Alimentation du cheval : les besoins nutritionnels


Dans le première article sur l’alimentation du cheval, paru l’an passé, kawelo reprenait en détails les bonnes pratiques d’alimentation. Pour continuer sur ce thème, je vous propose aujourd’hui d’en apprendre plus sur la nutrition du cheval, en commençant par les bases qui vous aideront à mettre en place des rations parfaitement adaptées à votre cheval.

Généralités sur les besoins du cheval en terme d’alimentation

Besoins d’entretien et besoins de production

Il existe différents types de besoins pour le cheval. On en distingue principalement deux : les besoins d’entretien et les besoins de production.

Les besoins d’entretien correspondent au besoin du cheval afin qu’il se maintienne dans le même état dans lequel il est actuellement. C’est ce qu’on pourrait appeler le « strict nécessaire » qui permet au cheval de vivre en assurant ses fonctions vitales (respiration, ingestion, circulation, …). Chaque activité supplémentaire n’est pas couverte par ces besoins.

Les besoins de production, eux, sont les besoins supplémentaires, nécessaires pour la production de quoique ce soit chez le cheval. On parle donc ici des besoins liés au travail du cheval, à la lactation, à la croissance ou  même à l’engraissement du cheval.

L’ensemble de ces besoin varient donc d’un cheval à l’autre. Principalement en fonction de soin poids, de la race, de l’âge pour les besoins d’entretien, mais aussi du travail fourni ou de l’état physiologique pour les besoins de production. Besoins d’entretien et besoins de productions additionnés constituent les besoins totaux, auxquels l’alimentation devra répondre.

Un cheval au travai a des besoins de production plus importants

Un cheval au travai a des besoins de production plus importants

Nature des besoins

L’énergie

Le cheval a principalement besoin d’énergie pour fonctionner, c’est son carburant, ce qui lui permet tous les mouvements du corps, mais aussi le fonctionnement et le renouvellement des constituants de l’organisme. Elle est fournie par les lipides et glucides contenus dans les aliments. Chez l’homme, on mesure la quantité d’énergie en calories, chez le cheval, cette unité est remplacé par les Unités Fourragères Cheval (UFC). Cela correspond à la valeur énergétique d’un kilo d’aliment, en général de l’orge brute.

Les protéines

Les protéines sont les constituants azotés présents dans tout l’organisme, ce sont les moteurs de tous les mécanismes internes à l’organisme. Ils sont indispensable au bon fonctionnement de toutes les fonctions vitales car, une fois simplifiées en acide aminés, elles permettent de renouveler les protéines au sein même de l’organisme.

Certains acides aminés qui permettent de fabriquer les protéines ne sont pas synthétisés par le cheval lui même, et doivent donc être apportés par l’alimentation : ce sont les acides aminés essentiels.

On mesure les protéines en grammes de Matières Azotés Digestibles Cheval (MADC).

Les fibres

3213077547_853939fb2a_bOn les trouve principalement dans les tiges et les feuilles des végétaux et donc dans le foin, elles apportent les glucides nécessaires à la fabrication d’énergie et assurent le bon fonctionnement de la digestion et notamment du transit. Les fibres, exprimés en kg de cellulose brute doivent constituer entre 15 et 20% de la ration totale du cheval. Leur apport énergétique est bien plus faible que les céréales comparativement au volume distribué. De ce fait, elles sont intéressantes pour provoquer une sensation de satiété sans apporter davantage d’aliment.

Outre leurs apports nutritionnels, elle sont essentielles dans la vie du cheval :  elles sont lentes à réduire et à digérer et permettent donc au cheval, de la même manière que dans la nature, de passer un grand nombre d’heure à mastiquer. Par ce même phénomène, elles permettent l’usure des dents.

On comprend donc maintenant pourquoi le foin est la base de l’alimentation du cheval !

Les minéraux

Ils sont essentiels au renouvellement des cellules et au fonctionnement de certains mécanismes. On distingue les macro-éléments comme le phosphore (P), le calcium (Ca), ou le sodium (Na), des micro-éléments comme le fer (Fe), le zinc (Zn) ou le cuivre (Cu) qui ne sont apportés que par la nourriture.

Les rations distribuées permettent en général de couvrir les besoins en minéraux, mais si nécessaire, on pourra utiliser des compléments alimentaires afin d’ajuster la quantité distribuée

Les vitamines

Les vitamines sont des compléments organiques nécessaires aux activités de production du cheval : travail, croissance, lactation, etc … Les plus importantes sont les vitamines A, D et E. Hormis la vitamine D, elles ne sont pas synthétisées par l’organisme et doivent donc être apportées par la nourriture.

 

Calculer les besoins de votre cheval

Les besoins en UFC

Les besoins en UFC se calculent selon les deux types de besoins évoqués précédemment. Pour le besoin d’entretien, il vous faudra calculer le poids de votre cheval puis utiliser la formule suivante : UFCs = 2 + 0,5 UFC / 100kg de poids vif.  Pratique et rapide, cette formule a toutefois tendance à surestimer les besoins du cheval.

Voici donc une table des apports journaliers recommandés pour un cheval au repos qui vous permettront de calculer plus précisément les UFC nécessaires.

Table UFC

Globalement, on peut étendre ce tableau à des chevaux dont le poids n’est pas présent ci-dessus en ajoutant ou en retirant 0,3 UFC par tranche de 50 kg

En ce qui concerne les besoins de production, nous reprendrons dans un prochain article le cas particuliers des étalons, des juments gestantes ou en lactation et des jeunes chevaux en croissance. Pour le moment, je vous propose un calcul rapide des besoins de production pour un cheval au travail :

  • Travail très léger (balades au pas, détente en longe, …) : + 0,5 UFC par heure de travail par jour
  • Travail léger (séance simple avec peu de galop, balades courtes aux 3 allures) : + 1,5 UFC
  • Travail moyen (séance plus intensive et/ou obstacle, travail en terrain varié) : + 2 UFC
  • Travail intense (préparation à la compétition) : + 3 UFC
  • Travail très intense (compétition) : + 4 UFC

Les MADC

Il n’existe pas de formule pour calculer rapidement la quantité de MADC indispensable au cheval, mais de la même manière que pour les UFC, la table suivante peut vous aider :

Table MADC

Pour les poids non indiqués, on peut considérer qu’il faut ajouter ou retirer 20 g de MADC par tranche de 50 kg.

Enfin, pour le travail au cheval voici les ajouts à effectuer :

  • Travail très léger : + 70 g par rapport aux besoins d’entretien
  • Travail léger : + 170 g
  • Travail moyen : + 240 g
  • Travail intense ou très intense : + 190 g

Minéraux et matière sèche

Les minéraux les plus importants sont le phosphore et le calcium. Pour être sûr de la qualité de la ration, il est important de maintenir un rapport Ca/P compris entre 1,5 et 1,8. On peut donc suivre la table suivante :

Table Ca P

(c) Cheval Energy

En ce qui concerne la matière sèche (MS), il s’agit en fait de la quantité de matière véritable que le cheval ingère dans sa ration. Pour calculer la quantité de matière sèche que l’on dit distribuer, on peut considérer qu’il faut entre 1,4 et 1,7 kg de MS pour 100 kg de poids vif. Par exemple, pour un cheval de selle au repos de 500 kg, la ration devra se composer en tout de 7,5 kg de MS environ.

  • Travail très léger : + 2 g de P, + 3 g de Ca, + 1.5 g de MS
  • Travail léger : + 3 g de P, + 5 g de Ca, + 3 g de MS
  • Travail moyen : + 4 g de P, + 10 g de Ca, + 4.5 g de MS
  • Travail intense ou très intense : + 4 g de P, + 10 g de Ca, + 3.5 g de MS

 

Pour terminer, voilà le tableau récapitulatif pour un cheval de selle de 500 kgTable cheval 500kg