[Roman] « Le meilleur des deux », de Sixtine Potellet


Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de lire le premier roman d’une Youtubeuse talentueuse : Sixtine Potellet, alias Cavalgrena. Je vous propose aujourd’hui de découvrir ce livre, ainsi qu’une interview de l’auteur.

« Le meilleur des deux » : le résumé

Avant toute chose, je vous propose un petit résumé de cette belle histoire.

« Le meilleur des deux » est un court roman prenant place dans une écurie de compétition de dressage. Héloïse, l’héroïne, s’entraîne avec acharnement et présente déjà un palmarès assez impressionnant pour son âge. Tout semble aller pour le mieux pour cette jeune fille, malgré la jalousie des cavalières qui s’entraînent avec elle.

Lorsque Laura, une cavalière de loisir sans prétention, débarque aux écuries, ce sont deux visions du cheval qui se percutent. Leur façon de voir les chevaux et de les travailler sont totalement opposées : si l’une monte en bride et éperons, l’autre adule l’équitation sans-mors. Et lorsque la première enchaîne les séances de dressage, la seconde ne rêve que de grandes chevauchées en forêt.

Malgré leurs différences, Héloïse et Laura sont des passionnées, qui aiment profondément leurs chevaux. Réussiront-elles à s’entendre et à s’enrichir l’une de l’autre, pour le bien-être de leurs compagnons équins ?

 

Mon avis sur ce roman équestre

Lorsque j’ai découvert ce roman équestre, j’étais très enthousiaste car c’est un sujet qui me tient beaucoup à coeur. Un peu inquiète aussi, pour la même raison d’ailleurs.

En effet, depuis quelques années je trouve que quelque chose d’assez malsain se dégage de beaucoup de cavaliers qui deviennent de plus en plus extrémistes (ou le montrent de plus en plus, peut-être). Entre ceux qui ne jurent que par le naturel et crachent au nez de ceux qui osent mettre un mors ou des fers, et ceux qui pensent qu’un cheval ne peut pas vivre au pré ni fréquenter ses congénères si l’on veut qu’il soit performant en compétition, et toisent de haut ceux qui ne pensent pas comme eux…

C’est devenu vraiment compliqué d’avoir des discussions saines et enrichissantes dans ce milieu. Peu de cavaliers se remettent en question et restent ouvert à toute philosophie, aussi éloignée soit-elle de la leur. Et pourtant, c’est en restant ouvert au monde que l’on apprend ! Pas en se répétant sans cesse « de toute façon c’est moi qui ait raison, et les autres sont tellement stupides de penser autrement ».

Ok, je caricature un peu, mais malheureusement pas tant que ça.

Attention, je ne dis pas boire les paroles du premier venu et remettre en cause sa propre façon de voir les choses tous les deux jours, non. Mais simplement accepter de ne pas tout savoir, accepter de faire des erreurs, accepter de tester de nouvelles choses.

Je m’enflamme et m’écarte du sujet initial de cet article, mais si peu. Car justement, c’est là-dessus que repose ce roman, c’est sur cette confrontation de deux cavalières aux philosophies totalement opposées.

Et même si le livre est vraiment trop court à mon goût, même si j’aurai aimé qu’il aille encore plus loin, je dois avouer qu’il m’a plut. Il tient un discours auquel j’adhère à 100%. Un discours qui dit que tout n’est pas blanc ou noir, qu’il y a du bon et du moins bon partout.

Et ça, ça fait vraiment du bien. J’ai envie de dire « ENFIN ».

Et puis, ça fait du bien aussi, je l’avoue, de lire un roman équestre écrit par une femme passionnée, qui s’y connait réellement en chevaux. Ce livre étant vraiment technique par moment, je le déconseille aux néophytes, à moins qu’ils soient suffisamment passionnés (ou curieux !) pour avoir envie de découvrir le cheval sous un autre jour.

En revanche, je recommande ce livre à tous les mordus de chevaux. Et ce, quelle que soit leur philosophie.

 

Interview de l’auteur, Sixtine Potellet

Kawelo – Peux-tu te présenter ? 

Sixtine – Je m’appelle Sixtine, j’ai 21 ans et je sors d’une école spécialisée sur les différents métiers du Net et des Médias. Je suis rédactrice et monteuse vidéo, mais dans l’entreprise où je travaille actuellement je suis exclusivement au montage.

A côté de ça, je m’éclate sur ma chaîne YouTube équestre « CAVALGRENA » depuis 2009 !

K- Es-tu cavalière ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours équestre ?

S- Mon grand-père et ma mère m’ont mis pour la première fois sur un shetland vers 5 ans ; j’ai d’abord fait des balades tenue main, puis j’ai débuté les stages pendant les vacances scolaires. J’ai commencé à monter à l’année vers mes 12/13 ans je dirais.

A 16 ans, j’ai eu la grande chance de me voir confier deux chevaux de propriétaire, Olympe et Rapido, dont je m’occupe toujours aujourd’hui. J’ai changé plusieurs fois de centres équestres, avant de totalement cesser les cours, ddégoûtée de l’ambiance, des critiques, ainsi que des conditions de vie des chevaux pour certaines structures.

J’ai ensuite eu plusieurs demi-pensions, avant d’arrêter par manque de temps pendant mes études. Je ne monte plus quotidiennement depuis plusieurs années, sauf en été lorsque je retrouve Olympe et Rapido.

K- Comment t’es venue l’idée d’écrire un livre sur ce sujet ?

S- Je suis une grande fan de débats, surtout de débats équestres ! Je considère qu’on ne sait jamais tout des chevaux (qu’on ne sait jamais tout tout court !), qu’on a toujours quelque chose à apprendre, c’est pour cela que je passe souvent des heures à me documenter sur différents sujets.

Actuellement, il est difficile de passer à côté du clivage « éthologie/classique », et je dois avouer que les extrémistes des deux côtés m’agacent. Bien que je sois plutôt branchée « travail à pied« , « liberté », « loisirs », et totalement contre le box et les fers (sauf dans certains cas très spécifiques), je ne me considère pas comme une cavalière « naturelle ».

J’ai eu la chance de rencontrer et de côtoyer des gens de cheval de tout horizon, qui m’ont convaincu qu’il y a du bon dans chaque équitation. C’est ce que j’ai voulu transmettre dans ce livre : la tolérance et la réflexion.

K- Et d’ailleurs, pourquoi le présenter sous la forme d’un livre ? En tant que youtubeuse connue, on aurait pu s’attendre à une vidéo plutôt ! Un rêve « de gamine » ?

S- Oui c’est vrai ! En fait, je le fais déjà dans mes vidéos, même si certaines personnes passent totalement à côté des petits messages que je glisse. Et ce n’est pas grave d’ailleurs ! Le ton humoristique que je prends sur ma chaîne me correspond à 100% pour ça : je n’ai pas envie de me positionner comme donneuse de leçon ou moralisatrice. Si certaines personnes sont réceptives aux différents sens de mes vidéos, tant mieux. Si elles ne sont réceptives qu’à mes blagues ou têtes cheloues… Tant mieux aussi !

Concernant le format papier, comme tu l’as deviné c’est un rêve d’enfant. J’ai appris à lire et écrire très rapidement, et à partir de là je dévorais tous les ouvrages qui passaient à ma portée. J’ai écrit mon premier roman à l’âge de 10 ans, et je n’ai jamais arrêté depuis. C’est la première fois que j’écris de façon sérieuse sur les chevaux, d’habitude je suis surtout portée sur le fantastique ! Mais l’idée d’opposer deux visions de l’équitation m’a énormément plu, donc je me suis lancée.

K- Peux-tu nous expliquer un peu comment tu t’es organisée pour écrire ce livre, quelles sont les galères que tu as rencontré… ?

S- J’ai eu cette idée d’opposition fin juin 2017, juste avant de partir deux mois retrouver Olympe et Rapido.

Pendant tout l’été, j’ai laissé mûrir mon histoire, j’ai réfléchi à ce que je voulais aborder… Le fait de m’occuper des deux loulous tous les jours m’a beaucoup inspiré et boosté. J’ai eu de nombreuses remises en question, mon avis a évolué sur certains points. Quand je suis revenue sur Paris fin août, j’étais remontée à bloc. Je cherchais un travail en parallèle, si bien que j’ai pu me consacrer à l’écriture de mon livre tous les jours sans exception. Un mois et demi plus tard, je l’avais terminé !

Au niveau des galères, je dirai que le niveau d’Héloïse en dressage m’a demandé des jours entiers de recherche. Elle a un niveau monté que je n’ai jamais eu, et que je n’aurai sans doute jamais ! Je voulais que le descriptif des aides et des ressentis de certains mouvements soit le plus juste possible. J’ai appris énormément de choses au passage d’ailleurs : moi qui n’ai jamais été passionnée de dressage, je vois cette discipline d’un autre oeil à présent !

K- Comment te sont venus les lieux, les personnages… ?

S- Chaque personnage principal représente une mentalité, avec ses côtés positifs et négatifs.

Du côté des chevaux, seule Ekaïne est inspirée d’un poney que je connais bien : il s’agit d’Eclair, le poney pottok d’une de mes meilleures amies. Il représente parfaitement à mes yeux LE poney de loisirs type, avec ses défauts et ses qualités. Pour son nom, j’ai carrément piqué celui de la soeur d’Eclair, que j’ai rencontré cet été au Pays Basque.

Concernant les lieux, je me suis basée sur la ferme équestre où vit actuellement Eclair pour décrire la pension où partent Héloïse et Belwin.

K- Comment as-tu fait pour être publiée ?

S- Je suis passée par l’auto-publication via Createspace, qui appartient à Amazon. J’ai d’abord voulu tenter de me faire publier de façon traditionnelle, mais les maisons d’édition qui m’ont répondu trouvaient mon histoire trop longue pour une nouvelle, et trop court pour un roman. Comme je refusais de raccourcir mon texte ou de passer par une maison d’édition à compte d’auteurs, j’ai décidé de tout faire moi-même, avec l’aide de mon copain Raphaël. Et j’en suis ravie ! Je suis quelqu’un d’indépendant, j’aime avoir la main sur tout.

K- Des projets pour l’avenir ? Peut-être une suite à ce roman, ou bien un autre livre ?

S- J’ai déjà une autre idée d’histoire équestre, mais ça ne sera pas une suite ! On m’a beaucoup demandé un second tome pour savoir ce qu’il va advenir de Laura et Héloïse… Mais j’apprécie justement de laisser une fin ouverte, pour que chacun soit libre d’imaginer ce qu’il va se passer pour tout ce petit monde après tout ça.

Donc pourquoi pas une seconde histoire, mais ça ne sera pas pour tout de suite. Je veux me laisser le temps de souffler après ma première nouvelle, je ne veux rien bâcler.

 

Et vous, avez-vous déjà lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous prévu de l’acheter ? Dites-nous tout dans les commentaires !