La Myopathie Atypique Équine


Si vous êtes propriétaire ou même juste cavalier, vous avez certainement entendu parler de la Myopathie Atypique Equine : une maladie grave et de plus en plus fréquente qui fait des ravages en automne principalement. Alors aujourd’hui, on vous l’explique !

Quelle est la cause de la myopathie atypique équine ?

La myopathie atypique est une maladie de pâturage qui est causée par l’ingestion de graines ou de plantule d’érable sycomore.

En automne, ce sont les samares, contenant les graines, qui tombent au sol et que les chevaux ingèrent en même temps que l’herbe. Au printemps, le problème vient davantage des jeunes plantules qui poussent dans les champs. L’eau en contact, ruisselant sur les plantules ou les fleurs peut également transmettre la maladie

L’érable sycomore Acer pseudoplatanus produit en effet une toxine, appelé Hypoglycine A, qui est concentrée dans les graines et les plantules et qui est responsable de la maladie chez le cheval. Cette toxine est ensuite métabolisée en un autre composé toxique : le MCPA-CoA qui perturbe le métabolisme et le transport des lipides.

On fera particulièrement attention lors de pluies et vents violents qui vont disséminer les samares jusqu’à plusieurs centaines de mètres autour de l’arbre et arroser les plantules.

Tous les érables ne sont pas responsables de la production de cette toxine, il est donc essentiel de bien savoir les différencier

Érable sycomore (Acer pseudoplatanus)

Erable champêtre (Acer campestre)

Erable plane (Acer platanoides)

Les symptômes de la maladie

Le cheval s’intoxique en broutant des plantules ou des samares

Le gros problème de cette maladie est que son évolution est très très rapide et très grave : à l’heure actuelle, 75% des chevaux qui en ont atteints décèdent en 48 à 72h

La toxine empêche en effet les muscles d’utiliser les lipides comme énergie, et provoque donc des défaut de contraction de certains muscles essentiels : muscles de la posture, muscles de la respiration, ou muscle cardiaque (entraînant ainsi un arrêt respiratoire ou cardiaque)

Très souvent, elle est responsable d’une mort « brutale » au champ : le propriétaire retrouve son cheval mort le matin sans avoir vu de symptômes préalables la veille

Malgré tout, lorsque l’on arrive suffisamment précocement, certains signes permettent de suspecter une atteinte du cheval par la Myopathie Atypique. On retrouve notamment :

  • Emission d’urines foncées ;
  • Muqueuses buccales et oculaires rouges ;
  • Faiblesse : cheval couché sur le côté, incapable de se relever ;
  • Raideur de l’arrière, voire de tous les muscles ;
  • Tremblements, transpiration ;
  • Augmentation de la fréquence cardiaque ;
  • parfois troubles respiratoires, coliques, …

En revanche, la plupart du temps, la température rectale du cheval est normale (parfois légèrement diminuée), et bien souvent l’appétit est conservé, certains chevaux ont même tendance à manger encore davantage.

Si vous constater l’un ou plusieurs de ces symptômes, il est important d’appeler immédiatement un vétérinaire en urgence !

Traitement contre la myopathie atypique

Bien entendu, si vous suspectez une maladie chez votre cheval, la première chose à faire est d’appeler votre vétérinaire.

En attendant le vétérinaire …

Une fois que le vétérinaire est prévenu, certains gestes peuvent permettre de gagner du temps et d’améliorer le pronostic vital du cheval.

Premièrement, vous devez absolument limiter les mouvements du cheval : en effet, en le faisant marcher, vous réclamez de l’énergie à ses muscles pour fonctionner, hors actuellement, il n’en a plus, et chaque mouvement détruit son muscle un peu plus. On se contentera donc du minimum, le mettre à l’abri, dans un endroit propre et calme, si c’est réellement nécessaire. Si le cheval veut se coucher, il n’est pas utile de l’en empêcher, au contraire.

Si la température rectale diminue, ou si la sudation est très intense, vous pouvez le couvrir et le réchauffer : à nouveau, se réchauffer lui coûte énormément d’énergie, il est donc préférable de l’aider pour lui éviter une dépense trop importante.

Si le cheval a de l’appétit, et qu’il semble déglutir correctement, vous pouvez lui donner à manger. Vérifier à l’avance en donnant une poignée d’herbe, si vous n’observez pas de rejet ou de jetage vert, c’est qu’il mange normalement. Dans ce cas, proposez-lui de l’eau sucrée, afin qu’il utilise les glucides comme énergie (puisqu’il ne peut plus utiliser ses lipides …) ainsi que des poignées de concentrés, par petite quantités.

Pour aider le diagnostic et les examens du vétérinaire, vous pouvez, si l’occasion se présente, recueillir des urines.

 

Un traitement ?

Malheureusement, on ne connait à ce jour aucun traitement efficace contre cette maladie : aucun antidote n’a encore été trouvé contre cette toxine.

L’objectif du traitement est donc de maintenir le cheval et d’améliorer son confort en attendant qu’il élimine la toxine de lui-même. C’est donc un traitement compliqué, et dont l’échec n’est pas rare …

On administre en général au cheval des perfusions de glucose, afin que ses muscles puisse l’utiliser préférentiellement à la place des lipides. Des apports de vitamines et de charbon aidant le cheval et permettant d’absorber la toxine plus rapidement sont également possibles.

 

La Myopathie Atypique Equine est donc une maladie très grave et en incidence croissante ! Il est important pour le propriétaire d’en reconnaître les signes le plus rapidement possible. Le meilleur des traitements reste la prévention : si vous en voyez près de chez vous, demandez à faire couper les érables sycomores.