Un cheval en hiver : être prêt en 10 points

Le cheval est naturellement fait pour résister à l’hiver lorsqu’il est à l’état sauvage. Mais chez nous, quelques aménagements sont nécessaires pour que nos compagnons passent l’hiver le mieux possible. Voici 10 points qui vous permettront d’aborder l’hiver en toute sécurité pour vous et votre cheval :

1) Prévoir un abri propre et chaud

Afin que le cheval au pré puisse se protéger du froid, il est nécessaire qu’il dispose d’un abri. Cela lui permettra d’éviter les intempéries et le vent particulièrement froid en hiver.

Pensez à pailler régulièrement l’abri avec une bonne couche de paille pour qu’il puisse s’y coucher et s’y tenir chaud. Le mieux est de retirer régulièrement (tous les 2 jours par exemple) les crottins et la paille souillée dans l’abri, premièrement afin de garder un abri propre, mais aussi parce que certaines vapeurs qui se dégagent de la fermentation du fumier peuvent être dangereuses si elles se concentrent dans l’abri. Toutefois, vous pouvez laisser une fine couche de fumier sur le sol, qui jouera le rôle d’isolant, bien recouverte avec une épaisse couche de paille. Il est vrai que les chevaux ne se couchent que très peu, mais quand ils le font, ils préféreront une bonne couche de paille à l’abri du froid qu’un sol gelé !

Dans le cas des chevaux en box, conservez une température aux alentours de 15°C dans l’écurie avec surtout une bonne aération pour évacuer la vapeur d’eau rejetée par la respiration des chevaux. Prévoyez là encore une bonne couche de paille par-dessus une fine couche de fumier qui isolera le sol du froid.

2) Du foin à disposition

Le foin est un aliment riche en fibre qui facilite le transit intestinal et permet au cheval de réguler sa température corporelle. De plus, avec l’herbe absente voire recouverte par la neige en hiver, le cheval s’ennuie rapidement. La mastication du foin occupe donc le cheval au long de la journée.

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Le foin pourra être mis dans un râtelier pour éviter le gaspillage

Pour les chevaux au box, donnez une bonne ration de foin, idéalement trois fois par jour ou à volonté. Il est également préférable de le mouiller avant de le donner : les jours d’hiver peuvent parfois être très secs et la poussière du foin est nocive pour les poumons des chevaux, notamment pour ceux atteints d’emphysème.

Pour les chevaux au pré, prévoyez un râtelier à foin (ou un bac si vous n’avez pas de râtelier), les chevaux auront ainsi moins tendance à l’étaler et gaspilleront moins le foin distribué. L’avantage du râtelier est qu’il ne retient pas l’eau, ainsi, s’il pleut pendant la journée, le foin ne trempe pas dans l’eau et ne pourrit donc pas s’il n’est pas mangé.

Personnellement, je n’ai pas de râtelier et je donne donc le foin dans une vieille baignoire non étanche. Elle ne retient pas trop l’eau et de toutes façons, le foin ne traîne pas longtemps avec mes poneys !

3) Vérifier régulièrement l’abreuvoir

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Gare aux abreuvoirs gelés en hiver !

L’un des principaux problèmes de l’hiver : les abreuvoirs gelés ! Il existe aujourd’hui des abreuvoirs chauffant qui empêche le gel de l’eau, mais peu d’écuries et de propriétaires en sont équipés.

Lorsque les températures descendent en dessous de 0°C la nuit, il est nécessaire de vérifier que l’abreuvoir n’est pas gelé tous les matins. Faites-le également dans la journée si possible pour les journées très froides. Lorsque la couche de glace est de faible épaisseur, les chevaux arriveront généralement à la casser, mais dans les autres cas, vous devrez vous-même casser l’épaisseur de glace pour que votre cheval puisse boire.

Petite astuce : vous pouvez laisser un morceau de bois dans l’abreuvoir afin qu’une partie de la surface de l’eau ne gèle pas et que les chevaux puissent venir s’abreuver. Vous pouvez également placer un morceau de polystyrène de la taille de l’abreuvoir en laissant un trou dedans.

4) Une couverture … de poils ou de tissu!

Pour attaquer l’hiver, rien de mieux que d’être bien au chaud. Que votre cheval soit tondu ou non, il est important qu’il soit bien au chaud.

Pour les chevaux tondus, choisissez bien votre couverture : les hivers ne sont pas aussi rudes selon les régions de France, prenez en compte les températures auxquelles va être confronté votre compagnon pour choisir un garnissage adapté.

Les chevaux au pré auront besoin d’une unique couverture d’extérieure imperméable, les chevaux au box, eux, nécessiteront une couverture d’écurie plus fine et plus respirante, ainsi qu’une couverture d’extérieure imperméable pour les sorties au pré ou au paddock.

Pour les chevaux au pré non tondus, vérifiez simplement qu’ils fassent assez de poil pour se protéger du froid !

5) Etre à jour dans les vermifuges

Comme tout au long de l’année, le vermifuge est important en cette période. Mais davantage encore en hiver car les vers peuvent rapidement faire perdre de l’état aux chevaux. L’hiver est une période rude durant laquelle beaucoup de chevaux ont tendance à maigrir : le manque d’herbe, le froid, parfois les maladies… Inutile donc d’en rajouter avec des parasites !

Dans les mois de décembre/janvier, ce sont les tenias qui sont présents et ils sont régulièrement responsable de forts amaigrissements chez les chevaux. Pour lutter contre ce type de vers, on vermifuge avec du praziquantel ( ou pyrantel), avec des vermifuges tels que l’Eqvalan Duo© ou l’Equest Pramox© par exemple.

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6) Ajuster la ration

Durant la période hivernale, le cheval doit utiliser son énergie pour se réchauffer. Ses besoin énergétiques sont donc décuplés et sa ration doit être bien ajustée pour qu’il soit en mesure de supporter le froid. Pour les chevaux au pré, comme dit plus haut, on complémentera en foin : l’herbe est quasi absente en cette période et le foin est nécessaire pour que le cheval puisse subvenir à ses besoins. Vous pouvez le laissez à volonté dans le pré, ou le distribuer en deux à trois grosses rations dans la journée.

Certains chevaux qui supportent mal le froid auront également besoin d’être complémentés avec des céréales ou des aliments concentrés. Pour cela, calculez une ration adaptée à son travail et à son poids. Si le cheval est en box, il est moins exposé au variation de température. Toutefois, n’hésitez pas à augmenter la quantité de foin distribuée et, selon la sensibilité du cheval à l’hiver, sa ration en aliments concentrés pour qu’il maintienne sa température corporelle. En règle générale, on donnera pour indication une augmentation de 10 à 15% de la ration habituelle en période de froid.

7) Bien s’échauffer

Difficile pour nous de débuter une activité sportive quand il fait froid ! Pour notre compagnon aussi, les muscles seront refroidis par la température hivernale. Vous devez donc être prudent lorsque vous débutez le travail. Prenez le temps de bien marcher le cheval pour qu’il se réchauffe et que ses muscles et articulations se mettent à fonctionner. Les séances de travail devront donc toutes êtres précédées de plusieurs minutes de pas sur terrain dur puis en carrière et se termineront également par une phase de retour au calme au pas.

Si votre cheval est tondu ou couvert, il devra porter un couvre-rein en début et fin de séance le temps que celui-ci se réchauffe et s’adapte à la température extérieure.

8) Faire attention aux sols gelés et glissants

Avec le gel, des plaques glissantes peuvent s’installer dans les prés ou les chemins. L’alternance de la boue et du gel est dangereuse parce qu’elle permet la formation de zones glissantes, notamment dans les prés pentus par exemple. Cela peut s’avérer dangereux pour le cheval qui ne les voit pas forcément et dont les sabots ne sont pas vraiment antidérapants sur le gel !

Souvent, les chevaux empruntent les mêmes chemins pour aller et venir dans leur pré. Repérez ces endroits et vérifiez qu’il ne s’y est pas installé de plaque glissante. Vous pouvez niveler les endroits les plus pentus ou couvrir de sciure de bois ou de sable les zones les plus dangereuses pour éviter la formation de plaque de glace

Concernant les chemins que vous empruntez pour vos balades, soyez prudents ! Préférez le pas et surveillez que vous n’apercevez pas de zones gelées sur le chemin. Prêtez particulièrement attention aux plaques de verglas sur les routes.

9) Eviter la transpiration

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Bien sécher le cheval s’il a transpiré

Un cheval mouillé est d’autant plus fragile, il peut facilement attraper froid s’il reste dans le vent. Lorsque le cheval travaille en hiver, et s’il n’est pas tondu, il transpire davantage à cause de l’épaisseur de poil qu’il possède.

Un cheval qui transpire pendant le travail reste donc mouillé un certain temps et vous devez alors le sécher efficacement pour éviter qu’il ne retourne au pré mouillé. Toutefois cela prend du temps… Pour un cheval qui travaille peu et qui donc n’est pas tondu, le mieux est de limiter la transpiration : préférez des séances calmes, avec de grandes pauses.

10) Vérifier les membres

Les membres sont particulièrement sensibles pendant l’hiver. La boue et la sécheresse provoquent régulièrement l’apparition de gale de boue ou de crevasses. Ces affections cutanées sont difficiles à guérir, d’autant plus que le cheval a souvent les pieds dans la boue en hiver ce qui limite la guérison.

Dès l’apparition des premiers signes de crevasses (perte de poils, lésions cutanées, irritations au niveau du pli du paturon), nettoyez abondamment avec une solution désinfectante en retirant toutes les croûtes présentes et appliquez une crème cicatrisante en couche épaisse sur les lésions. Si possible, le mieux est de mettre le cheval au box ou tout du moins sur un sol sec pendant quelques jours afin de faciliter la guérison du pied.

 

En résumé, pendant l’hiver, restez vigilants ! Mais avec quelques points, vous avez toutes les clés en mains pour que la saison se passe au mieux.

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Commentairess 4

  1. Alicia 24 octobre 2015
    • kawelo 25 octobre 2015
  2. Grimaud 28 février 2018
    • kawelo 13 mars 2018