J’ai testé pour vous : l’archerie montée


L’archerie montée est une discipline peu connue et peu pratiquée par les cavaliers français. Passionnée d’équitation depuis l’enfance, j’ai découvert pendant l’adolescence le tir à l’arc. Précision, calme, concentration, j’ai toujours trouvé ces deux disciplines très proches l’une de l’autre, sans pour autant pouvoir allier les deux.

J’étais persuadée que tirer à cheval n’était possible que dans les films de cape et d’épée et que cette discipline ne pouvait se pratiquer en tant que loisir comme le saut d’obstacles. Et pourtant, c’est au Gite de la Chorette (59) que j’ai pu découvrir que rien n’était impossible.

 

Le stage

A mon arrivée au Gite de Chorette, j’ai pu faire la connaissance du formateur Thierry Descamps. Passionné par le tir et les chevaux, c’est avec des étoiles dans les yeux qu’il nous explique toute la complexité de sa discipline.

Mais avant tout, il nous présente le matériel adéquat pour le tir à cheval :

  • Le cheval

Un bon cheval pour pratiquer le tir ne doit répondre qu’un seul critère : le calme.

Contrairement à de nombreuses disciplines, aucune race n’est prédisposée pour l’archerie équestre, seul le tempérament est à prendre en compte. Il doit être capable de comprendre vite que l’arc et les flèches ne sont pas une menace pour lui. Le cavalier doit avoir suffisamment confiance en sa monture pour lâcher les rênes et galoper en ligne droite sans craindre un écart ou une aucune variation de l’allure.

En compétition, les archers préfèrent apparemment les petits chevaux car leurs foulées sont plus régulières. Mon formateur, Thierry Descamps, recherche principalement des Haflinger.

  • L’arc

L’autre élément indispensable est l’arc. Tous les arcs que l’on peut trouver dans le commerce ne peuvent être utilisés pour l’archerie montée. Les arcs de type coréen, mongole et hongrois sont adaptés pour le tir à cheval.

  • La selle hongroise
Selle hongroise

Selle hongroise

Autre accessoire utile mais non indispensable : la selle hongroise. Cette selle est parfaitement adaptée pour cette discipline car elle permet de se mettre plus facilement en équilibre. Toutefois elle est très inconfortable lorsque l’on est assis. Elle ajoute également une touche d’authenticité lors de représentations et de spectacles.

Suite à la présentation du matériel, s’en suivit alors une séance de tir à l’arc à pied, même si cela peut d’avérer frustrant de venir pour monter à cheval, pas question d’en approcher un ce matin là.

Thierry a alors expliqué les différentes positions de tir, comme si j’étais à cheval. Il existe trois positions de :

  • Le tir «  standard », perpendiculaire à la cible, le bras tendu, la position naturelle lorsque l’on tire à l’arc.
  • Le tir d’attaque, qui correspond à tirer face à soi, « entre les oreilles du cheval », un tir complexe car plus stressant pour le cheval lors de l’apprentissage.
  • le tir vers l’arrière, tourné vers la croupe.

Une fois la session à pied terminée, Thierry part préparer un cheval dressé pour pouvoir nous faire une démonstration de cette discipline à cheval. Puis cela a été à notre tour d’essayer, et comme je le pensais, l’exercice est vraiment difficile à réaliser.

Non seulement il faut réussir à tirer en mouvement, ce que je n’avais jamais fait auparavant, mais surtout il y a une notion d’équilibre, presque poussée à l’extrême qui n’est vraiment pas évidente à maitriser. Ce n’est pas une position que l’on apprend en cours, il faut donc plusieurs essais avant de réussir.

 

Contrôle de son propre équilibre

La particularité de cette discipline est la position du cavalier. Il faut avoir un contrôle parfait de son équilibre. Il est évident, comme toutes disciplines équestres, que l’équilibre du cheval est également primordial. Sans un bon équilibre, le galop ne pourra être régulier. Thierry mettait réellement l’accent sur cette notion d’équilibre car sans cela, le tir sera encore plus compliqué.

Quand on me parlait de mettre en équilibre, je pensais tout de suite à la position pour l’obstacle, se lever au dessus de ma selle, bien audessus de mes pieds pour accompagner le saut qui ne dure que quelques secondes. Cependant pour le tir à l’arc, le cavalier doit être droit, presque debout, bien stable pour avoir un bon tir.

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Mais le plus dur dans cette position c’est de la maintenir. Pour parcourir une distance de 90 m au galop, Thierry Descamps met environ 21 secondes.

21 secondes où il faut rester en équilibre sans vaciller. Ca n’a pas l’air comme cela mais j’ai pu me rendre compte que ce n’est vraiment pas évident, bien au contraire, je devais réussir à tenir les 3 – 4 secondes avant de devoir me rassoir dans la selle. Le plus compliqué a tout de même été de devoir faire pivoter le bassin autour des cibles tout en restant en équilibre. C’est un exercice difficile mais vraiment intéressant à mettre en place.

 

Le même à la maison

J’ai adoré cette journée de stage, c’est une discipline vraiment particulière et qui peut améliorer beaucoup de choses chez le cavalier comme chez le cheval. Là où je monte, il n’y a aucun archer. Le tir à cheval est une discipline inconnue.

L’arrivée avec mon arc en a étonné plus d’un. Ne pouvant évidemment pas tirer en manège avec d’autres cavaliers, j’ai essayé d’adapter certains aspects de cette discipline en exercice de tous les jours :

  • Le travail de mon équilibre sur une vingtaine de secondes en pivotant mon bassin vers la croupe;
  • Trotter et galoper en lâchant les rênes et en me mettant en équilibre ;
  • Désensibiliser mon cheval avec la cravache comme si c’était une flèche qui passe entre ses oreilles;

Tant d’exercices qui changent du quotidien et qui renforcent la relation avec le cheval, mais aussi une aisance à cheval différente depuis que j’ai rencontré ce sportif de haut niveau. Je suis ressortie grandie de cette expérience hors du commun et presque même hors du temps.

 

Sources :