Introduction à l’équitation éthologique


L’éthologie équine n’est pas une discipline comme on l’entend souvent, mais bien une science. Plus exactement, il s’agit de la science qui analyse le comportement des chevaux. Cette analyse se base aussi bien sur l’étude des rapports des chevaux entre eux que sur l’étude des relations « cheval – humain », qu’ils soient dans leur milieu naturel ou non.

De l’éthologie équine a découlé l’équitation éthologique, une méthode de dressage basée sur la compréhension du cheval et le respect de celui-ci. Le maître mot de cette méthode est « Penser cheval », c’est-à-dire se mettre dans la peau de l’équidé pour mieux le comprendre et s’adapter à lui, à ses besoins, à ses attentes.

En équitation éthologique, tout se fait dans la non-violence : la clé du succès repose sur une entente mutuelle et sur le fait de convaincre le cheval de faire ce qu’on attend de lui plutôt que de le contraindre à obéir.

Les origines de l’équitation éthologique

Cette manière d’appréhender l’équitation semble très ancienne : les nouveaux maîtres eux-mêmes auraient en effet puisé leurs méthodes dans l’héritage des indiens d’Amérique du Nord. Ces origines restent toutefois contestées faute de preuves, si certains estiment que l’éthologie est un héritage amérindien, d’autres le qualifie de britannique et citent John S. Rarey comme étant le premier chuchoteur.

Quoiqu’il en soit, cette volonté de ne faire qu’un avec son cheval, ce rêve de compréhension mutuelle et d’unité ne date pas d’hier.

L’éthologie a commencé à se démocratiser lorsque les chevaux n’ont plus été utilisé pour le labour et l’armée, et ont été affectés à une équitation dite de loisir. Le film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux« , diffusé en septembre 1998, a suscité l’intérêt du grand public envers cette méthode de dressage.

 

Quelques grands maîtres

Monty Roberts

Cavalier et dresseur de chevaux, Monty Roberts a commencé sa carrière en tant que doublure pour des cascades équestres dans des films Western.

Ayant vécu toute son enfance auprès de dresseurs de chevaux qui mataient leur monture en la fouettant pour la désensibiliser et autres méthodes que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de barbares, Monty Roberts était pourtant persuadé qu’il existait une autre méthode de dressage, une méthode plus douce.  A 13 ans, il décida de partir étudier des mustangs sauvages dans le désert du Nevada pour mieux comprendre cet animal. Il leur découvrit rapidement un langage, leur langage, qu’il nomma lui-même Equus.

A partir de ce langage, Monty Roberts a créé le « Join Up« , une technique de débourrage basée sur le consentement. Il présente aujourd’hui volontiers cette méthode au grand public à travers de multiples démonstrations et conférences. Il a en outre écrit plusieurs livres sur le sujet.

Pat Parelli

 Pat Parelli est certainement le chuchoteur américain le plus connu en France et en Europe. Il a en effet conçu une méthode complète, appelée « Parelli Natural Horsemanship« , qui a été largement diffusée dans ces pays. Un partenariat avait en outre été mis en place entre Patt Parelli et le Haras de la Cense (France), repris aujourd’hui par Andy Boot.

Pour Pat Parelli, le problème est simple : le cheval étant une proie, il est programmé pour échapper à tout prédateur et à tout danger. Or le cheval voit justement l’homme comme un prédateur. Le cavalier doit donc savoir se positionner non pas en tant que prédateur ou ami, mais comme un leader pour une relation optimale. Pour cela, il lui faudra se montrer aussi doux et ferme que nécessaire, tout en faisant preuve de patience et de rigueur.

Sa méthode est décomposée en 8 principes et 7 jeux, que nous verrons plus en détail dans de prochains articles.

Autres grands maîtres

Il existe de nombreux grands autres maîtres et méthodes, dont nous parlerons également dans d’autres articles :

  • Elizabeth De Corbigny
  • Andy Booth
  • La méthode Firfol
  • Tom torrance
  • Ray Hunt
  • Jonh Lyons
  • Bino Jacopo Gentili
  • ….

L’équipement

Le licol en corde

Le licol en corde, ou licol éthologique, est très utilisé dans cette méthode de dressage.

Licol en corde (ou licol éthologique)

Si l’utilisation du filet assorti à un mors doux (mors à aiguilles à olive par exemple) est utilisé par certains grands maîtres (comme Elizabeth de Corbigny), beaucoup de chuchoteurs lui préfère des matériaux plus naturels, tels que le licol de corde ou encore le side-pull.

Important : le licol dit éthologique (ou licol en corde) n’est doux que s’il est bien employé. Il présente en effet différents points de pression et est pus fin qu’un licol en nylon ou en cuir classique. De ce fait, toute traction abusive ou tout geste non contrôlé doit être évité afin de ne pas obtenir l’effet inverse. Un bon réglage est également indispensable.

Le licol en corde est en outre doté d’une longue longe donnant une grande liberté au cavalier (et au cheval !) lors du travail à pied.

Le stick

Les chuchoteurs utilisent également beaucoup un stick (appelé « Carrot Stick » dans la méthode Parelli) ou bien une longue cravache de dressage et s’en servent comme prolongement du bras lors des exercices à pied. Il peut également être utilisé pour le renforcement négatif, à condition là encore de doser parfaitement ses actions.

 

L'éthologie permet de mieux comprendre son cheval afin de créer une relation basée sur la confiance et le respect.

L’éthologie permet de mieux comprendre son cheval afin de créer une relation basée sur la confiance et le respect.

Quelques polémiques

A chaque courant de pensée ses réfractaires ! Voici quelques polémiques touchant l’équitation éthologique :

La non-utilisation du cheval

Certaines personnes, à l’instar de Jean-Pierre Digard, estiment que l’équitation éthologique ou naturelle prône la non-utilisation du cheval et induit ainsi la régression en matière d’usages du cheval via une transformation en animal de compagnie. D’autres estiment que cette méthode de dressage est incompatible avec l’équitation sportive, et notamment l’équitation de haut niveau.

Selon Firfol, l’équitation éthologique ne prône pas de telles valeurs et permet simplement de présenter l’équitation de manière plus agréable pour le cheval (comme pour le cavalier d’ailleurs), via une relation basée sur la compréhension de l’équidé.

Une absence de codification

Le fait que maître ait sa propre méthode et l’absence de codification de cette équitation suggère que n’importe qui peut se dire « chuchoteur » et entraîne des dérives. Il devient donc difficile de faire le tri entre les véritables professionnels qui ont basé leur méthode sur l’éthologie (à savoir la science comportementale) et les « charlatans » profitant de l’engouement pour cette « discipline ».

En France, des diplômes (appelés Savoirs Ethologiques) sont justement dispensés pour essayer de contrecarrer ce phénomène.

L’effet de mode

Aujourd’hui l’éthologie, plus qu’une science, est devenue une « mode » : de plus en plus de cavaliers se disent « éthologistes » parce qu’ils utilisent un licol en corde ou réalisent des tours avec leur cheval (coucher, jambette, révérence…).

Pourtant, l’équitation éthologique n’a rien à voir avec tout cela : on ne le dira jamais assez, cette méthode de travail est basée sur une science comportementale. Et, bien qu’elle ne soit pas codifiée et varie d’un maître à l’autre (cf point précédent), elle ne consiste pas à apprendre des tours de cirque à son équidé mais bien à utiliser tout ce qui est renforcements positif et négatif afin de convaincre le cheval d’exécuter notre demande plutôt que de l’y contraindre.

Enfin, gare également à toutes les selleries qui vendent du matériel soit-disant éthologique, et qui n’ont d’éthologique que le nom.

 

Dans les prochains articles, nous verrons plus en détails l’équitation éthologique, notamment au travers de la méthode de Pat Parelli ou encore celle de Elizabeth de Corbigny.

 

Sources : licol en corde.


Commentairess 4

  1. Maëlle 14 mars 2017
    • kawelo 14 mars 2017
      • Maëlle 15 mars 2017
        • kawelo 15 mars 2017