Entretien du vieux cheval (1) : quelles maladies ?


Avoir un vieux cheval à la maison, ce n’est pas toujours anodin, et la plupart nécessitent des soins relativement particuliers, selon leur état, leur pathologie, et leur environnement.

Aujourd’hui, nous faisons le point sur ses principales maladies : pourquoi ? quelles sont-elles ? comment les prévenir ? …

Le « vieux » cheval

Qu’est-ce qu’un « vieux cheval » ?

D’une manière générale, on parle d’un vieux cheval à partir d’un certain âge : 15 ans pour les chevaux, et 20 ans pour les poneys.

Bien entendu, chaque cheval est différent, et certains chevaux de 15 ans nécessiteront plus de soins qu’un autre de 20 ans. Il convient donc de bien connaître le cheval en question et d’être capable de déceler les signes de vieillissement qui vous feront mettre en place des mesures particulières : raideurs après ou avant l’effort, pertes de dents, amaigrissement, etc…

A noter également que tout n’est pas à accorder à la vieillesse ! Restez vigilant sur les maladies : ce n’est pas parce qu’il est « vieux » qu’il est normal qu’il maigrisse ou qu’il boîte, par exemple.

Pourquoi le vieux cheval est-il différent ?

Le « vieux » cheval ne s’entretient pas toujours de la même manière qu’un cheval adulte plus jeune, ou en tous cas dans la force de l’âge, pour plusieurs raisons.

D’abord parce que certaines pathologies comme nous le verront plus tard sont spécifiques au vieux cheval ou s’aggravent avec l’âge du cheval : elles nécessitent donc d’être davantage prises au sérieux.

Ensuite parce que le système immunitaire a tendance à s’affaiblir avec l’âge : comme chez l’homme, plus on vieillit, plus on est fragile et sensible aux infections. On prêtera donc une attention toute particulière aux vieux chevaux lorsqu’un virus ou une bactérie se propage dans une écurie ou lorsqu’il déclare de lui même une petite infection.

Les maladies les plus fréquentes chez le vieux cheval

Problèmes dentaires et digestifs

Les problèmes dentaires sont relativement fréquents chez les vieux chevaux : on retrouve notamment des pertes de dents, des déchaussement dentaires, de l’usure, des inflammation de la gencive…

Tous ces soucis peuvent altérer la prise alimentaire et la mastication : c’est une des causes fréquente d’amaigrissement chez le vieux cheval, il ne mange plus suffisamment parce qu’il a mal aux dents ou plus assez de dents pour mastiquer ses aliments. On peut le remarquer assez rapidement lorsque le cheval met plus de temps à manger que d’habitude.

Ces problèmes dentaires peuvent également être à l’origine de problèmes digestifs plus généraux tels que les bouchons œsophagiens : l’aliment étant moins mastiqué, il a tendance à moins bien passer dans l’œsophage et à stagner dedans, causant ainsi le bouchon.

Parmi les problèmes digestifs, on retrouve également les coliques, et notamment les impactions du colon et les obstructions de l’intestin liés à des lipomes pédiculés, fréquents et bénins chez les vieux chevaux, mais qui peuvent s’enrouler autour de l’intestin et provoquer une strangulation de celui-ci. Il s’agit d’une cause de chirurgie d’urgence chez le cheval.

Problèmes locomoteurs : boiteries et douleurs articulaires

En ce qui concerne les problèmes locomoteurs, la dominante pathologique chez le cheval est l’ostéo-arthrose.

L’ostéo-arthose correspond à une dégénérescence et une perte du cartilage articulaire. Le liquide synovial, présent pour lubrifier l’articulation, va dans ce cas produire des molécules capables de dégrader la matrice articulaire et donc d’éroder le cartilage. On a alors un épaississement des premières couches de tissu osseux, l’os sous-chondral.

Cette affection est responsable de douleurs à la mobilisation des articulations et notamment de boiteries, surtout à froid. Attention, la douleur ou la boiterie ne sont pas forcément proportionnelles à la gravité de la maladie.

L’idéal pour ces chevaux est une vie au pré ainsi qu’un bon suivi de maréchalerie (parage ou ferrure orthopédique).

Surveillez la respiration des vieux chevaux

Affections respiratoires

Concernant les problèmes respiratoires, la plus fréquente chez le vieux cheval est l’emphysème, ou maladie obstructive des voies respiratoires profondes.

Elle est souvent liée à une exposition répétée à un environnement poussiéreux et à des moisissures du foin. Les variations de températures sont également un facteur favorisant.

L’emphysème se caractérise le plus souvent par une toux petite et courte, associée à des difficultés respiratoires en phase aiguë.

Maladies endocriniennes

Chez le vieux cheval, on rencontre aussi très fréquemment la maladie de Cushing. On considère d’ailleurs que 30 % des chevaux de plus de 15 ans sont atteints.

Cette maladie correspond à un dysfonctionnement de l’hypothalamus et donc de la sécrétion hypophysaire, qui conduit à une production en excès de cortisol. En conséquence, on a chez le cheval atteint de Cushing un ensemble d’affections caractéristiques : défaut de perte de poils, fourbure, stockage anormal de graisse…

Une prise en charge précoce et correcte de cette maladie est essentielle pour limiter les problèmes secondaires et assurer une vie correcte aux chevaux atteints.

 

Maintenant que vous savez tout ou presque sur les maladies les plus courantes, nous verrons prochainement comment bien entretenir son vieux cheval.

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