Calcul des foulées à l’obstacle : détail ou nécessité ?


Si vous avez déjà eu l’occasion de faire des stages dans d’autres centres équestres, ou tout simplement d’assister à des reconnaissances de parcours lors de concours de sauts d’obstacles, vous avez certainement remarqué des différences : pour certains, le calcul des foulées est quelque chose de primordial alors que d’autres n’y prêtent pas la moindre attention ! Alors, qu’en est-il exactement ?

Anecdote

Sortir en CCE et CSO sans compter les foulées, est-ce possible ?

La réponse est oui !

Lorsque j’étais plus jeune, je sortais en CSO amicaux et CCE officiels à poney, et à aucun moment je n’avais appris à gérer les contrats de foulées à l’obstacle. Je ne savais pas faire la différence entre une distance longue ou courte (en fait, je ne m’étais même jamais posé la question !), abordais les verticaux et les oxers de la même manière et ne tenais absolument pas compte de l’esthétique des obstacles (entendre par là, s’il y a des soubassements ou non).

Je me contentais de mettre mes poneys dans le train qui me semblait être le bon, je soignais mes tracés et faisais en sorte de toujours avoir un poney bien en équilibre. C’est tout !

Certes je ne sortais pas sur des très grosses catégories, mais tout de même il n’était pas rare que j’enchaîne des parcours d’obstacles à 1m sur des poneys, et avec succès puisque j’étais très régulièrement classée.

Le jour où j’ai découvert la gestion des contrats de foulées…

Lorsque j’ai changé d’écurie et suis passée à cheval dans une écurie orientée « saut d’obstacles », j’ai eu la surprise de découvrir la notion des « foulées ». Je ne devais plus seulement sentir le galop de mon cheval, mais aussi gérer l’abord de la manière la plus précise possible.

Cette manière d’aborder l’obstacle a complètement révolutionné ma façon de monter ! J’ai fais des progrès fulgurants en terme de précision, mais ait aussi connu des moments de doute : comment réagir lorsque l’on ne voit pas les foulées ? J’étais régulièrement complètement perdue et avait bien du mal à répéter les bons sauts.

Puis un jour, j’ai eu une révélation :

Maîtriser le galop de son cheval : là est la vraie nécessité

Même si vous vous destinez au CSO, le travail sur le plat est primordial. - © Andrea Vallejos

Même si vous vous destinez au CSO, le travail sur le plat est primordial. – © Andrea Vallejos

Flash Back en vidéo

Suite à cette période de doute, je me suis amusée à regarder mes tours de l’époque, ceux où je ne prêtais pas la moindre attention aux contrats de foulées. A mon plus grand étonnement, mes parcours étaient loin d’être aussi catastrophiques que ce que je m’étais imaginée. Pire encore, la plupart des mes abords étaient bons. Comment était-ce possible ?

La réponse était évidente et pourtant il m’a fallu quelques minutes pour la trouver : j’avais un bon galop, tout simplement ! D’ailleurs dès que mon galop se détériorait, la qualité de mes abords s’en ressentait.

Le bon galop

Que vous sachiez visualiser vos foulées à distance ou non n’a aucune importance si vous ne savez pas gérer le galop de votre cheval. Sentir le train dans lequel vous êtes, pouvoir à tout moment allonger la foulée, la réduire ou même vous arrêter. Pouvoir tourner court ou large tout en gardant votre cheval en équilibre et sans perdre d’impulsion.

Là est la base de l’équitation de saut d’obstacle, le reste n’est que secondaire. Et c’est pour cela que le travail sur le plat est primordial : si à petit niveau il suffit d’avoir un cheval franc, rapide et doté d’un bon coup de saut pour enchaîner les victoires, plus vous monterez dans les catégories et plus vous vous réaliserez à quel point le travail « de fond » est important.

Aussi, si vous paniquez de ne pas voir vos foulées à temps, oubliez-les, tout simplement. Et concentrez-vous uniquement sur la qualité de votre galop et de votre tracé : mon cheval est-il en équilibre ? Vais-je arriver droit sur l’obstacle ? Ais-je suffisamment d’impulsion ?

Le bon galop est celui qui vous donne la possibilité de vous arrêter, d'allonger ou de réduire la foulée à tout moment. - © Heidi Schuyt

Le bon galop est celui qui vous donne la possibilité de vous arrêter, d’allonger ou de réduire la foulée à tout moment. – © Heidi Schuyt

Avec un bon galop, il n’y a pas de mauvais abord

Avec un bon galop, il n’y a pas de mauvais abord. Les places ne sont pas toutes parfaites, certes, mais en mettant votre cheval dans un galop adapté vous êtes quasi sûr de franchir l’obstacle sans encombre.

Trop de cavaliers (dont j’ai fait partie !) se focalisent à tel point sur la technique qu’ils en oublient totalement le ressenti. Or celui-ci est indispensable : même s’il est à la bonne place, si votre cheval galope mal vous courrez à la faute. S’il a de gros moyens ou est particulièrement généreux, il se peut que votre cheval vous sauve et franchisse l’obstacle correctement, mais n’en abusez pas.

Par respect pour votre monture, apprenez à monter de manière juste et efficace.

Gérer les foulées pour gagner en précision

Apprenez à gérer vos foulées pour gagner en précision. – © Andrea Vallejos

Faut-il pour autant arrêter d’essayer de visualiser les foulées ? Non ! Au contraire même !

Gérer les contrats de foulées vous aidera à gagner en précision : en abordant un obstacle à la place idéale, vous facilitez le travail de votre cheval, et l’économisez. Il n’aura plus besoin de faire de gros efforts pour couvrir une distance mal ajustée puisque vous aurez agi en amont justement pour lui trouver la place idéale.

Il est donc très important de savoir gérer ses contrats de foulées, à condition que cela n’interfère pas avec la qualité de votre galop. Pour apprendre à les visualiser, vous pouvez utiliser des barres au sol, puis des cavalettis. Et lorsque vous serez parfaitement à l’aise sur ces faibles hauteurs, vous pourrez installer de véritables obstacles.

Dans un prochain article, je vous donnerai quelques idées d’exercices pour vous entraîner !

 

Source image principale : © Heidi Schuyt


Commentaire 1

  1. Alexandrine 7 décembre 2014