Le cheval et les courbatures


Après une grosse séance d’entraînement ou bien une reprise après un arrêt plus ou moins long, le cavalier souffre bien souvent de douleurs musculaires, appelées « courbatures ». On n’y pense pas toujours, mais les chevaux aussi y sont sujets ! Comment les détecter et comment réagir ? On fait le point.

Les courbatures, qu’est-ce que c’est ?

Les courbatures sont des douleurs musculaires, apparaissant généralement dans les jours suivant un entraînement intense ou une compétition demandant un effort physique important.

L’intensité et la douleur varient en fonction de l’effort produit bien sûr, mais également en fonction du cheval : un cheval « sportif » (comprendre par là travaillé régulièrement et dans le bon sens) souffrira moins sévèrement et moins longtemps de courbatures qu’un cheval « sédentaire » (comprendre par là peu travaillé ou mal musclé) après une séance de travail identique.

L’origine des courbatures

Bien que couramment répandue, la théorie selon laquelle les courbatures résultaient de l’accumulation d’acide lactique dans les muscles a été réfutée scientifiquement. En effet, l’acide lactique est sécrété par un muscle lorsqu’il se contracte alors qu’il manque d’oxygène (par exemple lorsqu’il s’agit d’un effort physique intense et prolongé), et disparait environ une heure après l’effort physique, soit bien avant l’apparition des premières courbatures. Si l’accumulation d’acide lactique dans les muscles n’a donc rien à voir avec les courbatures, il semblerait en revanche qu’elle puisse être à l’origine de certaines crampes, aussi bien chez le cheval que chez l’être humain.

Mais du coup, à quoi sont dues les courbatures ? Elles sont en réalité bien souvent la conséquence de micro-lésions musculaires. En effet, dans le cadre d’un exercice nouveau et/ou fortement solliciteur (trotter ou demander des transitions en descente par exemple), les fibres musculaires les moins résistantes cèdent sous les tensions procurées par l’effort, créant ainsi des micro-lésions.

Des douleurs musculaires sans danger

Mais rassurez-vous, bien que douloureuses, les courbatures sont généralement sans danger. En effet, l’inflammation à l’origine des courbatures a simplement pour objectif de réparer et fortifier le muscle en vue de nouveaux efforts. D’ailleurs le muscle s’adapte très vite : après quelques répétitions d’un même effort, les douleurs s’atténuent puis disparaissent. C’est ainsi que le sportif, qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un cheval, ne présente pas de douleur lorsqu’il pratique régulièrement un même exercice, dans les mêmes conditions et avec la même intensité. C’est l’effet de répétition.

 

Les courbatures sont bien souvent la conséquence d'un effort physique trop important. Elles peuvent survenir après une séance particulièrement intensive ou encore après une compétition par exemple.

Les courbatures sont bien souvent la conséquence d’un effort physique inhabituel. Elles peuvent survenir après une séance particulièrement intensive ou encore après une compétition par exemple.

Reconnaître un cheval qui souffre de courbatures

Maintenant que vous savez ce que sont les courbatures, vous aimeriez certainement apprendre comment reconnaître un cheval souffrant.

Malheureusement les signes sont plutôt discrets, et il vous faudra bien rester à l’écoute de votre cheval pour les détecter. Voici quelques symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille :

  • Nervosité inhabituelle
  • Raideurs diverses, avec notamment du mal à s’incurver et à se tendre
  • Allures sensiblement détériorées
  • Cheval contracté, voire qui rentre en conflit sur certaines demandes.

Comment éviter ou réduire les courbatures du cheval ?

S’il est souvent préconisé par les sportifs de procéder à des étirements ainsi qu’à une récupération active (par exemple trotter quelques minutes rênes longues en fin de séance, ou encore partir faire un trotting léger dans les jours suivant un effort intense), il semblerait là encore que les bienfaits de ces conseils ne soient pas corroborés par les études scientifiques.

En effet, si celles-ci reconnaissent que la récupération active améliorerait les performances dans les trois jours suivant l’effort, elle pourrait en revanche les réduire au-delà. Le meilleur compromis semble donc être de laisser le cheval inactif durant les deux à trois jours suivant l’effort, ou bien de se contenter d’une activité modérée. Des promenades et trottings légers pourront ensuite être envisagés.

Procéder de la sorte permettrait d’éviter les risques de blessure, en particulier lors d’activités physiques intenses (trotting en terrain varié, séance de saut…).

Le froid et le chaud contre les courbatures

courbature chevalIl semblerait que le froid ait des vertus intéressantes sur les courbatures pour certains. Vous pouvez donc essayer d’immerger votre cheval dans de l’eau (baignade ou tout simplement douche) pendant une vingtaine de minutes.

Le chaud n’aurait en revanche aucune influence sur les courbatures, du moins pas seul. Alterner jets d’eau froide et jets d’eau chaude aurait en revanche d’excellents résultats : la succession de vasodilatations et de vasoconstrictions agiraient en effet comme une pompe sur le muscle et le soulagerait.

 

Le cheval et les courbatures
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