La PSSM, qu’est-ce que c’est ?


Si vous suivez un peu les pages facebook ou sites de divers élevages qui proposent leurs étalons à la monte, vous aurez sans doute lu ou entendu l’affirmation « testé négatif à la PSSM ». Si beaucoup de particuliers ignorent ce dont il s’agit, sachez que les éleveurs y accorde une très grande importance ! Mais alors, qu’est-ce que c’est ? Pourquoi on en parle aujourd’hui ? Et pourquoi est-ce visiblement si important ?

Décryptage de la maladie

La PSSM est un acronyme pour désigner la Myopathie à Stockage de Polysaccharide (Poly-Saccharide Storage Myopathy). Il s’agit en fait d’une maladie musculaire qui affecte de nombreuses races de chevaux. Chez les chevaux atteints de PSSM, il y a un stockage anormal des glucides complexes, et notamment de glycogène, dans les muscles striés squelettiques.

En temps normal, une partie du glucose circulant est utilisé comme énergie pour le muscle, et une autre partie est transformé par une enzyme, la glycogène synthétase, en glycogène, une forme plus adaptée au stockage du glucose. Ce glycogène est donc ensuite stocké dans le muscle, mais ne peut pas être utilisé par le muscle pour produire de l’énergie.

Dans le cas de la PSSM, la quantité de glycogène formée est trop importante (environ 1.8 fois plus que chez un cheval « sain »), il n’y a donc plus assez de glucose disponible. En résumé, une grosse partie du glucose qui est normalement utilisé pour faire fonctionner le muscle, ne peut pas l’être car il est stocké. Par conséquent, le muscle s’épuise davantage au travail car il manque d’énergie. C’est ce mécanisme qui est à l’origine des myopathies.

A gauche : les fibres musculaires d’un cheval sain. A droite : celles d’un cheval atteint de PSSM, les zones foncées correspondant à des amas de glycgogène (© Michigan State University)

 

La PSSM de type I

Il existe plusieurs formes de PSSM. Il est toutefois difficile de réellement les distinguer, et l’origine de certaines reste encore floue.

La PSSM de type 1 est toutefois celle qui nous intéresse le plus actuellement, et pour lequel la mutation à l’origine de ce stockage est la mieux connue. Il s’agit en effet d’une mutation du gène de la GYS1 (Glycogen synthetase 1) qui conduit à la formation d’une GYS1 trop active : elle produit donc trop de glycogène, d’où l’augmentation du stockage.

Si dans la majorité des cas les chevaux atteints ne présentent pas de signes, l’épuisement du muscle suite au stockage excessif prédispose tout de même à l’apparition de coup de sang chez le cheval, ce qui peut s’avérer très débilitant par la suite pour le cheval. De nombreux autres problèmes peuvent également survenir, tels que la myopathie, des coliques à répétitions, des raideurs…

Les signes cliniques ainsi que la gestion de la maladie et ce qui en découle sont des processus compliqués, et feront l’objet d’un article détaillé.

Importance en élevage

Comme nous l’avons montré précédemment, la PSSM de type 1 a une origine génétique. Elle peut donc être transmise à la descendance. Et comme si cela ne suffisait pas, l’allèle muté est dominant, ce qui signifie qu’un cheval hétérozygote (donc portant un allèle « sain » et un allèle « muté ») peut être atteint. Et ce qui signifie aussi qu’il suffit que l’un des deux parents soit porteur pour le transmettre à la descendance : dans ce cas, vous aurez 50% de chance pour que votre poulain soit atteint par la PSSM.

En conséquence, c’est un élément important à prendre en considération en élevage. Aujourd’hui, nombre d’éleveurs se doivent de préciser que leur étalon ou leur jument a été testé négative à la PSSM1 de manière à informer les gens sur la qualité du poulain, et à limiter la propagation de cette maladie. Même si on a coutume de dire que les chevaux les plus touchés sont les chevaux américains (Quarter Horse notamment), les chevaux de trait et les chevaux de sang, la PSSM est en réalité présente chez de nombreuses races de chevaux et de poneys.

La PSSM est très présente chez les chevaux de trait

L’idéal serait donc de ne jamais faire reproduire de chevaux possédant cette mutation. Toutefois, si de plus en plus d’étalons sont testés et retirés de la reproduction lorsqu’ils sont porteurs, ce n’est que rarement le cas pour les juments, et notamment chez les particuliers !

Et pour cause, beaucoup de particuliers souhaitent faire reproduire leur jument non pas pour l’élevage en tant que tel ni pour la vente de leur produit, mais bien pour garder « une trace » de leur jument préférée. Et si le test en question n’est pas si cher (40€ environ) comparé au reste des dépenses engendrées par la naissance d’un poulain, cela peut rester un frein pour de nombreux propriétaires.

Enfin, il faut avouer que cette maladie est encore trop peu connue et trop peu diagnostiquée. Bien des particuliers (et même certains éleveurs) n’en ont jamais entendu parler ou minimisent les risques, et continuent donc de faire reproduire des chevaux atteints.

 

La PSSM aujourd’hui

On considère donc aujourd’hui que la PSSM peut toucher à peu près toutes les races de chevaux et de poneys. Elle est davantage connu chez les chevaux américains, car la connaissance de cette maladie est bien plus ancienne là bas que chez nous.

Il est fort probable que la quantité de chevaux porteurs de PSSM1 soit largement sous-évaluée en France et en Europe du fait de la nouveauté de ces tests.

A l’heure actuelle, on parle énormément de la PSSM en élevage. Le nombre de chevaux touchés est pourtant relativement variable et difficile à déterminer. Une étude américaine réalisée en 2007 estime que 6 à 12% des Quartes Horses aux Etats Unis sont porteurs de PSSM1 alors que ce nombre atteint 80% chez le Trait Comtois selon une autre étude. Depuis, il est possible que ce pourcentage ait encore diminué compte tenu des mesures prises pour retirer de la reproduction les chevaux porteurs.

Toutefois, si la maladie fait si peur aux éleveurs ainsi qu’aux acheteurs, c’est que les conséquences, même si elles sont assez rares, peuvent être graves.

Grâce aux nouveaux tests génétiques disponibles, il est désormais possible de savoir pour n’importe quel cheval s’il est porteur de la maladie ou non. C’est donc un véritable atout pour la prévention de cette maladie ! Si l’on en parle donc autant aujourd’hui, c’est dans l’espoir que cette maladie soit en quasi totalité éradiquée demain: si les chevaux porteurs ne se reproduisent plus, les poulains seront sains également, et la proportion de chevaux atteint diminuera au fil des générations.

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Commentairess 14

  1. Aurore 9 mars 2017
    • Lucare 9 mars 2017
    • Carine Courtain 26 septembre 2018
  2. pipaud 9 mars 2017
    • Lucare 9 mars 2017
      • Aurore 12 mars 2017
  3. GOBLET Annick 9 mars 2017
  4. roux 9 mars 2017
  5. eva 12 juillet 2017
    • kawelo 15 juillet 2017
  6. Avenel 10 octobre 2018
    • kawelo 11 octobre 2018
    • Séverine 7 novembre 2018
      • kawelo 8 novembre 2018