Photographier les chevaux : les conseils d’une professionnelle


Dès son plus jeune âge, Carine Chevret est fascinée par les chevaux et par leurs représentations via la photographie, la peinture et le dessin. Ses jeunes années passées à leurs côtés sera le point de départ de son admiration et son attirance à leur égard.

À 10 ans, elle découvre le livre de Robert Vavra Les chevaux du soleil qui la marquera profondément :

Je retrouvais au travers de ces images l’animal sans les artifices et les compétitions de l’être humain. Le cheval en symbiose avec la nature, libre, sauvage, je trouvais cela d’une vérité presque déconcertante vu comment pouvaient être traités certains chevaux !

C’est sous le nom évocateur de Crindoeil Photographie que Carine se lance en 2013 à Dijon, après de nombreuses années à s’entraîner et perfectionner sa technique, comme photographe professionnelle. Son univers onirique et son talent indéniable pour capter la force et la beauté des chevaux font de ses photographies des œuvres fortes qui véhiculent une multitude d’émotions.

Carine a accepté de partager avec nous quelques conseils et astuces pour les amateurs de photographie équestre.

Entretien avec Crindoeil Photographie

Quelles sont les connaissances à acquérir pour prendre des photos de qualité ?

Tout dépend de ce que l’on qualifie de « qualité ». Pour moi, avant toute chose, une photo d’une bonne netteté, avec une gestion du bruit correcte (définition du bruit numérique), représente déjà une photo de « qualité ». Ensuite, il y a de nombreuses règles photographiques inconnues de beaucoup d’amateurs, des règles de cadrages, des règles d’exposition, des règles d’harmonie.

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Tout cela va évidemment augmenter la qualité d’une photo, mais pas que ! L’émotion souvent prime sur tout le reste, sans oublier que ces fameuses règles sont aussi faites pour être transgressées, et c’est en déjouant ce côté strict de la pratique de la photographie que certains se font connaître.

 

Quelles sont les difficultés que risque de rencontrer un photographe amateur lors de sa première séance photo de chevaux ?

Je pense qu’une des premières difficultés est la connaissance même du cheval. Un cavalier fera toujours de meilleures photos qu’un individu n’ayant jamais côtoyé les chevaux. Au niveau des allures par exemple, un cheval est toujours mis en valeur lorsqu’il sur les premières phases de son galop, et non pas lorsqu’il retombe sur ses épaules.

Quel appareil conseilleriez-vous pour débuter ?

Il est difficile de conseiller, tout dépend du type de photos qu’il souhaite faire (sportive, portrait, paysage ?) de l’investissement de la photographie dans sa vie, du côté pratique de certains appareils (on ne balade pas un compact de la même façon qu’un reflex), et évidemment du coût financier. Mais pour donner une idée à tout le monde, certaines de mes photos sont faites avec un vieux compact.

Quel type d’appareil photo utilisez-vous ? Pourquoi ce choix ?

Alors j’utilise un Nikon D800 (et il y a encore un an j’avais un Nikon D200), avec principalement un objectif de taille 70-200mm Nikon. Le choix de la marque Nikon s’est fait il y a très longtemps, je trouvais que la marque offrait un piqué plus « dur » que d’autres marques et cela me plaisait énormément pour certains projets de photos.

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Quels conseils donneriez-vous à un photographe débutant ?

De se documenter, de tester, d’apprendre, mais surtout de créer ses propres clichés, son propre univers, et pour cela il n’y a aucun secret, il faut laissé parler son regard et son intuition.

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Je lui conseillerai également de privilégier les réglages manuels, ou les priorités à l’ouverture ou vitesse. L’automatique signifie que l’appareil règle tout, vous n’aurez donc pas votre touche personnelle dans les clichés.

Qu’est ce qu’une photo réussie ?

Une photo réussie pour moi est avant tout une photo qui dégage une émotion, une ambiance particulière. Sans parasitage de l’image, c’est à dire qu’il est primordial pour moi que mon œil ne soit pas attiré par des éléments autres que le sujet lui même, par exemple une clôture trop voyantes ou des retouches impropres.

Dans quel cas effectuez-vous des retouches ?

Dans tous les cas, sauf demande du client. J’ai besoin d’exprimer au travers de mes photos mes propres sentiments, et l’appareil photo ne les connaît pas même si j’ai soigné au maximum ma prise de vue. Ainsi je ressens toujours le besoin de coller mon univers, les couleurs de mes propres émotions sur beaucoup de photos.

Cela est parfois flagrant sur certaines photos où je vais transformer l’herbe en rose par exemple, mais pour d’autres ça va simplement être une petite variance dans les tons verts.

L’utilisation de logiciel de retouche photo est-elle indispensable ?

Indispensable non, bien sûr, mais comme en argentique, on peut se permettre certaines fantaisies avec les logiciels de retouches pour le numérique : un noir et blanc, un sépia.

Tout dépend de ceDSC_3970-BorderMaker que représente la photographie dans la vie de chacun. J’ai souvent mon petit compact pour juste immortaliser des souvenirs, et ces photos là ne sont jamais retouchées.

A contrario dès que j’utilise mon reflex, je suis dans la « création », et j’ai besoin d’exprimer pleinement mes sentiments au travers d’une photo, comme un peintre. Donc si je ressens le besoin de modifier toutes les couleurs je le fais. C’est par ce biais là, ces couleurs souvent « éclatantes » et ce « bleuté » qui m’a longtemps collé à la peau que j’ai aussi crée mon univers et ma signature personnelle.

Quelles sont les retouches que vous effectuez le plus souvent ?

Tout dépend de chaque photo, et de la période que je traverse. Comme dit plus haut, adolescente déjà je m’amusais beaucoup à bleuter mes photos, c’est ce bleu qui m’a fait connaître. Maintenant, je m’en lasse un peu, je n’en abuse plus et je suis depuis quelques années vraiment attirée par les tons chauds, le rose, ou parfois le mélange des tons chauds et froids.

J’aime que les couleurs soient assez éclatantes mais jamais saturées ! Pour cela j’ai ma propre recette de retouches. Mais d’une manière général, dans un premier temps un photographe bidouille toujours un peu son exposition, ses hautes lumières, ses contrastes.

Que préférez-vous lors de vos séances ?

Tout ce que j’aime, c’est rencontrer un cheval avec des yeux qui pétillent ! Sentir qu’il est heureux dans l’endroit où il vit et avec les personnes qui s’occupent de lui. Cela peut être un cheval retraité, un cheval jamais monté, un cheval enchainant les jolis spectacles, ou classé en concours ; peu importe tant que j’entrevois qu’il est traité avec respect.

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> Le site internet de Carine : Crindoeil Photographie

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Photos : tous droits réservés

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  1. Gérard 19 juin 2015