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Le syndrome de la cavalière qui culpabilise (et comment s'en débarrasser)

Dans la vie de tous les jours comme aux écuries, la culpabilité est devenue notre langue maternelle. 5 façons de la remettre à sa place.

Elodie 4 min de lecture
Cavalière pensive à côté de son cheval, en train de culpabiliser
Sommaire de l'article
  1. 1. Reconnaître que c’est un réflexe, pas une vérité
  2. 2. Comprendre ce qui se cache derrière
  3. 3. Arrêter de comparer ton invisible aux highlights des autres
  4. 4. Te donner le droit d’être imparfaite (vraiment)
  5. 5. Te traiter comme tu traiterais ta meilleure amie
  6. Et concrètement, demain ?

Lundi : tu n’as pas vu ton cheval. Tu culpabilises. Mardi : tu y vas, mais tu es crevée, tu te contentes de le brosser. Tu culpabilises. Jeudi : tu lui donnes une montagne de carottes “pour te faire pardonner”. Tu culpabilises parce qu’il est déjà trop gros. Dimanche : tu vois passer une vidéo d’une cavalière au top, et tu culpabilises de ne pas être comme elle.

Bienvenue dans le quotidien intérieur de 80% des cavalières. La culpabilité est devenue notre deuxième langue maternelle, et on l’utilise tellement qu’on ne se rend même plus compte qu’elle gangrène tout. Pas que dans l’équitation, d’ailleurs. Mais avec un cheval dans nos vies, on a juste un terrain de jeu de plus pour s’autoflageller.

On va arrêter, OK ? Voici 5 façons concrètes de remettre la culpabilité à sa place.

1. Reconnaître que c’est un réflexe, pas une vérité

La première chose à comprendre, c’est que la culpabilité n’est pas une preuve que tu fais mal. C’est juste une habitude mentale, souvent installée depuis l’enfance, qui s’active à la moindre occasion.

Quand tu te sens coupable, demande-toi : « Est-ce que j’ai vraiment fait du mal à quelqu’un, ou est-ce que je suis juste en train de m’en vouloir par défaut ? »

Si tu n’as fait de mal à personne (et la majorité du temps, c’est le cas), la culpabilité n’a pas lieu d’être. Tu la reconnais, tu la salues, tu passes à autre chose.

2. Comprendre ce qui se cache derrière

La culpabilité, c’est rarement le vrai problème. C’est plutôt le symptôme d’autre chose : un perfectionnisme épuisant, une éducation où on devait toujours être à la hauteur, la peur de décevoir, la croyance que tu ne mérites pas ton bonheur tant que tout n’est pas parfait.

Si tu culpabilises de ne pas avoir monté assez cette semaine, gratte un peu. Est-ce que c’est vraiment ton cheval qui en a besoin (souvent non, il est très bien au pré) ? Ou est-ce que c’est toi qui as besoin de prouver quelque chose, à toi-même ou à un public imaginaire ?

Une fois que tu identifies ce qui est en dessous, la culpabilité perd 80% de son pouvoir.

3. Arrêter de comparer ton invisible aux highlights des autres

Tu vois sur Insta une cavalière qui monte 6 fois par semaine, qui sort en concours tous les week-ends et qui prend soin de son cheval comme une princesse. Toi tu galères à y aller 3 fois et tu te trouves nulle.

STOP.

Ce que tu vois d’elle, c’est ce qu’elle veut bien te montrer. Peut-être qu’elle bosse à temps partiel, qu’elle n’a pas d’enfants, qu’elle vit chez ses parents, ou qu’elle traverse une crise existentielle…

Tu fais ce que tu peux avec ce que tu as. Et c’est déjà énorme.

4. Te donner le droit d’être imparfaite (vraiment)

Voilà une phrase à coller sur ton miroir : « J’ai le droit d’être normale. »

Tu as le droit de pas être au top tous les jours. Tu as le droit de faire des séances pourries. Tu as le droit d’aller chercher un kebab plutôt que de cuisiner un dîner instagrammable. Tu as le droit de regarder ton cheval depuis la barrière sans rien faire d’autre.

L’objectif n’est pas d’être parfaite. L’objectif est d’être globalement OK, suffisamment de fois, sur la durée. Et tu y arrives déjà, même si tu ne le vois pas.

5. Te traiter comme tu traiterais ta meilleure amie

Imagine : ta meilleure copine te dit « j’ai pas eu le temps d’aller voir mon cheval cette semaine, je me sens horrible ». Tu vas pas lui dire « ouais c’est vrai t’es nulle ». Tu vas la prendre dans tes bras et lui dire « hey, t’as eu une semaine de dingue, ton cheval est bien au pré, tu vas y retourner ce week-end, c’est OK ».

Apprends à te parler comme tu parlerais à elle. Cette petite voix dans ta tête qui te critique à longueur de journée, tu n’accepterais ça de personne. Pourquoi tu l’accepterais de toi-même ?

À chaque fois que tu te surprends à te flageller, fais l’exercice : qu’est-ce que tu dirais à ta copine, là, maintenant ? Dis-toi la même chose.

Et concrètement, demain ?

Tu vas continuer à culpabiliser, c’est sûr. Ça ne se désinstalle pas en une semaine, surtout si tu as ce réflexe depuis 30 ans. Mais maintenant que tu sais la repérer, tu peux la débrancher.

3 petites habitudes à tester sur les jours qui viennent :

  1. Quand tu sens monter la culpabilité, nomme-la à voix haute (« tiens, je culpabilise »). Le simple fait de la verbaliser la fait souvent dégonfler.
  2. Note dans un carnet UNE chose que tu as bien faite chaque jour. Pas une réussite spectaculaire. Juste un truc qui mérite un autocompliment. Sur 2 semaines, ton cerveau commence à voir autre chose que tes ratés.
  3. Une fois par semaine, fais quelque chose juste pour toi, sans rentabilité, sans objectif. Sans culpabiliser. C’est de l’entraînement.

La vie est bien trop courte pour la passer à culpabiliser. Tu mérites mieux que ça.

Pour aller plus loin : Jalouse, moi ?… Même pas honte ! sur le piège de la comparaison, et Développement personnel avec le cheval pour creuser ce qu’il y a sous la culpabilité.

Elodie

Elodie

Cavalière depuis toujours, je suis l'heureuse propriétaire de 2 juments exceptionnelles : Joye et Heaven ! J'ai aussi créé Stenko : l'app qui permet aux pros équins de gérer leur activité sans prise de tête, et aux particuliers de suivre tout ce qui concerne leurs animaux.

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