[Réflexion] Antispécisme et équitation


Le bien-être des animaux devient une préoccupation sociétale. La loi ne reconnait plus les animaux comme des objets mais comme des êtres vivants et sensibles et l’on croise de plus en plus de personnes qui refusent de consommer de produit d’origine animale. Mais que devient l’équitation dans l’histoire ?

Qu’est ce que le spécisme et l’antispécime ?

La définition du spécisme est un idéologie qui prononce une hiérarchie entre les espèces. Il y aurait notamment une supériorité de l’être humain sur les animaux. C’est pour cela que l’on mange les animaux et qu’on les « domine » car nous sommes supérieur à eux.

Le spécisme voit notamment ses limites quand on voit les différences de traitement et de considération entre un chien (animal de compagnie) et une vache (animal d’élevage destiné à la consommation).

Avec la montée des prises de conscience pour le bien-être des animaux, l’antispécisme est donc apparue. Si ce mouvement existe depuis les années 70, il n’a jamais autant pris d’ampleur. L’antispécisme ne reconnait pas une quelconque supériorité entre les humains et les animaux.

bien-être

Si un antispéciste n’est pas forcément végétarien ou vegan, il ne s’agit que d’une idéologie (comme un spécisme ne frappe pas systématiquement son chien par dominance), en pratique il est difficile de proclamer que la vie animale est égale à celle de l’homme en mangeant un steak saignant.

Et l’équitation dans tout ça ?

En considérant que la vie d’un animal est égale à celle de l’homme, avons nous encore le droit d’avoir des chiens d’aveugle, des chiens sauveteurs et (ce qui nous intéresse ici) de monter à cheval ?

Tous les antispécistes ne sont pas contre l’utilisation des animaux quand ils sont un vrai plus pour l’humain. Qui préférerait voir son enfant enseveli suite à une avalanche et ne pas appeler un chien secouriste pour le sauver car utiliser un chien dans ce but, c’est de la maltraitance ? Certains extrêmes en arrivent pourtant à cette conclusion. La vie de l’humain n’est pas supérieure et un animal ne doit en aucun cas venir en l’aide à l’homme car c’est le dominer.

L’activité et le respect

Quand l’utilisation des animaux pour aider l’homme est déjà problématique, quant est il de l’équitation ? On oblige un cheval à nous porter, à faire des exercices de manège, sauter, dresser, avoir un mors dans la bouche, etc. Autant dire que le mot maltraitance n’est pas loin.

Ce n’est effectivement pas dans la nature du cheval de nous porter, il est très réducteur – et même blessant pour les cavaliers – d’être mis dans le même sac que des personnes qui maltraitent ou torturent des animaux par plaisir malsain. Je peux comprendre que de l’extérieur, voir un cheval sauter 1m30 pendant un parcours d’une minute ou voir un cheval exécuter un piaffer, cela ne semble pas très naturel. Ajoutons à ça des enrênements et des éperons, cela donne l’impression d’avoir la panoplie parfaite de la soumission.

MAIS il serait complètement réducteur d’oser penser que les cavaliers de CSO et dressage maltraitent leur cheval par plaisir égoïste. On peut revenir au débat entre ceux qui aiment l’équitation et ceux qui aiment les chevaux – je vous incite à (re)lire l’article de Claire à ce sujet : Apprendre à aimer les chevaux. Je pense que l’on peut aimer et respecter son cheval, tout en se faisant plaisir sur des parcours de saut, de cross ou des carrés de dressage. Du moment que l’intégrité du cheval n’est pas engagée, que le cheval montre un vrai plaisir dans sa discipline, est ce mieux de le priver de ces séances de travail ?

La nature du cheval est effectivement dans des pâtures avec d’autres congénères mais combien de chevaux – habitués au travail durant des années – se retrouvent au pré en n’ayant plus de vrais contacts humains comme ils ont pu avoir durant des années ? Si c’est certes sa nature profonde, il ne faut pas oublier qu’un cheval est un animal d’habitude. Il n’y a rien de plus rassurant que la routine. On pense parfois à casser des mauvaises habitudes en pensant bien-être du cheval, sans voir que ce n’est ce à quoi son cheval aspire.

Des attentions de plus en plus nombreuses

N’en déplaise aux extrêmes de la protection des animaux, les chevaux sont peut être les animaux de compagnie qui reçoivent le plus de soins et d’attention de la part des cavaliers. Je ne parle pas du pansage, caresses et friandises données quotidiennement mais bien à des prestations précises et ciblées pour améliorer les performances sportives mais aussi le bien-être de l’animal.

Si les propriétaires de l’ancienne génération se contentaient des traditionnels soins vétérinaires, maréchaux et dentistes, la nouvelle génération s’intéresse au bien-être du cheval sur un autre plan. Séance de shiatsu, ostéopathie équine, détente musculaire par les algues… Tant de soins ont vu le jour pour le bien-être de nos équidés. Les cavaliers n’ont jamais été autant au petit soin pour profiter de 60 minutes sur le dos de leur monture.

Il est évident qu’un cheval bien dans ses sabots aura de meilleurs résultats, pourra nous porter plus longtemps, il y a aussi une réelle prise de conscience de l’importance du bien-être de l’animal et de s’assurer que ce dernier profite des soins en conséquence. Pas simplement pour nous porter mais parce que le cavalier aimant son cheval veut qu’il aille bien. Le moindre signe de douleur ou d’inconfort étant pris au sérieux et non plus ignoré.

À la recherche de la pension idéale

Afin d’assurer un bien-être et un retour à ses besoin fondamentaux, de plus en plus de propriétaires cherchent des pensions en pâture à l’année ou des paddock paradise. Les traditionnels boxes ne sont plus forcément le type de pension le plus recherché. Si certains cavaliers continent à préférer le box pour des raisons pratiques, la majorité des cavaliers cherchent des sorties en extérieur quotidiennes, que ça soit en pâture ou en paddock.

La prise de conscience des besoins fondamentaux du cheval (manger, boire, se déplacer) est un critère de recherche de beaucoup de cavaliers. Et tant mieux, si parfois il n’est pas possible dans certaines régions de trouver des pensions extérieures H24, cette envie de retour aux besoins des chevaux n’en est que bénéfique pour son bien-être.

 

À mes yeux, le bien être du cheval et l’équitation ne sont pas forcément deux choses incompatibles à partir du moment où le cavalier écoute sa monture, où ils forment réellement ensemble un couple.

[Réflexion] Antispécisme et équitation
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