J’ai testé pour vous… la coprologie !


Vous le savez, les chevaux sont particulièrement sensibles aux parasites internes. Pour lutter contre les vers, beaucoup de propriétaires pratiquent la vermifugation systématique, et administrent ainsi un vermifuge tous les 3 à 6 mois à leurs chevaux.

Ce faisant, ils pensent que leur cheval est débarrassé de tous ses parasites internes. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Les limites de la vermifugation systématique

Eh non, pas forcément !

S’il est vrai que chaque espèce de ver a ses petites préférences, notamment en terme de saison, cela ne signifie pas que votre cheval sera infesté par tous les parasites internes du moment, ni même qu’il n’en accueillera pas d’autres en plus.

En d’autres termes, il est possible que vous vermifugiez pour des vers que votre cheval n’a pas, et que vous ne traitiez pas les parasites qu’il a. Un peu dommage, non ?

Quand on sait qu’un vermifuge n’est pas anodin, et que les parasites peuvent développer une certaine résistance aux molécules du produit (le rendant ainsi moins efficace), il est tentant de faire l’impasse sur la vermifugation.

Pour autant, priver votre cheval de vermifuges n’est pas non plus une solution : il ne faut pas oublier que les parasites internes sont un réel danger pour nos amis équins.

Vermifuger ou pas alors, que faut-il faire ?

 

A la découverte de la copro !

Puisqu’il n’est pas bon de vermifuger un cheval systématiquement, et qu’on ne peut pas non plus le laisser se faire envahir, l’idéal est donc de ne vermifuger que si le cheval en a besoin, et seulement pour les parasites dont il est atteint.

Il existe pour cela une solution idéale : la coprologie (ou coproscopie) !  J’en avais déjà entendu parler, mais je ne l’avais jamais pratiqué… jusqu’à il y  a peu. Et honnêtement, je trouve ça super et regrette de ne pas m’y être mise plus tôt.

Qu’est-ce que la coproscopie ?

La coproscopie (« copro », pour les intimes :p) c’est tout simplement l’analyse d’excréments en vue de découvrir et identifier des parasites.

En gros, il s’agit de faire analyser les crottins de votre cheval pour savoir quel(s) parasite(s) s’y loge(nt). Vous aurez ensuite toutes les clés en main pour décider de votre protocole de vermifugation.

Concrètement, voilà comment ça se passe :

Etape 1 : ramasser les crottins

En premier lieu, vous allez devoir ramasser des crottins de votre cheval.

Attention, il doit impérativement s’agir des crottins les plus frais possible, et idéalement ni ceux qui ont touché le sol ni ceux qui sont restés trop longtemps à l’air libre.

Pour ma part, j’ai attendu dans le pré le temps qu’il a fallu, et lorsque ma jument a fait son crottin je me suis dépêchée de le ramasser à l’aide d’un sac congélation.

Petit conseil : retournez le sac de congélation et mettez votre main dedans (à la manière d’un gant). Saisissez ensuite quelques boules de crottin et retournez le sac avec votre main libre. Vos deux mains sont propres et le crottin frais est bien au fond du sac.

Pensez à bien retirer l’air du sac et à le fermer avec un noeud. Notez ensuite le nom de votre cheval sur le sachet, ainsi que la date du prélèvement.

Etape 2 : envoyer le crottin au laboratoire qui va réaliser la coproscopie

Deuxième étape : envoyer le crottin fraîchement récolté au laboratoire que vous aurez sélectionné pour qu’il puisse effectuer l’analyse. Attention, tous les laboratoires ne proposent pas cette prestation. Pensez à vous renseigner au préalable !

Pour cela deux solutions :

  • Soit vous avez la possibilité de vous déplacer et de l’apporter directement sur place : c’est la solution idéale car le crottin est ainsi plus frais, et les résultats arriveront généralement plus rapidement ;
  • Soit vous n’avez pas de laboratoire à proximité, auquel cas vous devrez vous rendre à La Poste et envoyer votre crottin par collissimo. Choisissez les délais de livraison les plus courts possible.

A noter que vous pouvez également passer par un vétérinaire, qui transmettra ensuite au laboratoire, mais en ajoutant un intermédiaire le prix augmente forcément.

A titre personnel, nous avons la chance d’avoir un laboratoire à environ 15 minutes de l’écurie, ce qui nous a permis d’apporter tous les crottins en un temps record. Du frais de chez frais ! Et nous n’avons payé que 12€ par cheval pour l’analyse.

Astuce : si vous ne pouvez pas l’envoyer de suite, conservez-le au frigo !

Etape 3 : analyser les résultats

Quelques jours plus tard (nous avons dû attendre 48, mais les délais peuvent être plus longs), vous recevrez les résultats de l’analyse par courrier électronique ou postal.

Selon les résultats obtenus, vous pourrez ainsi choisir si vous devez ou non vermifuger votre cheval, et quel molécule utiliser le cas échéant. Si vous avez un doute, référez-vous à votre vétérinaire. Ce sera de toute façon vers lui que vous devrez vous tourner pour obtenir le vermifuge si vous avez choisi cette option.

Pour ma part, j’ai eu la joie de découvrir que ma jument n’avait pas le moindre parasite. Si personnellement je n’ai par conséquent pas eu besoin de recourir à la vermifugation cette fois-ci, les autres propriétaires n’ont pas eu cette chance. Nous avons d’ailleurs pu remarquer que nos chevaux n’étaient pas tous affectés par les mêmes vers, ni d’ailleurs dans les mêmes quantités.

Il a ainsi été possible de traiter tous les chevaux au cas par cas, au lieu de recourir à un vermifuge qui se serait avéré inutile pour une partie d’entre eux.

 

Pour ma part c’est décidé, je ferai désormais une copro avant chaque vermifuge afin de pouvoir traiter ma jument efficacement ! Et vous, vous faites comment pour vermifuger vos chevaux ? Vous avez déjà tenté la copro ?