Obstacle : le bon abord…

Cheval qui fait un petit pied devant l’obstacle ou qui prend une longue, barre qui tombe, dérobade, refus, cavalier qui se prend une georgette ou un taxi… Ces mots font partie de votre quotidien ? Vous rencontrez des difficultés à franchir les obstacles correctement ? Cet article est fait pour vous !

L’abord détermine la qualité du saut, aussi bien pour le cheval que pour le cavalier.

Pour simplifier, un bon abord c’est un cheval qui arrive sur l’obstacle de manière perpendiculaire, avec de l’impulsion et bien équilibré. Le cavalier doit anticiper toutes les difficultés pour veiller à contrôler la direction et le train du cheval de manière à lui faciliter le saut.

La reconnaissance de parcours

Reconnaissance de parcours

Reconnaissance de parcours

En concours ou à la maison, prenez le temps de faire une bonne reconnaissance de parcours avant de vous lancer sur votre tour.

Vous pourrez profiter de cette reconnaissance pour évaluer et mémoriser les difficultés qui se présentent à vous, ainsi que la manière de les éviter : combinaison en descente ? Il vous faudra certainement vous redresser davantage et temporiser le galop. Combinaison en montée ? Là au contraire, il vous faudra pousser davantage votre cheval pour lui donner l’impulsion et la force nécessaire à la réussite de l’enchaînement.

Regardez également ce qu’il se passe entre les obstacles : quel tracé vais-je adopter pour arriver droit sur l’obstacle ? Combien de foulées vais-je faire ici ? Mon cheval risque-t-il d’être effrayé par cet obstacle un peu voyant, auquel cas comment vais-je agir ? Etc, etc.

A l’issu de votre reconnaissance, vous devriez pouvoir visualiser l’ensemble de votre parcours en fermant les yeux. Vous devriez savoir exactement où vous allez passer, avoir prévu des solutions de secours en cas de pépins (« si mon cheval dérobe, où vais-je passer pour franchir de nouveau cet obstacle en perdant le moins de temps possible ? »), et savoir précisément où redonner du rythme et le ralentir pour faciliter le travail de votre équidé.

« En avant, calme et droit »

Cette expression, doctrine du Cadre Noir et fixée par le général L’Hotte, n’est pas valable qu’en dressage. En obstacle aussi il est crucial de respecter ce précepte !

En avant

Tout simplement parce que sauter des obstacles requiert un effort physique important (et ce d’autant plus si l’obstacle est imposant), il est important d’arriver sur l’obstacle avec un cheval en équilibre et dans l’impulsion. Si ces deux critères ne sont pas réunis, le saut se révèlera être bien plus difficile physiquement pour votre équidé, et vous risquerez de prendre des points (barre qui tombe, cheval qui refuse…).

Tout au long du parcours, entretenez l’impulsion avec votre assiette et  vos jambes, et veillez à ce que votre cheval reste réactif à vos aides. Vous pouvez allonger le galop dans les longues lignes droites, et prendre un galop plus rassemblé dans les tournants afin de vérifier la disponibilité de votre cheval et conserver un bon équilibre.

Attention toutefois à ne pas confondre « vitesse » et « impulsion » : inutile de galoper ventre à terre, avec un cheval dans un équilibre précaire, complètement sur les épaules et pesant sur la main : certes vous irez très vite et aurez la possibilité de faire un excellent chrono, mais votre cheval aura bien du mal à sauter (surtout si la hauteur du parcours est conséquente) et il risquera d’enchaîner les fautes. Au contraire, mieux vaut oublier la notion de vitesse et vous concentrer sur l’impulsion de votre équidé, c’est-à-dire tacher d’avoir à tout moment un cheval bien en équilibre, dont les postérieurs s’engagent sous la masse et avec un dos tendu. Là est la clé des sauts faciles !

Calme

Beaucoup de chevaux chargent les obstacles, galopent de manière désordonnée, tentent de prendre la main ou encore coupent les tournants.

Or pour enchaîner des obstacles et soigner leur abord, vous devez à tout prix avoir une monture calme et à l’écoute.

Si celle-ci s’inquiète de l’environnement extérieur, tentez de la rassurer au maximum (notamment pendant la détente et avant, grâce à des promenades en main), montrez-lui les obstacles avant de vous élancer et habituez-la à la maison à des obstacles très colorés et variés. De cette manière, au fil des sorties, votre cheval sera beaucoup plus détendu et il vous sera plus aisé de vous concentrer sur le tracé et l’attitude générale du cheval.

Si votre cheval est près du sang et tente de vous prendre la main, pensez au demi-arrêt : exercez une action brève et ferme vers le haut avec l’une de vos mains tandis que l’autre reste à sa place, et remettez-la en place aussitôt.

Si vous travaillez à la maison, n’hésitez pas à mettre votre cheval sur un cercle s’il tente de vous prendre la main et s’énerve. Cela vous permettra de le canaliser plus facilement.

Si votre cheval coupe les tournants ou se couche, veillez à bien garder le contact dans la rêne extérieure, à mettre votre poids du corps légèrement sur l’extérieur et à utiliser de votre jambe intérieure pour tenir l’épaule de l’équidé.

Droit

Plus l’obstacle sera haut et large, et plus il sera difficile physiquement pour votre cheval de le franchir. Pour lui faciliter le saut, prenez l’habitude d’arriver bien droit sur l’obstacle, même si la hauteur est réduite. Ainsi, vous pourrez plus facilement ajuster les foulées de galop et déclencher l’appel au bon endroit : fini les petits pieds et les longues !

Pour améliorer votre tracé, regardez toujours où vous allez aller ensuite, gardez les mains assez basses et écartées pour bien contrôler votre cheval. Les jambes restent fixes et le dos soutenu.

Pour vous aider, vous pouvez compter les foulées à voix haute (ou dans votre tête) : cela vous permettra peu à peu de mieux visualiser la foulée de votre cheval, et ainsi de réagir de plus en plus tôt en cas de problème d’abord.

 

L’importance du regard

Pendant le planer, regardez l’obstacle suivant pour préparer déjà votre cheval au tournant qui l’attend

Pendant le planer, regardez l’obstacle suivant pour préparer déjà votre cheval au tournant qui l’attend

Comme en dressage ou dans n’importe quelle autre discipline, à l’obstacle le regard est primordial. Regardez toujours l’obstacle qui suit pour savoir où aller exactement et pouvoir ainsi soigner vos courbes. Cela vous permettra notamment d’arriver bien face à l’obstacle.

Au loin, regardez le deuxième plan de votre obstacle pour pouvoir caler votre cheval dans la bonne foulée. Arrivé à quelques foulées, regardez au loin, droit devant vous : si vous regardez par terre vous risquerez de déséquilibrer inconsciemment votre cheval en lui mettant un surplus de poids vers l’avant. Celui-ci risquerait ainsi de faire tomber une barre voire pire, de s’arrêter.

Pendant le planer, orientez votre regard vers l’obstacle suivant afin de préparer mentalement la bonne trajectoire. Votre équilibre en sera légèrement modifié et cela conduira naturellement votre équidé à se mettre tout seul sur le bon pied, vous faisant ainsi gagner de précieuses secondes.

Vertical, large ou de volée : quelles différences ?

Selon le profil de l’obstacle (obstacle vertical, large ou de volée), vous ne l’aborderez pas de la même manière.

Obstacle vertical : obstacle droit, mur…

Aborder un vertical

Aborder un vertical

Pour franchir correctement un vertical, il est conseillé de s’éloigner un peu de l’obstacle de telle sorte à ce que le point culminant du saut soit situé au sommet du plan (fig 2).

Si le cheval prend son appel trop tôt, il aura du mal à s’élever suffisamment et pourra faire tomber la barre (avec les postérieurs essentiellement). A la réception, le cheval risque d’être dans un mauvais équilibre et complètement plat. Le cavalier devra tendre ses rênes et redonner de l’impulsion pour retrouver un cheval « bondissant ».

Si le cheval prend son appel trop tard (fig 1), il devra fortement pousser sur ses postérieurs de manière à pouvoir passer ses épaules par-dessus l’obstacle. Le risque de faute d’antérieur est très élevé. Ce type de saut prend en outre beaucoup sur l’impulsion et le cavalier devra relancer fortement son cheval à la réception.

 

 

Obstacles large et de volée : oxer montant, oxer carré, spa, rivière…

Aborder un oxer

Aborder un oxer

Obstacle montant

Pour franchir correctement un obstacle large, le cheval doit prendre son appel assez tardivement, de sorte à ce que le point culminant de son saut soit au-dessus du deuxième plan (fig 2).

S’il part trop tôt, le cheval risque de ne pas réussir à couvrir toute la largeur de l’obstacle, et donc de faire une faute des postérieurs.

S’il part trop tard, le cheval doit forcer davantage sur son arrière-main pour se propulser à la fois en hauteur et en largeur, et pourra faire une faute sur l’obstacle, notamment sur le premier plan avec les antérieurs).

Obstacle au carré

Pour les obstacles au carré (c’est-à-dire aussi larges que haut), le cheval doit à la fois se propulser en hauteur et en largeur, ce qui demande un effort physique important. C’est sans nul doute un obstacle très difficile à franchir, qui demande une impulsion forte et à l’issu duquel il faut penser à bien relancer pour assurer le parcours.

Pour franchir ce type d’obstacle avec aisance, il convient de se rapprocher de l’obstacle légèrement plus près que s’il s’agissait d’un oxer montant : ainsi, l’effort à faire pour couvrir la largeur sera moindre. Le point culminant du saut doit être situé au milieu des deux plans de l’obstacle.

Rivière

La rivière enfin demande un saut très plat, très en longueur. Il vous faudra arriver avec énormément d’impulsion et même de vitesse pour franchir cet obstacle dans toute sa largeur, sinon votre cheval pourrait bien laisser traîner un pied, fautant ainsi de 4 points !

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Commentairess 10

  1. love 5 août 2014
    • kawelo 7 août 2014
  2. Le fort 2 décembre 2014
    • kawelo 2 décembre 2014
  3. Astroboy 8 août 2015
    • kawelo 8 août 2015
  4. Camille 6 novembre 2016
    • kawelo 8 novembre 2016
  5. laeti 3 décembre 2016
  6. morganne delannoy 23 février 2017