La fourbure : la comprendre, la soigner, la prévenir

Bien connue de tous les propriétaires et pourtant souvent sous-estimée, la fourbure est une des pathologies les plus dangereuses et les plus douloureuses pour le cheval. C’est une maladie du système vasculaire du pied dont les dégâts sont irréversibles et les récidives chaque fois plus dangereuses pour le cheval.

La fourbure est notamment considérée comme la deuxième plus courante cause de mortalité chez le cheval, juste derrière les coliques.

 

La fourbure : qu’est-ce que c’est?

Inflammation du pied

Schéma de la structure du pied du cheval

Schéma de la structure du pied du cheval (cliquez pour agrandir)

La fourbure correspond en fait à une réponse inflammatoire des structures lamellaires du pied du cheval. Bien que les mécanismes conduisant à la fourbure soit compliqués et mal connus, il est possible d’expliquer en grande partie ce qu’il se passe dans le sabot du cheval.

En temps normal, les structures de la face interne du sabot, le kéraphylle, et celles qui recouvrent le sabot, le podophylle, adhérent ensemble. Cette très forte adhésion est responsable de la cohésion des structures internes du sabot telles que la 3ème phalange, les tendons, les ligaments. En cas de fourbure, il y a une inflammation du podophylle, créant alors un oedème des structures lamellaires réduisant ainsi l’apport sanguin dans celle-ci et pouvant, à terme, provoquer une rupture des liaisons qui l’unissent au kéraphylle. A la suite de cela, les structures internes du pied se retrouvent désolidarisées de la paroi interne du sabot, et la 3ème phalange, non soutenue par l’ensemble des feuillets se déplace sous l’effet du poids du cheval et des pressions exercées sur le sabot. Lorsque celle ci n’est plus dans l’axe du sabot, on parle de basculement de la 3ème phalange.

Cette explication, appelée cause vasculaire, coexiste avec les causes enzymatiques et mécaniques. Des traumatismes directs ou des surcharges des membres (cause mécanique) ou la production de facteurs de déclenchement (cause enzymatique) peuvent également provoquer la détérioration des liaisons entre kéraphylle et podophylle, et donc la fourbure.

Une fourbure non soignée peut provoquer la chute du sabot : celui-ci se détache complètement du pied et tombe. Dans ce cas, la seule issue possible est l’euthanasie.

La fourbure touche, selon les circonstances, les deux membres antérieurs, 1 seul membre ou, plus rarement, les 4 pieds. Dans tous les cas, elle provoque une boiterie aiguë.

 

Causes et origines

Les causes de la fourbure ne sont à ce jour encore pas parfaitement connues mais de nombreux facteurs sont prédisposant.

  • Une alimentation trop riche est certainement la plus grande cause de fourbure chez le cheval. Cela peut être dû à une ingestion de grains, tels que l’orge, le blé ou l’avoine, en trop grande quantité qui provoque la fourbure dans les 12 à 18h qui suivent l’ingestion. Ce type de fourbure est très dangereux et dégénère rapidement.
    L’embonpoint et l’ingestion d’herbe trop riche lors de la mise au pré au printemps
    par exemple, est également un facteur favorisant la fourbure.
  • Un travail excessif sur sol dur ou du surmenage provoquent notamment des commotions répétées sur le pied et sont responsables de cas de fourbure (cause mécanique). C’est pour cette raison que les chevaux d’endurance sont régulièrement sujets à la fourbure.
  • Certaines maladies produisant des toxines dans l’organisme peuvent également provoquer une fourbure (cause enzymatique). Ce sont ces mêmes toxines qui sont à l’origine des fourbures liées au poulinage. En effet, lorsqu’une jument délivre mal le placenta, une infection peut se déclarer dans l’utérus de la jument et libérer ces toxines.
  • L’absorption d’eau froide par un cheval en sueur peut également provoquer une fourbure.

 

Les chevaux touchés

Tous les chevaux peuvent être touchés par la fourbure, de tous les âges, toutes les races. Toutefois, pour les raison évoqués précédemment, les chevaux d’endurance ainsi que les poneys ou chevaux souffrant d’embonpoint sont davantage touchés par la fourbure. Il a également été remarqué que les Percherons, sensibles aux conséquences d’un poulinage qui s’est mal passé et soumis à une charge plus importante sur les membres sont régulièrement sujets à la fourbure.

Des études ont cependant montré que l’âge, la race, le sexe, ou l’activité n’ont pas de réels liens avec la fourbure.

 

Signes cliniques et traitement

Il est important de repérer rapidement un cheval en fourbure afin de le traiter et le soulager le plus rapidement. La douleur étant extrêmement forte pour le cheval, un vétérinaire doit être appelé de toute urgence.

Symptômes

La fourbure est très reconnaissable à la posture que prend le cheval atteint : il se tient très en arrière, sur les talons et reporte son poids sur les postérieurs

Posture caractéristique d'un cheval fourbu

Posture caractéristique d’un cheval fourbu

Lorsqu’un seul des membres est touché, le cheval ne prend pas nécessaire cette position mais il reporte tout son poids sur les autres membres. En revanche, un cheval dont les 4 membres sont touchés restera couché et ne voudra pas se lever pour soulager la douleur.

En dehors de cette posture caractéristique, le cheval aura également les pieds chauds et présentera une douleur en pince. Un cheval atteint de fourbure transpire davantage et ses rythmes cardiaque et respiratoire seront également augmentés.

Lorsqu’une fourbure est très avancée, le sabot peut saigner au niveau de la couronne. Ce saignement est dû à la séparation du sabot de l’ensemble du pied. Lorsque le détachement est amorcé, le pronostic vital du cheval est engagé et peu de chevaux en reviennent !

 

Traitement

Euipalazone injS’il y a suspicion de fourbure, il est nécessaire d’appeler le vétérinaire en urgence !

Cette maladie évolue très rapidement et peut être fatale si elle n’est pas traitée. Le vétérinaire administre alors en premier lieu des anti-inflammatoires afin de réduire l’oedème et favoriser le flux sanguin dans le sabot.

En attendant le vétérinaire, il peut être conseillé de plonger les pieds dans un bain d’eau froide afin de soulager la douleur. Il faudra également mettre le cheval à l’abri, au box, avec une faible quantité de nourriture et d’eau, mais sur un gros lit de paille ou de sable : en somme, un sol mou, et juste de quoi occuper le cheval!

Le maréchal-ferrant peut également intervenir sur avis du vétérinaire afin de poser une ferrure spéciale qui limitera les conséquences de la fourbure et aidera à la convalescence.

 

Prévenir la fourbure

« Mieux vaut prévenir que guérir ! », tout le monde connait, mais cette expression s’applique à la perfection à la fourbure !

Parce que les chevaux ayant été touchés par la fourbure sont à l’avenir plus sujets à des récidives et parce que celles-ci sont chaque fois plus importantes, il est nécessaire de prévenir la fourbure.

Pour cela, rien de mieux que de traiter le problème à sa source, à savoir limiter l’obésité du cheval qui est l’une des plus grandes causes de fourbure. Il faudra également penser à conserver des rations adaptés et surveiller l’alimentation des chevaux : faites attention à ce que la graineterie ne soit jamais accessible aux chevaux, pour éviter les orgies de grains destructrices.

Distribuer de l’eau tiède après une séance où le cheval à transpirer et fractionner la distribution.

Pour éviter les fourbures dites « de parturition », vérifier que l’ensemble de placenta a bien été délivré par la jument lors du poulinage et qu’aucune infection ne se déclare dans les 12h qui suivent.

 

Pour aider le traitement ou prévenir la fourbure, il existe des mélanges de granulés spéciaux pour la fourbure. Certaines plantes peuvent aussi aider dans des cas de fourbure, notamment l’ortie séchée qui peut être rajoutée à la ration et qui favorise la circulation sanguine. Il est possible également d’utiliser du gaillet gratteron, des baies d’églantier, des feuilles de cassis ou de groseillier, des feuilles de bouleau blanc, de l’ail, du pissenlit, mais aussi des feuilles de saule ou de frêne pour soulager l’inflammation et la douleur.

 

Il est donc très important non seulement de prévenir la fourbure mais également de distinguer les signes annonciateurs et enfin de savoir la traiter rapidement pour limiter les dégâts que celle-ci peut causer.

En cas de traitement complémentaire, n’oubliez pas d’en parler avec votre vétérinaire pour être sûr de ne pas faire plus de mal que de bien!

 

Source : Merlin Vet Export

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Commentairess 3

  1. melissapinto 9 janvier 2015
    • kawelo 8 avril 2016
  2. Amély 3 novembre 2017