Parasitologie : les oxyures

On pourrait croire les chevaux vivant en box relativement épargnés par les problèmes parasitaires. Il existe malheureusement une espèce de vers qui les concerne particulièrement. Aujourd’hui, je vous propose un focus sur les oxyures, et sur les moyens de s’en débarrasser.

Oxyure : qui es-tu ?

Oxyuris equi (oxyure pour les intimes) est un ver phytophage, c’est-à-dire qu’il se nourrit de végétaux. Il élit domicile dans le colon et le rectum, où il vit accroché à la muqueuse.

Ce parasite interne de l’ordre des nématodes, est spécifique aux équidés et ne se transmet pas à d’autres espèces, humains compris. L’oxyure concerne tous les types de chevaux : on estime ainsi que 25% de la population équine en est atteinte. Cependant, l’infestation est beaucoup plus importante chez les chevaux hébergés en box, car les œufs de ce parasite sont peu résistants dans le milieu extérieur.

Bien que l’on puisse le confondre avec l’ascaris, son identification reste relativement facile. En effet, il s’agit d’un ver rond de couleur blanche à jaunâtre. La taille de l’oxyure est fortement impactée par le dimorphisme sexuel : le male mesure entre 9 et 12 mm tandis que la femelle atteint la taille respectable de 40 à 150 mm !

Le cycle de vie de l’oxyure

Copyright : Durfort Clara

Le cycle de vie de l’oxyure commence par la ponte. Pour accomplir cette tâche, les femelles migrent du colon vers le rectum. Elles déposent ensuite leurs près de 80 000 œufs au niveau de l’anus du cheval. Détail important, les œufs sont enrobés dans une substance gélatineuse qui leur permet de se fixer sur la zone péri-anale et sous la queue. Ils sont alors facilement observables : en effet, les chevaux contaminés présentent des sortes de traces jaunes autour de l’anus.

Les œufs évoluent en 4 à 5 jours pour donner naissance à des larves. Dès ce stade, les larves d’oxyures ont une capacité infestante : autant dire que la ré-infestation est extrêmement rapide !

La contamination par les nouvelles larves est directement liée à l’environnement. En effet, lorsque le cheval se gratte contre un support (en particulier les mangeoires ou les murs de son box), il dépose les œufs et les larves tout justes écloses. Il les ingère ensuite lors de la distribution de la ration.

Une fois dans le tube digestif du cheval, les larves de stade L4 se fixent à la muqueuse intestinale et entament leur dernière phase de développement : elles mettront environ 5 mois à atteindre le stade adulte.

Mon cheval a des oxyures, quels sont les risques ?

Bonne nouvelle, le pouvoir pathogène des oxyures est limité !

Lors de la période de ponte, les femelles oxyures provoquent de fortes démangeaisons de la zone péri anale. L’un des principaux risques lié à l’infestation dès ce type de parasite interne est donc l’apparition de plaies au niveau de la croupe, de la queue et de la zone péri anale.

A terme, des infections peuvent se déclarer au niveau des zones irritées.

Comment lutter contre ces parasites internes ?

Bien entretenir les lieux de vie des équidés : une des clés de la gestion parasitaire. 

Même si les conséquences liées à l’existence d’oxyures dans l’appareil digestif de votre cheval sont limitées, il est important de limiter leur propagation.

Avant toute chose, il faut pouvoir détecter de manière fiable leur présence. Plusieurs tests sont donc à disposition :

  • La coproscopie (analyse des crottins) peut être utilisée pour ce type de parasite interne. Néanmoins, les résultats sont à interpréter avec précaution. En effet, la coproscopie peut revenir négative si on effectue le prélèvement de crottins en dehors de la période de ponte ;
  • L’examen de la zone péri anale permet de détecter des démangeaisons ainsi que la présence du gel contenant les œufs d’oxyures ;
  • Le test du scotch : il consiste à coller un morceau de scotch en marge de l’anus puis de l’observer au microscope afin de dénombrer les éventuels œufs présents ;

Une fois l’infestation par des oxyures confirmée, il faut engager la lutte ! Point positif, ce parasite interne est sensible à la plupart des molécules vermicides. Même s’il n’existe aucune résistance, connue on veillera à alterner les molécules.

La vermifugation n’est pas la seule mesure à prendre pour limiter le développement des oxyures dans l’appareil digestif de son cheval. On veillera en particulier au nettoyage des mangeoires et à l’hygiène de la zone péri anale.

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