Entretien du vieux cheval (2) : que faut-il faire ?


Nous faisions le point il y a peu sur les maladies du vieux cheval, avec quelques points essentiels à surveiller. Aujourd’hui, nous aborderons quelques points pratiques pour s’assurer de la bonne santé de son « papy » !

La surveillance du cheval

Une surveillance rapprochée, comme chez tous les chevaux, mais davantage dans le cas des vieux chevaux est nécessaire pour s’assurer de son bon état de santé.

Un article tout spécifique sur quelques points essentiels est disponible ici afin de vous aider, mais voilà un petit rappel :

  • Attitude du cheval : il doit être alerte, avoir de l’appétit
  • Etat du poil : si le poil est piqué, ou terne, cela peut être le signe d’infestation parasitaire interne ou externe, ou de maladie
  • Crottins : pas trop liquides, ni trop secs
  • Température rectale : en théorie, entre 37.5 et 38.5°C
  • Muqueuses : elles doivent être roses et humides
  • Urines : claires, limpides (attention aux urines noires, pouvant être signes de myopathie atypique)

Les vieux chevaux demandent une attention toute particulière

En particulier chez les vieux chevaux

La peau et les poils

De nombreuses maladies du vieux cheval affectent la peau. C’est le cas par exemple de la dermatophilose, communément appelée « gale de boue« , qui peut toucher tout le corps, très fréquente chez les vieux chevaux.

On retrouve également souvent une infestations par les parasites externe, et notamment les poux, des tumeurs (mélanomes et carcinomes épidermoïdes), dont la détection précoce améliore le pronostic.

Pensez également à la maladie de Cushing, qui détériore la perte des poils.

Les pieds

Il est important de surveiller les pieds de ces chevaux, même s’ils ne sont plus montés. En effet, ils ont tendance à s’user moins vite que chez un cheval plus jeune, qui aura potentiellement une activité plus importante au pré.

Le risque d’un défaut de parage est de déséquilibrer le cheval et d’aggraver des douleurs d’arthrose par exemple. De plus, les vieux chevaux étant souvent au pré, ils sont plus à risque de seimes et abcès.

Suivi de l’état corporel

Les risques d’amaigrissement sont accrus chez les vieux chevaux du fait de maladies chroniques ou de problèmes dentaires. A l’inverse, les chevaux trop gros seront aussi à risque de fourbure ou de douleur articulaire par excès de poids. C’est pour ça que le suivi de l’état corporel du vieux cheval est un problème majeur.

La note optimale est de 2,5 à 3,5, que vous pouvez évaluer grâce à des grilles de notations, en sachant bien entendu qu’il est parfois normal qu’elle soit plus basse chez les vieux chevaux

Prise alimentaire

Comme dit précédemment, la prise alimentaire peut être affectée chez les vieux chevaux et causer un amaigrissement. Elle peut être modifiée par des difficultés à se déplacer, une hiérarchie modifiée (les vieux chevaux ayant tendance à être plus dominés, car parfois moins vifs face à des jeunes), des problèmes dentaires causant des difficultés de préhension ou mastication, ou simplement par une baisse d’appétit. 

Vérifiez donc bien que votre cheval mange et surtout, a accès à la nourriture !

Observer comment le cheval se couche et se relève

Problèmes respiratoires

Les vieux chevaux sont plus sensibles aux maladies infectieuses et notamment respiratoires. Il est fréquent de retrouver de l’emphysème pulmonaire chez ceux-ci.

De la toux, des difficultés respiratoires, ou la présence d’une ligne de pousse (le cheval force pour expirer son air) doivent vous alerter.

Douleurs locomotrices

Elles sont très fréquentes : il est important de bien observer les déplacements, comment il se couche et se lève et d’adapter ainsi sot alimentation grâce à d’éventuels aliments complémentaires ou l’ajout d’un traitement.

La peau des vieux chevaux est également plus fine et fragile, sur un cheval trop souvent couché, il faudra bien veiller à l’apparition d’escarres.

 

Des soins préventifs

Chez les vieux chevaux, quelques soins préventifs sont largement recommandés, davantage parfois que chez les chevaux adultes ou jeunes:

  • Une visite vétérinaire, complète et réalisée une à deux fois par an, voire plus fréquemment sur les plus de 30 ans et si le cheval présente des maladies chroniques ;
  • Des soins dentaires adaptés 1 à 2 fois par an également, ou plus si des problèmes dentaires sont connus ;
  • Un parage minimum 4 fois par an ;
  • Il peut être conseillée d’augmenter la fréquence des rappels de vaccins car  les vieux chevaux présentent une baisse d’immunité, le protocole est à adapter à votre cheval et à discuter avec votre vétérinaire, selon son état et les risques qu’il courre ;
  • La vermifugation doit être bien réalisée, à l’aide de coproscopies notamment, mais pas nécessairement plus fréquemment. Seul les chevaux atteint de Cushing sont plus sensibles, donc à surveiller !

 

Adapter son mode de vie

Une vie au pré est idéale

L’idéal pour un vieux cheval est une vie au pré, qui favorise le déplacement, et limite donc l’aggravation de l’arthrose et la fonte musculaire. La vie en groupe doit être assez stable afin de ne pas trop perturber la hiérarchie.

On fera particulièrement attention au éléments dangereux dans le pré, les vieux pouvant être moins alertes, ainsi qu’à la qualité des sols pour faciliter leur déplacement sans douleur

Bien entendu, l‘accès à l’eau et au fourrage doit être facile et vérifié régulièrement.

Une protection contre le vent, les intempéries et la chaleur doit être correcte. Les vieux chevaux présentent en effet une moins bonne régulation de la température car ils disposent de moins de réserves graisseuses. Des abris sont essentiels, et une couverture peut être ajoutée sur les chevaux qui perdent de l’état. Un masque est généralement à prévoir également pour protéger les yeux.

Des zones de couchage sur un sol sec, non glissant, plat sont à prévoir également.

Un travail adapté

Le travail n’est pas incompatible avec l’âge !

Vieux cheval ne rime pas forcément avec retraite au pré, au contraire !  Le travail, bien maîtrisé, peut être réellement bénéfique pour votre cheval.

En effet, un travail adapté permet limiter la fonte musculaire, favoriser la souplesses articulaire, et d’entretenir la fonction cardio-vasculaire, tout ceci réduisant notamment les douleurs liés à l’arthrose et les risques de dysfonctionnement cardiaques.

Attention toutefois, le vieux cheval présente une diminution de la capacité à réguler sa température, son travail nécessite donc des phases de récupération plus fréquentes. Evitez le travail par temps trop chaud et proposez-lui régulièrement de l’eau.

Enfin, le travail doit être régulier : les capacité d’adaptations du cheval sont réduites avec l’âge et la fonte musculaire est plus rapide. Il vaut donc mieux éviter les longues pauses entre deux séances et/ou les reprises brutales.

 

Les vieux chevaux nécessitent donc une attention toute particulière. Néanmoins, avec ces quelques points, vous pourrez faire vivre encore de belles années à vos petits vieux !

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