Le Fjord ce poney nordique au grand coeur


Venu des pays nordiques, le poney Fjord est une race de cheval assez rustique qui s’adapte particulièrement bien aux climats froids et arides. Et pourtant ce petit cheval possède un modèle génétique assez personnel.

Une génétique presque pure

Le Fjord est un cheval considéré comme descendants directement des chevaux primitifs et sauvages du Nord (à l’instar de l’Islandais) et cette race est donc considérée comme l’une des plus pure. C’est d’ailleurs ces origines qui lui valurent le surnom du « cheval de Viking ».

Malgré ses origines encore aujourd’hui floues et inconnues, l’Histoire a considéré que le cheval Fjord venait de Norvège, connu là-bas sous le nom  « Vestlandhesten ».  Il est pourtant certain que de la préhistoire au XIXe siècle, la race a évolué et les généticiens s’accordent pour dire que son modèle a évolué naturellement en fonction de son utilisation et de l’endroit où il vivait comme cela est souvent le cas dans l’évolution des races. Ainsi, si à cette époque le cheval Fjord était un cheval de montagne, assez trapu, aujourd’hui, le modèle a bien changé.

La pureté de sa génétique et ses origines remontant aux chevaux tels que le Przewalski ou Tarpan, le Fjord possède une robe nommée sauvage (ou primitive), avec des variations toutefois présentes.

Le Fjord aujourd’hui

Même s’il reste petit de taille, entre 1m35 et 1m50 (il est ainsi considéré comme un « poney »), le Fjord possède maintenant quelques centimètres de plus que ces ancêtres. Aujourd’hui, les éleveurs cherchent à avoir des poneys plus souples et légers, même si le Fjord conserve l’allure robuste et puissante des poneys rustiques.

Deux marques primitives ont été conservées et permettent à la race sa renommée internationale : sa « raie de mulet » (il s’agit d’une ligne de couleur foncée commençant au niveau de la nuque, suivant la colonne vertébrale et se terminant dans la queue) ainsi que sa crinière bicolore traditionnellement coupée en brosse. Cette fameuse coupe en brosse permet de suivre la courbe de l’encolure et de la rendre ainsi moins « imposante », elle permet également de dégager le garrot pour éviter aux doigts et harnachements d’être gênés.

Grâce à sa morphologie courte et forte en muscles, le poney Fjord peut être utilisé dans de nombreuses disciplines. Sa docilité, son calme, son côté joueur, son pied sûr ainsi sa puissance le rend propice aux travaux agricoles ainsi que l’attelage mais aussi à l’obstacle et toutes disciplines équestres dites « de loisir ».

Une robe atypique

Il est souvent dit que le poney Fjord est de couleur « isabelle« . Sa robe se distingue particulièrement en six nuances. Génétiquement parlant, il s’agit de la base de la robe qui change à laquelle s’ajoute le gène Dun, conférant ce côté primitif à la robe.

© LGS photography Fjord de robe Brunblakk

Brunblakk : Nous pouvons associer cette robe à du bai un peu plus doux, les anglophones l’appellent Bay dun. Il s’agit de la robe la plus répandue dans le monde pour cette race. De couleur un peu « jaune », la raie de mulet ainsi que la ligne de crins sont fortement foncés voire marrons ou noirs.

Rodblakk : appelée Isabelle alezanée en France, se rapprochant de l’alezan, ou nommée red Dun pour les anglophones, la robe est semblable à l’Isabelle, cependant, la crinière est plus claire voir blonde et la ligne du milieu ainsi que la raie de mulet sont toutes deux rousses.

Gra : il s’agit de la robe « souris » en France ou encore nommée grullo. Ici les chevaux seront gris avec une raie de mulet et une ligne de crinière noire. Il s’agit ici d’un cheval noir ou réglisse (smocky black) auquel s’est ajouté le gène Dun.

Ulsblakk : si les anglophones l’appellent Dunskin (Dun + bucksin, bucksin signifiant isabelle), nous pouvons associer cette robe à de l’isabelle. Plus claire, presque crème, la robe possède une raie de mulet grise ou noire.

Gulblakk : très rare, cette robe se rapproche d’un palomino (donc une robe un peu « dorée ») adoucie par le gène Dun. La raie de mulet est, elle aussi, très pale. Les anglophones l’appellent le Dunalino.

Kvit : très certainement la plus rare, la robe se rapproche à un cheval blanc. Il s’agit du gène Dun ajouté à une robe de base déjà fortement diluée comme un crème, un perlino ou bien un smoky crème dun. La rareté de cette robe peut très certainement être due au rejet des yeux bleus par les éleveurs Fjords. Les marques primitives sont très peu marquées voir invisibles.

Le Fjord dans le monde

L’élevage du poney Fjord remonte à 1843 où, à Hjerkin, le premier Haras norvégien ouvrit ses portes. A cette époque, le poney Fjord, comme beaucoup de ses semblables, n’était pas élevé pour le loisir mais comme cheval de travail. Deux noms sont à retenir, il s’agit de deux étalons fondateurs qui ont permis à la lignée du Fjord d’être fondée et reconnue : Rosendalborken l 8 (né en 1863) et Njal 166 (né en 1891).

En tant que symbole national de la Norvège, le Fjord a bien sûr un studbook qui lui est attribué depuis 1940. Depuis, le Danemark, l’Allemagne, la Suède, les Pays-bas, la Belgique, la Suisse, les Etats-Unis, la France ainsi que l’Ecosse en 1997, se sont succédées pour créer leurs propres studbooks.

En France, le poney Fjord est fortement apprécié en Alsace où les élevages sont les plus nombreux. Une forte densité d’élevage de Fjord est aussi présent en Basse Normandie, Bretagne et Midi-Pyrénées. On peut aussi retrouver des éleveurs dans le Nord de la Picardie (où est également élevé le Henson, issu de croisements avec le Fjord).

Crédit photo : LGS Photography
Modèle : Ouragan