Mon cheval maigrit : que faire ?


Nous avons déjà parlé du problème du cheval obèse, mais il était grand temps d’aborder le problème du cheval trop maigre.

Un cheval qui manque d’état ou qui en perd de manière brutale ou chronique n’est jamais anodin et peut conduire à des problèmes bien plus graves. C’est donc quelque chose qui mérite une attention toute particulière et une très bonne gestion pour ne pas laisser le cheval se dégrader.

Un cheval maigre : qu’est-ce que c’est ?

Petit point rapide pour comprendre quand s’alarmer pour un cheval « trop maigre ».

En effet, il faut bien avoir en tête l’état corporel idéal de son cheval pour objectiver une perte de poids. La première étape consiste donc à évaluer la note d’état corporel de son cheval : un cheval en bon état doit être à 3/5. A 2,5, on pourra considérer qu’il manque légèrement d’état. Cela devient plus alarmant s’il passe à 2 ou moins.

Malgré cela, il est important de tenir compte des spécificités individuelles et notamment de la race du cheval : on acceptera plus facilement une note de 2.5, avec un cheval « sec », pour un Pur-Sang, alors que cette note sera plus ou moins inquiétante pour un ibérique par exemple…

Le meilleur moyen de se rendre compte d’une perte de poids est de mesurer régulièrement le périmètre thoracique du cheval et ainsi de calculer son poids (cette méthode est expliqueée dans l’article cité précédemment). Vous pouvez également ré-évaluer fréquemment sa note d’état et prendre des photos pour mieux se rendre compte de l’évolution.

 

Pour quelles raisons ?

De nombres raisons peuvent amener un cheval à maigrir, elles sont à considérer chacune de leur côté sans oublier qu’elles peuvent co-exister et donc compliquer le diagnostic. Malgré tout, faisons un panorama rapide des principales causes d’amaigrissement.

Une ration inadaptée

On a tendance à sous-estimer cette raison, et à s’alarmer rapidement d’une cause « plus grave » lorsque son cheval manque d’état ou maigrit. Or dans une majeure partie des cas, cet amaigrissement est « seulement » lié à un mauvais calcul de ration et donc à une alimentation qui ne couvre pas les besoins du cheval.

Dans un précédent article, nous parlions des besoins nutritionnels du cheval, ce qui nous permettrait de comprendre un peu mieux l’établissement des rations. Cette étape est importante à intégrer pour être sûr que la ration que l’on donne à son cheval est adaptée à sa morphologie, à son poids, à son état physiologique (cheval âgé, jument gestante, étalon à la reproduction), à son mode de vie et à son travail.

Il est aisé de comprendre qu’une ration trop faible, pas assez de foin, manque d’herbe dans le pré, ou même distribution de céréales inadéquate ou en quantité insuffisante va causer chez le cheval un amaigrissement chronique.

On observera donc chez un cheval dont la ration est inadaptée une perte de poids régulière et relativement lente (sauf si la ration est vraiment trop déficitaire …), pouvant parfois l’amener à un état plus qu’inquiétant.

Un problème d’accès à la nourriture

Si votre cheval vit en troupeau avec d’autres chevaux, il se peut également tout simplement qu’il ne puisse pas accéder à la nourriture comme il le faudrait. En effet, certains chevaux plus hauts placés que lui dans la hiérarchie pourraient l’empêcher de s’approcher des points de nourriture.

Si vous constatez ce problème, augmentez le nombre de zones de distribution des repas et éloignez-les davantage si besoin. Mieux alimenté, votre cheval devrait rapidement retrouver de l’état !

Si votre cheval est en bas de la hiérarchie du troupeau, assurez-vous qu’il ait bien accès à une quantité suffisante de nourriture.

Les parasites

Une autre cause fréquente d’amaigrissement chez le cheval est le parasitisme interne. En effet, la présence de parasites dans l’estomac ou l’intestin du cheval à une action spoliatrice : c’est à dire que les vers vont détourner l’énergie normalement destinée au cheval pour se développer.

Le cheval va donc manger normalement, voire plus, mais cela restera inefficace puisque la majeure partie sera utilisée par les parasites et non par le cheval lui-même

De la même manière que précédemment, le parasitisme va conduire à un amaigrissement lent et régulier du cheval lié au développement d’une quantité de plus en plus importante de parasites dans le tube digestif.

Attention, ce n’est pas parce qu’un cheval est vermifugé régulièrement, qu’il ne peut pas être parasité ! Nous avions déjà abordé le problème des résistances et de la façon de vermifuger efficacement. Le parasitisme ne peut donc être exclu sous le seul prétexte que le cheval a été vermifugé récemment…

Les dents

La dentition du cheval est sujette à de nombreuses affections que nous aborderons prochainement dans un nouvel article. D’une manière générale, il est évident qu’un problème de dent peut-être très douloureux pour le cheval et donc causer des problèmes d’alimentation.

Parmi les principaux problèmes dentaires du cheval, on peut citer les surdents : ce sont de petites parties de dents mal usées et donc pointues qui peuvent blesser les joues ou la langue du cheval lorsqu’il mâche et rendre l’alimentation de celui-ci douloureuse.

Les chevaux présentant des surdents ou tout autre type de problèmes (blessures diverses dans la bouche) vont donc généralement cesser de s’alimenter ou mal manger : ils vont parfois être très lents à manger leur ration ou même recracher quelques boulettes de foin qu’il n’arrivent pas à mâcher.

Chez le vieux cheval, on peut observer le même genre de problème, mais il convient d’ajouter qu’ils ont parfois perdu des dents ce qui rend là aussi l’alimentation plus compliquée.

Pensez à vérifier les dents de votre cheval …

Une maladie latente

La dernière raison pour laquelle un cheval peut perdre du poids de manière importante, c’est la présence d’une maladie sous-jacente. Comme dit plus haut, on a souvent tendance à « sauter » sur cette éventualité, alors qu’il est primordial de réfléchir d’abord aux autres problèmes.

De nombreuses maladies peuvent causer un amaigrissement chez le cheval de manière non spécifique. Tout simplement parce que le cheval mange moins lorsque qu’il est pas bien, mais aussi parce que toute l’énergie qu’il reçoit est destinée à aider l’organisme et les défenses immunitaires à lutter contre cette maladie.

Parmi les plus fréquentes, on peut citer notamment la piroplasmose, qui donne des signes non spécifiques et qui n’est pas facile à détecter, de nombreuses affections respiratoires qui fatiguent le cheval, et bien d’autres encore, mais aussi, et plus grave et plus rare, des tumeurs de différents organes.

Comment réagir lorsque son cheval perd du poids ?

1. Faire le tri dans les problèmes

Comme bien précisé précédemment, il est inutile de se précipiter sur des tonnes d’analyses en suspectant une grave maladie. La première chose à faire est de réaliser un bilan des problèmes que pourraient avoir le cheval. Prendre les choses dans l’ordre, commencer par le plus simple, et avancer progressivement en se laissant du temps.

Il est donc important de reprendre les points précédents chacun à leur tour.

La première chose sera donc de calculer le poids du cheval et par la suite de calculer ses besoins. L’objectif est de comparer la ration actuelle du cheval à ses besoins et de vérifier qu’elle couvre bien ces derniers.

Si le cheval a reçu un protocole de vermifugation correct, on peut mettre cette hypothèse en deuxième plan. En revanche, si les vermifuges ne sont pas à jour, on pourra penser dans un premier temps à le faire, selon la saison, avec un vermifuge adapté aux vers présents à cette époque.

Les dents sont à observer ensuite : le cheval mâche-t-il correctement ? Si vous suspectez un problème de dents, l’intervention de votre vétérinaire ou d’un dentiste peut être une nécessité. Cela peut régler une grosse partie des problèmes de votre cheval.

Néanmoins, si votre cheval semble manger à une vitesse « normale » et sans difficulté, cette intervention peut survenir en deuxième intention seulement.

2. Réadapter la ration

L’herbe est idéale pour aider un cheval à reprendre du poids

La première étape consiste donc à réadapter la ration de votre cheval ! La plupart du temps, c’est le principal problème d’un cheval qui maigrit : il manque simplement de nourriture. Pensez-donc à recalculer la ration de votre cheval en fonction de son activité, son âge, son statut, etc.

Parmi les aliments qui aident à faire grossir un cheval, l’herbe est un élément essentiel ! C’est elle qui est la plus adaptée au cheval.. Si elle n’est pas disponible en assez grande quantité, le foin prend le relais, et peut être distribué à volonté, sans restriction.

Ensuite, en complément, préférez un aliment complet adapté à l’exercice de votre cheval. La pulpe de betterave déshydratée est également un élément intéressant pour aider un cheval à reprendre du poids.

N’augmentez pas la ration trop rapidement. On recommande d’augmenter la ration de 0.5 UFC toutes les 3 semaines, pour ensuite éventuellement rediminuer et stabiliser la ration.

3. Observer les modifications

Selon l’évolution, vous pourrez passer à la deuxième étape : laissez-vous 1 à 2 semaines selon la ‘gravité’ de l’état du cheval. Si votre cheval reprend, continuer sur cette lancée et ré-augmenter éventuellement la ration au bout de 3 semaines.

Si vous n’observez pas d’amélioration, il faudra penser à vermifuger le cheval, et éventuellement faire un bilan dentaire. Pensez à observer le crottin de votre cheval après l’avoir vermifugé, si vous voyez des vers, cela peut vous donner une indication sur l’état d’infestation du cheval.

A nouveau, laissez-vous 1 à 2 semaines pour observer l’évolution.

Si vous n’observez aucune modification, il est alors temps de penser à faire un bilan sanguin afin d’évaluer l’état de forme de votre cheval.

4. Surveiller

Quoiqu’il en soit, pensez à bien surveiller votre cheval, et évaluer régulièrement sa prise de poids. Vous pouvez également prendre des photos de profil, de face et de dos, toujours dans la même position afin de comparer l’état de votre cheval

Enfin, il ne faut pas toujours s’attendre à une reprise miraculeuse en hiver. En général, on se contentera de les maintenir à un poids suffisant et attendre l’herbe de printemps pour qu’ils finissent de reprendre.

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