Le cas du cheval qui trottine sans cesse


Il existe des chevaux très chauds qui prennent sans cesse la main et ont peur de tout, des chevaux qui ne répondent pas à la jambe… Mais aussi des chevaux qui trottinent sans cesse ! Et ce, que se soit en carrière ou en extérieur, qu’ils soient attelés ou montés.
Comment gérer ce type de cheval et lui éviter une fatigue inutile ?

Le trottinement : quelles en sont les causes ?

Le trot est l’allure que le cheval prend naturellement en liberté lorsqu’il se déplace sur de grandes distances, car il peut maintenir cette allure sur de nombreux kilomètres sans le fatiguer. En revanche, le trottinement lui, est extrêmement fatigant pour le cheval (comme pour le cavalier d’ailleurs !)

Cette allure un peu bâtarde se retrouve aussi bien chez les chevaux manquant de souplesse, que chez les chevaux près du sang ou même chez les chevaux paresseux ou fatigués.

Dans le premier cas, trottiner permet au cheval de moins solliciter ses hanches. Souvent, ces chevaux se traversent et tiennent leur encolure très haute.

Dans le second cas, le cheval trottine par excès de sang : il désire aller plus vite mais les actions de mains du cavalier l’empêche de prendre le trot : il tombe alors dans le trottinement. Ce problème peut également se rencontrer chez tous types de chevaux, sur le chemin de retour d’une promenade : le cheval sent qu’il approche de l’écurie, accélère pour y arriver plus vite et se heurte à la main du cavalier qui l’empêche de prendre un trot délié. Il tombe alors dans le trottinement.

Dans le dernier cas, le cheval trottine parce qu’il a du mal à maintenir un pas suffisamment délié, et tomber dans un petit trot est donc une solution de facilité pour lui permettre de couvrir la distance. On retrouve le plus souvent ce cas dans les reprises et promenades collectives, généralement pour rattraper le cheval qui le précède.

En balade collective, les chevaux à l'arrière ont tendance à chauffer davantage et essayent de rattraper les autres en trottinant ou en prenant le galop.

En balade collective, les chevaux à l’arrière ont tendance à chauffer davantage et essayent de rattraper les autres en trottinant ou en prenant le galop.

Toutes ces causes peuvent en outre se combiner : par exemple le cheval plein d’entrain en début de balade trottine pour aller plus vite, se fatigue en cours de séance et se remet à trottiner en fin de promenade par manque de condition physique et/ou par envie de rentrer plus rapidement à l’écurie.

Le cas du cheval qui trottine par excès de sang

Inutile de vous énerver face à un cheval qui trottine : il ne comprendrait pas. Inutile aussi de vous accrocher aux rênes pour essayer de le ralentir : vous allez lui donner un point d’appui et le mettre en déséquilibre vers l’avant… Ce qui favorisera le trottinement !

Pour régler ces problèmes, il va donc vous falloir reprendre les bases.

 Confort / Inconfort

La meilleure solution à mon avis est de jouer avec la notion de confort/inconfort.

Mettez votre cheval au pas tranquillement sur des rênes longues et, dès qu’il se met à trottiner, demandez-lui de travailler : que vous soyez en carrière ou en balade, vous pouvez exécuter de nombreux exercices : arrêt, épaules-en-dedans, reculer, slalooms entre les arbres... Si la place vous le permet, vous pouvez le mettre sur un cercle au trot en lui demandant une incurvation et en évasant/raccourcissant la taille du cercle.

Votre cheval commence à trottiner ? Mettez-le dans un trot actif et enchaînez les exercices. Repassez au pas rênes longues dès qu'il se calme.

Votre cheval commence à trottiner ? Mettez-le dans un trot actif et enchaînez les exercices. Repassez au pas rênes longues dès qu’il se calme.

Dès que le cheval se calme, repartez au pas rênes longues en le félicitant. Le but du jeu est de lui faire comprendre que lorsqu’il se comporte bien vous ne l’embêtez pas, et qu’il va devoir travailler dès qu’il se mettra à chauffer.

Recommencez autant de fois que nécessaire.

Demandez peu, récompensez beaucoup

Dans un premier temps, faites des séances courtes et félicitez-le dès qu’il se calme : caresse, rênes longues, pause « brouting »… Il va petit à petit comprendre qu’il a tout intérêt à rester calme car il va se retrouver dans une « zone d’inconfort » dès qu’il commencera à trottiner. Petit à petit vous pourrez allonger la durée des séances !

Lui réapprendre l’arrêt

Les chevaux prêts du sang n’aiment pas rester arrêtés longtemps, surtout en balade. Or, lorsqu’il sera parfaitement acquis, l’arrêt devrait au contraire lui évoquer le calme, le confort.

Dans un premier temps, réapprenez-lui l’arrêt en main. Donnez-lui une carotte ou caressez-le dès qu’il s’arrête, puis repartez au pas ou sur d’autres exercices. Prolongez peu à peu la durée de l’arrêt. Lorsque ce sera parfaitement acquis en main, procédez de la même manière monté en carrière, puis en extérieur.

Dès qu’il s’énerve, repartez sur des exercices (reculer, épaules-en-dedans…) puis redemandez l’arrêt et félicitez-le.

L'arrêt rênes longues doit devenir un moment de calme et de plaisir, et non une source de stress.

L’arrêt rênes longues doit devenir un moment de calme et de plaisir, et non une source de stress.

 Le travail en groupe

Lorsque votre cheval sera serein seul, vous pourrez prendre le taureau par les cornes et demander à d’autres cavaliers de vous accompagner.

Dans un premier temps, choisissez des cavaliers compréhensifs aux montures calmes, qui accepteront de vous attendre et de s’arrêter en cas de besoin. L’important n’est pas de partir loin ni de faire une vraie balade, l’important est de parvenir à faire comprendre à votre cheval qu’il doit rester calme en toute circonstance !

Ensuite seulement vous pourrez commencer à faire des balades un peu plus « rigolotes », en y introduisant du trot et du galop !

Le cas du cheval trottine par facilité

Si votre cheval n’a pas un bon pas ou manque de souplesse (les deux pouvant être liés), il se mettra naturellement à trottiner pour couvrir la distance, par facilité. Dans ce cas, il vous faudra faire un grand travail sur le plat afin d’améliorer la qualité de son pas (notamment son amplitude) et d’assouplir votre cheval.

Voici quelques pistes de travail :

  • Mettre le cheval sur un cercle au pas en accentuant l’incurvation de manière à bien l’étirer. Répéter cet exercice régulièrement et aux deux mains, en insistant sur son côté faible.
  • Aborder le travail latéral, et notamment les épaules-en-dedans et contre-épaules-en-dedans.
  • Utiliser les extensions d’encolure (vers l’avant et sur les côtés) pour bien étirer la ligne du dessus.
  • Faire des allongements dans l’allure : demander un pas moyen puis allongez sur quelques foulées et revenez au pas moyen. Au fur et à mesure, demandez le pas allongé sur un nombre croissant de foulées. Dès que le cheval se met à trottiner, arrêtez-le et recommencez l’exercice. Vous pouvez également lui demander quelques pas de reculer après l’arrêt si votre cheval sait reculer à la demande, afin de reporter son poids vers l’arrière-main.
    Si besoin, aidez-vous de barres au sol dans un premier temps.

Tous ces exercices peuvent être réalisés aux trois allures, mais privilégiez le pas : moins fatigant et stressant pour le cheval, il vous permettra en outre d’améliorer directement la qualité de cette allure.

Et n’oubliez jamais que, dans un premier temps, il ne faut pas « ratatiner » votre cheval mais bien le délier : inutile de lui demander un placé haut par exemple, mieux vaut une attitude plus basse et détendue.

Recherchez une attitude basse et décontractée afin d'étirer sa ligne du dessus.

Recherchez une attitude basse et décontractée afin d’étirer sa ligne du dessus.