Le Paddock Paradise, la prairie au naturel


Avec cet article, nous allons tenter de renouer avec le naturel nomade du cheval au sein même de votre pré. Entrez dans l’univers du paddock paradise

Le paddock paradise : qu’est-ce que c’est ?

Un peu d’histoire

Le paddock paradise est un concept inventé par Jaime Jackson il y a quelques années pour tenter de créer des parcelles de pré dans lequel le cheval évolue au plus proche de son environnement naturel.

Jaime Jackson se définit comme un spécialiste des soins des sabots. Il a passé du temps à observer les chevaux dans le grand Ouest américain et en a conclu que la santé des pieds des chevaux sauvages était bien meilleure que celle de nos compagnons. Dans toutes ses observations, il note notamment que les troupeaux se déplacent sur de nombreux kilomètres, dans leurs propres traces, sur des terrains très variés en terme de sol et de dénivelé, et gravitent autour de différents point d’intérêts : un point d’eau, un abri, etc.

L’idée naît alors de l’observation de nos chevaux domestiques. Le constat est simple : ils se déplacent peu, bien moins que leurs homologues sauvages, ils se concentrent autour d’un seul point d’intérêt et attendent leur foin à la porte, leurs pieds donc bien moins sollicités !

 

Comment ça fonctionne ?

Vous l’aurez compris, l’idée principale c’est de faire bouger le cheval et d’ainsi participer à l’entretien de ses sabots et de sa musculature. Mais pas seulement…

Le but du paddock paradise, c’est aussi de redonner au cheval l’envie de se déplacer comme il le ferait dans la nature. Pour cela, il faut recréer la « piste » qu’ils suivent dans la nature : celle faite par leurs traces qu’ils empruntent et ré-empruntent inlassablement pour aller d’un point à un autre.

En leur créant ces pistes, nous pouvons raviver leur instinct et stimuler leur mouvement naturel. Ils montrent rapidement leur souhait d’utiliser les pistes en créant d’étroits et sinueux chemins -exactement comme les chevaux sauvages – où le voyage ou le mouvement est leur principal objectif et leur principale activité. [traduit depuis le site de l’AANHCP]

Pour imiter donc cette fameuse « piste », l’idée est de créer dans un grand terrain un couloir, qu’il appelle « artère centrale » sur tout le tour de la parcelle et sur lequel se trouve à divers endroits des activités stimulantes pour le cheval, afin de lui donner l’envie de s’y déplacer.

Ainsi le cheval ne stagne pas à un endroit mais se déplace tout au long de la journée. Il mange même en se déplaçant, ce qui correspond davantage à son mode de vie naturel que la prise de nourriture en un seul point, dans une mangeoire.

Le paddock paradise assure ainsi une santé mentale et physique du cheval !

(c) www.offenstallkonzepte.com

Quelques éléments du paddock paradise

Comme nous le présentions précédemment, le paddock paradise doit assurer diverses fonctions. Tout d’abord le développement musculaire du cheval, et le développement de pieds sains, en favorisant le déplacement sur des sols variés, mais également le slow feeding, c’est-à-dire la prise de nourriture en continue, mais à un rythme plus lent, qui correspond mieux à son système digestif, et enfin une vie en troupeau où chaque cheval en entraîne un autre dans le mouvement en avant.

Pour cela, différents éléments doivent indispensablement être installés dans la parcelle :

  • Un point d’eau : idéalement une rivière ou un petit étang, dans lequel le cheval peut entrer, et doit marcher dedans pour aller s’abreuver. Les bains dans l’eau hydratent les sabots et relaxent les membres.
  • Un coin abrité : une haie assez grande, ou un amas d’arbre feront l’affaire pour offrir au cheval un coin d’ombre ou un endroit à l’abri du vent et de la pluie.

    Un zone ensablée est idéal pour se couher ou se rouler … (c) Jill Willis

  • Une zone de repos: en sable, en sciure, ou en paille, un bon tapis sur lequel le cheval pourra se coucher, se reposer, ou se rouler.
  • Des point de nourriture : tout au long du cheval, et à même le sol, de telle sorte que le cheval se déplace en mangeant, mais également fouille, lèche le sol, et adopte une attitude naturelle lorsqu’il mange (manger la tête haute n’est pas naturel pour un cheval !)
  • Des minéraux : là encore, disposés tout au long du parcours, des petits morceaux de pierre à sel un peu partout, cachés, voir enterrés pour inciter le cheval à gratter avec ses pieds ou ses lèvres pour dégager ce qui l’intéresse.

    (c) Àla Làla Z Pekla

  • Des obstacles : dans le couloir,  il est possible d’installer des embûches, par exemple, des rondins disposés aléatoirement à un endroit de passage, que le cheval devra enjamber. Ce genre d’obstacle met le cheval en contact avec des situations « complexes » qu’il doit résoudre par lui-même pour se coordonner et favorise le développement physique ainsi que mental du cheval
  • Des sols variés : à un endroit du couloir, ajouter un tapis de pierre sur lequel le cheval devra passer permet au sabot de s’adapter à des terrains hostiles et qui renforcent la corne.
  • Des « surprises » : à différents endroits du parcours ou dans les points d’intérêt, des fruits, légumes, une poignée de grain ou des jeux sont autant de petites choses qui enrichissent l’environnement du cheval.

Le « modèle » proposé par Jaime Jackson.

Nous proposerons dans un prochain article un ensemble de petits point d’enrichissements que vous pourrez créer pour votre cheval.

Pour en savoir, vous pouvez consulter le site de l’AANHCP : www.aanhcp.net

Ou lire le livre de Jaime Jackson : Paddock Paradise: A Guide to Natural Horse Boarding

Pour terminer, une belle vidéo qui reflète bien le « paradis » …

Credit Image à la une : lescrinsnature.fr


Commentairess 2

  1. Shadowface 13 avril 2016