La Doma india : l’art de murmurer à l’oreille des chevaux en Argentine


Je laisse aujourd’hui la parole à Marie O’Neill, auteur invitée qui nous a déjà concocté plusieurs articles consacré au cheval dans les cultures étrangères… Cette fois-ci, elle nous plonge dans l’univers des gauchos d’Argentine, et notamment de la Doma India.

 

L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, ce film avec Robert Redford et Kristin Scott Thomas, ça vous dit quelque chose ? Ça joue les cow-boys en plein milieu des paysages magiques du Nevada et ça soigne un cheval traumatisé façon chuchoteur. Et franchement ça donne envie de faire pareil.

La bonne nouvelle c’est qu’il s’agit très clairement d’un exercice à reproduire chez soi ! Plusieurs techniques existent et, parmi elles, on retrouve la doma india, un art et une philosophie bien argentines, plus particulièrement l’œuvre des fameux gauchos.

Avez-vous dit gaucho ?

Vous avez bien entendu. Ces hommes de cheval peuplent les pampas argentines et ont notamment pour mission de veiller sur le bétail. Mais ils sont aussi dresseurs de chevaux et, pour ce faire, ils usent de techniques spécifiques qui leur permettent de ne jamais avoir recours à la force.

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Bien au-delà d’une technique: une philosophie

Les gauchos sont plus sauvages que leurs chevaux et véhiculent des valeurs très fortes à la limite du mythe. Un peu comme la viande. Si vous partez en Argentine, tout le monde vous dira « quelle chance, la viande y est si bonne ». Oui parce qu’elle est vraiment « si bonne ». Les gauchos sont les sages des plaines argentines et représentent en ce sens un symbole de fierté pour le pays tout entier.

De leur sagesse, on tire l’osmose qui lie le gaucho qui pratique la doma india à son cheval. Il s’agit bien sur d’une technique de débourrage très efficace car elle instaure confiance et fidélité dans le couple. Cependant c’est beaucoup plus que cela. On retrouve dans la doma india le besoin viscéral de comprendre le cheval, de saisir son comportement, d’anticiper ses réactions de la même manière que le gaucho éprouve le besoin de comprendre la nature, l’univers.

Fonctionnement de la doma india

Il est difficile de décrire précisément les étapes du débourrage selon les préceptes de la doma india.

Tout commence à pied. C’est une danse de séduction, lente. Pour s’apprivoiser mutuellement, il faut y aller pas à pas. Patiemment, il faut créer des liens et chasser la peur de l’inconnu. Si chacun des sens est utilisé, le toucher l’est d’autant plus. On se parle et le langage corporel est primordial.

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Par la suite, on monte, on tente de ne former qu’un avec sa monture. Les mains n’agissent en rien, seules les jambes servent d’aides.

La leçon la plus importante est probablement la suivante : chaque cheval est différent et il faut donc adapter le domptage à chacun.

En France, le Haras de la Cense est l’endroit le plus réputé si vous souhaitez vous initier à l’éthologie, la science comportementale du cheval.

Voyager et vivre sur des airs de gaucho

Vous souhaitez vous rapprocher des gauchos ? La Fête nationale du Gaucho a lieu chaque année le 6 décembre. L’idée est de commémorer le Martín Fierro, l’œuvre mythique de José Hernandez, qui raconte la vie d’un gaucho et fut traduite dans plus de 70 langues. Ce magnifique poème est également un très bon compagnon de voyage.

Le festival de Doma et Folklore a lieu à Olavarria General Madariaga, capitale du gaucho, à environ 350 km de Buenos Aires. Il est également possible de se rendre près de Cordoba à Jesus Maria pour la Fête nationale nocturne.

Sinon, un petit séjour dans le village de San Antonio de Areco, situé à une centaine de kilomètres au nord de Buenos Aires, saura rendre heureux tous les amoureux des chevaux. L’estancia Bamba de Areco est tout particulièrement recommandable. L’endroit est magnifique et il est possible de s’initier aux techniques des gauchos, d’assister à des démonstrations de doma india et tout un tas d’autres activités autour du cheval.

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Enfin rendez-vous au village début novembre : on célèbre ici la Fête de la Tradition depuis 1939. Au programme : défilés, costumes, initiations, asado et passion du cheval.

Lorsqu’ils descendent de leurs chevaux, les gauchos se retrouvent autour d’un maté, d’un asado et de quelques notes de musiques. Avec les guitares se chantent de superbes chansons d’amour et, bien évidemment, de chevaux.

 

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Commentairess 2

  1. Anne 6 novembre 2017
    • kawelo 8 novembre 2017