Cheval qui charge à l’obstacle : comment réagir ?


Certains chevaux chargent systématiquement les obstacles qu’ils rencontrent, qu’il s’agisse d’un petit croisillon de 40cm ou d’un oxer à 1.30m. Concrètement, le cheval arrive sur des foulées croissantes, à tendance à tenir la tête très haut et ne se tient pas correctement en équilibre : il est dans une attitude de fuite.

Ce comportement peut devenir dangereux et il est important de le corriger au plus vite. Cet article vous donnera quelques pistes de travail et exercices à mettre en place pour solutionner le problème. Nous espérons qu’ils vous seront utiles et vous permettront d’aller plus loin dans le travail de votre cheval.

Pourquoi mon cheval charge-t-il les barres ?

Avant même d’essayer de résoudre le problème, vous devrez tacher de comprendre son origine : pourquoi votre cheval charge-t-il les barres de la sorte ?

Plusieurs explications peuvent en être à l’origine :

Une douleur ?

On n’y pense pas forcément, et pourtant : tous les problèmes ne sont pas liés à une mauvaise éducation ou à un caractère délicat. Certains peuvent s’expliquer par une douleur quelconque.

Un cheval qui a tendance à charger à l’obstacle, à donner des coups de cul à priori sans raison, à fuir le contact du mors ou qui se met dans n’importe quelle position de fuite et/ou de défense, peut avoir mal quelque part. Il est donc recommandé de commencer par faire venir le vétérinaire et/ou l’ostéopathe. Le recours à un dentiste (notamment si le cheval se bat contre la main) ou à un maréchal ferrant peuvent également s’avérer utile.

Lorsque vous serez sûr que les raisons de la défense ne sont pas physiques (ou lorsque le cheval sera parfaitement rétabli), vous pourrez alors envisager un travail de rééducation sur l’obstacle (voir plus bas) si le problème persiste.

Peur, mauvaise habitude, gêne… Les autres causes de fuite !

Un débourrage à l’obstacle mal effectué, de mauvaises habitudes, une série de sauts désastreux, un cavalier qui n’accompagne pas suffisamment le cheval et lui fait mal (trop de mains, tape dans la selle…), des obstacles trop impressionnants… Le cheval peut rapidement assimiler le travail à l’obstacle comme une véritable torture. Il prend alors la main pour aller le plus vite possible de l’autre côté et s’en débarrasser au plus tôt !

Votre cheval se trouve dans cette situation ? Rassurez-vous, elle n’est en rien irrémédiable. A force de travail, votre cheval finira par aborder les obstacles dans un galop parfaitement maîtrisé et serein. Mais attention à ne pas vouloir aller trop vite : cette rééducation est un travail de longue haleine, qui pourrait même durer plusieurs mois selon le degré de « peur » de votre cheval !

Les fausses bonnes solutions

    Attention aux mors sévères et aux enrênements : ils cachent les problèmes au lieu de les corriger.

Attention aux mors sévères et aux enrênements : ils cachent les problèmes au lieu de les corriger.

Pour obtenir un cheval calme et droit, certains conseillent d’utiliser des enrênements (notamment une martingale), des muserolles serrées et/ou un mors plus sévère.

Ces outils fonctionnent en effet, du moins c’est ce qu’ils laissent penser ! Si vous parviendrez en effet plus facilement à maîtriser votre équidé avec un mors dur couplé à une martingale, le problème n’est pourtant pas réglé pour autant : le jour où vous mettrez de côté ces artifices, votre cheval recommencera à prendre la main comme avant. Et vous aurez perdu des mois de travail !

Avec les chevaux, il faut prendre son temps, savoir revoir les bases si nécessaire. Il faut éduquer le cheval et non le contraindre.

Lorsque vous parviendrez à enchaîner un parcours dans le calme en mors simple (ou en licol !), vous aurez atteint votre objectif et pourrez être fier du travail accompli.

 

 Reprendre les bases

La meilleure chose à faire est donc de reprendre les bases. Oubliez les gros oxers et les participations aux compétitions. Prenez le temps de reprendre de zéro l’entraînement de votre cheval à l’obstacle : vous verrez, c’est un peu de temps de perdu au départ, mais il vous permettra ensuite d’atteindre bien plus rapidement vos objectifs !

Les exercices décris ci-dessous sont réalisés en selle. Toutefois, vous pouvez également travailler votre cheval en longe si vous le désirez : débarrassé du poids du cavalier et de la tension des rênes, il pourrait se montrer plus coopératif que prévu ! Si vous optez pour le travail en longe, attention toutefois à ne pas faire de séances trop longues ou de cercles trop courts : les articulations de votre monture pourraient en pâtir.

Travail sur le plat

Avant même de recommencer à sauter, vous devez vous assurer que votre cheval est parfaitement mis aux trois allures, sur le plat. Vérifiez que vous maîtrisez bien les allures et la direction, que vous pouvez demander la mise en avant ou le ralentissement sans que votre cheval ne se batte contre votre main ou fuie vos jambes.

Travaillez également le reculer ainsi que le travail sur 3 pistes (notamment les épaules en dedans) pour vous assurez que vous pouvez faire avancer votre cheval dans n’importe quelle direction.

Lorsque votre cheval sera calme et stable aux trois allures, vous pourrez commencer à aborder le travail à l’obstacle.

Travail sur des barres au sol

Vous pourrez commencer par de simples barres au sol : une au départ, puis plusieurs au fil des séances.

Passage d’une barre au sol

Certains chevaux paniquent à la vue d’une simple barre au sol et ont tendance à la sauter ou à prendre le mors aux dents. Si vous êtes dans cette situation, prenez le temps de passer régulièrement une barre au sol : au pas pour commencer, puis au trot et enfin au galop lorsque votre cheval aura parfaitement acquis l’allure précédente.

Introduisez des voltes, huit de chiffres et autres figures de manège simples dans votre séance : votre cheval apprendra ainsi à mieux se tenir. Vous pouvez également demander un arrêt de quelques secondes au-dessus de la barre, quelques foulées avant ou après, pour lui faire comprendre qu’il n’y a absolument aucun danger. Ou encore demander quelques pas de reculer avant la barre pour l’empêcher de précipiter.

    Placez votre barre au coeur de figures de manèges telles que le huit de chiffre pour rassurer votre cheval

Placez votre barre au coeur de figures telles que le huit de chiffre pour rassurer votre cheval

Il ne doit ni accélérer ni ralentir, ni même sauter la barre. Répétez cet exercice autant de fois que nécessaire ; plusieurs séances seront certainement utiles.

Félicitez-le régulièrement, gardez les rênes longues et soyez détendus : plus vous serez zen et moins votre cheval s’inquiètera ! N’oubliez pas que les équidés sont très sensibles à nos humeurs : s’il vous sent stressé alors il stressera également et commencera à chauffer.

Le travail sur des barres au sol peut parfaitement s’introduire dans une séance de plat. N’hésitez pas à en passer régulièrement, même un ou deux par séance seulement, afin d’installer une certaine routine.

Contrats de foulées entre des barres au sol

Lorsque votre monture sera parfaitement décontracté sur une seule barre, vous pourrez en placer deux, à quelques foulées l’une de l’autre. Commencez au pas, puis au trot, et enfin au galop. Lorsqu’il sera parfaitement détendu, vous pourrez commencer à travailler les contrats de foulées : par exemple commencer par faire 5 foulées entre les deux barres puis, sans les déplacer, en caler 4 et même 6 !

Exercez-vous à alterner divers contrats de foulées entre deux barre au sol

Exercez-vous à alterner divers contrats de foulées entre deux barres au sol

Vous pourrez ainsi apprendre à bien reprendre au galop ou bien à le relancer. Votre cheval reprendra peu à peu confiance.

Lorsque ce premier objectif sera atteint, complexifiez le dispositif en mettant plusieurs barres : par exemple une barre – 5 foulées – une barre – six foulées. Et là encore, allongez ou raccourcissez la foulée de votre cheval à volonté !

Travail sur des cavalettis

Vous pouvez ensuite réaliser les mêmes exercices que précédemment, mais en remplaçant les barres au sol par des cavalettis (petits obstacles de 30-40cm).

Là encore, apprenez à votre cheval à aborder l’obstacle sereinement au pas, puis au trot, puis au galop. Demandez un arrêt quelques foulées avant et/ou après. Puis positionnez deux cavalettis à quelques foulées, et entraînez-vous à les franchir en 4, 5, 6 et 7 foulées.

Il est important de repasser régulièrement au pas rênes longues et de féliciter votre cheval. Dès que vous sentez un progrès, stoppez la séance et récompensez-le. Peu à peu, franchir des cavalettis dans le calme sera un véritable jeu d’enfant !

Travail sur des lignes

Le travail sur les lignes fait partie du travail de mécanisation, c’est-à-dire permet de déclencher des automatismes chez le cheval. Mieux vaut sauter petit et facile régulièrement, que gros et technique de manière très ponctuelle.

Arrivé à cette étape, votre cheval commence normalement à se calmer sur les barres : il franchit désormais des obstacles isolés et enchaine deux obstacles relativement éloignés avec sérénité. Si ce n’est pas le cas, répétez les étapes précédentes.

Maintenant que notre cheval est plus tranquille, que l’on peut l’arrêter à volonté avant et/ou après le saut, nous allons commencer à le faire travailler sur des lignes. D’abord sur un double, puis un triple, puis, pourquoi pas, une série de quatre ou cinq obstacles. Les barres seront toujours basses (dans les 40 centimètres) pour ne pas prendre de risques inutiles.

On commence avec une combinaison très simple : un croisillon, 1 foulée (ou un saut de puce), un vertical. Le deuxième obstacle sera idéalement quelques centimètres plus hauts que le premier. L’objectif du dispositif est simple : le cheval doit réaliser deux efforts rapprochés, il doit donc se caler dans un galop bien cadencé pour ne pas se mettre en situation de danger sur le deuxième obstacle. N’hésitez pas à aborder la ligne au trot pour commencer, cela vous semblera certainement plus facile.

Répétez plusieurs fois cette exercice, puis ajoutez un troisième, puis un quatrième obstacle, en allongeant le nombre de foulées à chaque fois.

Les lignes d'obstacles sont un excellent moyen de caler le cheval

Les lignes d’obstacles sont un excellent moyen de caler le cheval

Vous pourrez progressivement remettre un peu de hauteur, que ce soit sur un obstacle isolé ou sur une ligne. Attention toutefois à ne pas être trop gourmand et remonter les obstacles trop vite : votre cheval pourrait se faire peur et vous risqueriez alors de perdre tout le travail mis en place au cours des dernières semaines !

 

A retenir

-> Commencez par vérifier que votre cheval n’a pas de douleur en faisant appel à un vétérinaire, à un dentiste ou bien à un ostéopathe avant toute chose.

-> Oubliez les concours quelques semaines/mois, le temps pour vous de repartir sur de bonnes bases.

-> Toujours y aller progressivement et doucement : à trop vouloir brûler les étapes, on risque de commettre de grosses erreurs, difficilement réparables ensuite !

-> Toujours récompenser et féliciter le cheval lorsqu’il fait ce qu’on lui demande. Ne pas hésiter à stopper une séance s’il s’est bien comporté.

 

Cheval qui charge à l’obstacle : comment réagir ?
5 (100%) 1 vote


Commentairess 6

  1. axelle bortolotto 15 mai 2016
    • kawelo 16 mai 2016
  2. Victoria 10 février 2017
  3. chloe 1 mars 2017
    • kawelo 1 mars 2017
  4. Clo M 5 mars 2017