?

La définition du spécisme est un idéologie qui prononce une hiérarchie entre les espèces. Il y aurait notamment une supériorité de l’être humain sur les animaux. C’est pour cela que l’on mange les animaux et qu’on les “domine” car nous sommes supérieur à eux.

Le spécisme voit notamment ses limites quand on voit les différences de traitement et de considération entre un chien (animal de compagnie) et une vache (animal d’élevage destiné à la consommation).

Avec la montée des prises de conscience pour le bien-être des animaux, l’antispécisme est donc apparue. Si ce mouvement existe depuis les années 70, il n’a jamais autant pris d’ampleur. L’antispécisme ne reconnait pas une quelconque supériorité entre les humains et les animaux.

bien-être

Si un antispéciste n’est pas forcément végétarien ou vegan, il ne s’agit que d’une idéologie (comme un spécisme ne frappe pas systématiquement son chien par dominance), en pratique il est difficile de proclamer que la vie animale est égale à celle de l’homme en mangeant un steak saignant.

Et l’équitation dans tout ça ?

En considérant que la vie d’un animal est égale à celle de l’homme, avons nous encore le droit d’avoir des chiens d’aveugle, des chiens sauveteurs et (ce qui nous intéresse ici) de monter à cheval ?

Tous les antispécistes ne sont pas contre l’utilisation des animaux quand ils sont un vrai plus pour l’humain. Qui préférerait voir son enfant enseveli suite à une avalanche et ne pas appeler un chien secouriste pour le sauver car utiliser un chien dans ce but, c’est de la maltraitance ? Certains extrêmes en arrivent pourtant à cette conclusion. La vie de l’humain n’est pas supérieure et un animal ne doit en aucun cas venir en l’aide à l’homme car c’est le dominer.

L’activité et le respect

Quand l’utilisation des animaux pour aider l’homme est déjà problématique, quant est il de l’équitation ? On oblige un cheval à nous porter, à faire des exercices de manège, sauter, dresser, avoir un mors dans la bouche, etc. Autant dire que le mot maltraitance n’est pas loin.

Ce n’est effectivement pas dans la nature du cheval de nous porter, il est très réducteur – et même blessant pour les cavaliers – d’être mis dans le même sac que des personnes qui maltraitent ou torturent des animaux par plaisir malsain. Je peux comprendre que de l’extérieur, voir un cheval sauter 1m30 pendant un parcours d’une minute ou voir un cheval exécuter un piaffer, cela ne semble pas très naturel. Ajoutons à ça des enrênements et des éperons, cela donne l’impression d’avoir la panoplie parfaite de la soumission.

MAIS il serait complètement réducteur d’oser penser que les cavaliers de CSO et dressage maltraitent leur cheval par plaisir égoïste. On peut revenir au débat entre ceux qui aiment l’équitation et ceux qui aiment les chevaux – je vous incite à (re)lire l’article de Claire à ce sujet : Apprendre à aimer les chevaux. Je pense que l’on peut aimer et respecter son cheval, tout en se faisant plaisir sur des parcours de saut, de cross ou des carrés de dressage. Du moment que l’intégrité du cheval n’est pas engagée, que le cheval montre un vrai plaisir dans sa discipline, est ce mieux de le priver de ces séances de travail ?

La nature du cheval est effectivement dans des pâtures avec d’autres congénères mais combien de chevaux – habitués au travail durant des années – se retrouvent au pré en n’ayant plus de vrais contacts humains comme ils ont pu avoir durant des années ? Si c’est certes sa nature profonde, il ne faut pas oublier qu’un cheval est un animal d’habitude. Il n’y a rien de plus rassurant que la routine. On pense parfois à casser des mauvaises habitudes en pensant bien-être du cheval, sans voir que ce n’est ce à quoi son cheval aspire.

Des attentions de plus en plus nombreuses

N’en déplaise aux extrêmes de la protection des animaux, les chevaux sont peut être les animaux de compagnie qui reçoivent le plus de soins et d’attention de la part des cavaliers. Je ne parle pas du pansage, caresses et friandises données quotidiennement mais bien à des prestations précises et ciblées pour améliorer les performances sportives mais aussi le bien-être de l’animal.

Si les propriétaires de l’ancienne génération se contentaient des traditionnels soins vétérinaires, maréchaux et dentistes, la nouvelle génération s’intéresse au bien-être du cheval sur un autre plan. Séance de shiatsu, ostéopathie équine, détente musculaire par les algues… Tant de soins ont vu le jour pour le bien-être de nos équidés. Les cavaliers n’ont jamais été autant au petit soin pour profiter de 60 minutes sur le dos de leur monture.

Il est évident qu’un cheval bien dans ses sabots aura de meilleurs résultats, pourra nous porter plus longtemps, il y a aussi une réelle prise de conscience de l’importance du bien-être de l’animal et de s’assurer que ce dernier profite des soins en conséquence. Pas simplement pour nous porter mais parce que le cavalier aimant son cheval veut qu’il aille bien. Le moindre signe de douleur ou d’inconfort étant pris au sérieux et non plus ignoré.

À la recherche de la pension idéale

Afin d’assurer un bien-être et un retour à ses besoin fondamentaux, de plus en plus de propriétaires cherchent des pensions en pâture à l’année ou des paddock paradise. Les traditionnels boxes ne sont plus forcément le type de pension le plus recherché. Si certains cavaliers continent à préférer le box pour des raisons pratiques, la majorité des cavaliers cherchent des sorties en extérieur quotidiennes, que ça soit en pâture ou en paddock.

La prise de conscience des besoins fondamentaux du cheval (manger, boire, se déplacer) est un critère de recherche de beaucoup de cavaliers. Et tant mieux, si parfois il n’est pas possible dans certaines régions de trouver des pensions extérieures H24, cette envie de retour aux besoins des chevaux n’en est que bénéfique pour son bien-être.

 

À mes yeux, le bien être du cheval et l’équitation ne sont pas forcément deux choses incompatibles à partir du moment où le cavalier écoute sa monture, où ils forment réellement ensemble un couple.

Amoureuse des chevaux depuis mon enfance, je suis devenue cavalière durant mon adolescence. Actuellement, propriétaire mon cheval, je cherche sans cesse à améliorer son quotidien et à toujours aller plus loin dans ma compréhension de l'animal. Quand je ne suis pas aux écuries, je suis assistante commerciale dans la grande distribution.

Poster un commentaire

Commentaires publiés

1 commentaire.

  • Bonjour,

    Je m’appelle leah et je suis une “vieille” cavalière. Je suis actuellement proprio d’un espagnol de 13 ans. J’aime beaucoup votre site et blog et j’adhere à la plupart de vos idées. J’avais lu un article sur les chevaux de club et pourquoi la formule club devient de plus en plus non conforme aux idées des amoureux des chevaux. Trop d’exploitation de l’animal. Cependant, je tiens à faire part de mon expérience pour qu’enfin soit pris en et véritablement “l’être cheval” et non plus “l’espèce cheval”. Comme toutes les proprios, j’avais lu des tas d’articles et bien sur j’étais pour le pré H24. Erreur monumentale ! Comme beaucoup d’autres, j’ai mis 6 mois (dont 2 de confinement) pour me rendre compte que Doudou était bien mieux dans sa maison qu’au pré. Je résume : 3 fois, il pête les clôtures, alors qu’auparavant, il respectait, une longe par terre. Il développe une DERE jamais vue et me fait une dermatophilose au niveau des pâturons. pourtant, tous les soins étaient exécutés correctement. Je le change d’écurie où désormais, il a son box ; les crins repoussent, l’oeil est vif et il n’a jamais défoncé aucune clôture. Même problème avec l’éthologie. Ancien des corridas, Loulou n’est pas toujours évident. Qu’à cela ne tienne, je le mets dans une écurie spéciale éthologie et au pré. Catastrophique que cela soit au niveau de l’environnement ou au niveau d’appréhender le problème. A pied, il me prenait régulièrement la main. Travaillé par des pros pendant 6 mois : aucun résultat. Il piégeait tout le monde, dès qu’il pouvait. 3 mois de caveçon (très raisonnable) et on n’en parle plus !
    Voilà, c’était juste mon témoignage. Il n’existe pas de remèdes miracles et chaque cheval est une “entité” à part entière à prendre selon son caractère. Le mien rigole avec les humains et il a bien raison. Ceci dit, c’est un amour à la monte !

    Bonne année 2021 à tout le monde

Ces articles peuvent également vous intéresser :

[Réflexion] L’équitation, un sport de riches ?

Après l’équitation n’est pas un sport, la deuxième réflexion que les cavaliers entendent souvent c’est “tu fais de l’équitation, t’es riche toi !”. Qui n’a jamais entendu cette phrase ? Pourquoi cette vision si élitiste de l’équitation ? C’est ce […]

Lire la suite

Comment créer une bonne relation avec son cheval ?

Pour démarrer ou approfondir une relation authentique, il est tout d’abord essentiel d’avoir la volonté de le faire, la volonté d’évoluer vers du positif, ou de le renforcer. Nous pouvons parler de relation lorsqu’il y a déjà une communication entre l’homme […]

Lire la suite

[Réflexion] Apprendre à aimer les chevaux

Aimez-vous les chevaux ou l’équitation ? Voilà une question que trop peu de cavaliers osent se poser, mais qui pourtant met le doigt sur les motivations essentielles qui nourrissent notre passion. Cette question, au-delà de son aspect personnel, soulève une […]

Lire la suite

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

18 Partages
Partagez18
Enregistrer
Tweetez