L’attelage : une discipline chargée d’histoire


Il faut remonter dans l’Antiquité pour trouver le premier dispositif s’apparentant à un attelage. A cette époque, le cheval est déjà utilisé comme outil de traction grâce au travois.

Le travois se compose de deux perches en bois attachées parallèlement ou en croisé. Une extrémité est fixée par des lanières de cuir au cou du cheval, tandis que l’autre traine au sol. Sur ces perches est attaché le chargement à l’aide de cordes. Le travois est instable et peu pratique et ne peut déplacer que des objets peu encombrants.

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De l’outil de transport au compagnon de sport

L’Antiquité : le cheval comme arme de guerre

L’invention de la roue

L’invention de la roue en Mésopotamie aux alentours de 3100 av. J-C révolutionne la traction, le travail du cheval est facilité, il a la possibilité de tirer des charges lourdes plus rapidement. Émergent alors deux types de voitures : à quatre roues et à deux roues.

Les nombreux avantages qu’offrent les attelages à deux roues ne passent pas inaperçus : maniabilité et rapidité en font des armes de guerre sans précédent.

A partir de 2000 av. J-C le char de guerre est indispensable à toute bataille, on en retrouve aux quatre coins du globe. Selon les zones géographiques l’objectif de construction est différent : les Égyptiens cherchent la légèreté et la maniabilité tandis que les Chinois alourdissent l’ensemble afin de lui donner de la stabilité.

Sélection des chevaux et perfectionnement des voitures

Les chevaux sont choisis selon des critères de rapidité mais également de taille : ils doivent avoir de grandes foulées et un équilibre porté sur l’arrière-main pour plus de puissance.

Détail d'un vase grec - ©Larousse

Détail d’un vase grec – ©Larousse

Le char est tirés par 2 ou 4 chevaux placés de front.

Il est relié aux chevaux grâce à un joug en bois reposant sur leur garrot : le timon. Différentes lanières relient le char au harnachement, c’est via un collier de cuir que le cheval tire l’ensemble : le joug d’encolure.

Le cheval n’est à cette époque qu’un outil peu considéré. L’accent est principalement mis sur la qualité de la voiture (la roue a connu de nombreuses améliorations à cette époque) plus que sur celle du harnais.

Le Moyen Âge

Une nouvelle force motrice

Au Moyen Âge la force motrice des animaux remplace celle des hommes, tout particulièrement pour les travaux agricoles. Le cheval permet un gain de temps et d’énergie sans précédent : les paysans travaillent  de plus grandes superficies agricoles, et obtiennent ainsi de plus grandes quantité de nourriture.

Commence à cette époque un nouveau type de sélection : on tente d’avoir des chevaux plus robustes pour les champs. Les différentes races de chevaux de trait, tel que le shire, voient le jour.

Du joug dorsal à la bricole

A partir du Xe siècle le harnais connaît des améliorations : le joug dorsal (en bas à gauche) évolue pour se rapprocher du modèle actuel de la bricole (en bas à droite).  Le blanchet est descendu plus bas sur le poitrail et est relié aux traits. La bricole augmente la force de traction du cheval, son confort est de plus en plus pris en compte car il est indissociable d’un travail de qualité.

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Le joug d’encolure, ancêtre des colliers actuels, n’a connu que peu d’évolution, nos modèles en sont restés proches. Il est renforcé sur certaines parties, rembourré pour toujours plus de confort, et adapté à la morphologie du cheval. Il doit donc être choisi avec grand soin.

Le premier transport public

A la fin du Moyen Âge l’attelage devient un moyen de transport, les voitures connaissent d’importantes évolutions : plus grandes et plus confortables, elles sont équipées de suspensions qui apportent sûreté et sécurité de conduite.

Ces moyens de transport publics deviennent privés au fil des siècles.

Le XXe siècle : disparition et renaissance

Apparition de la voiture… puis de l’attelage de sport

Le début du XXe siècle est marqué par l’apparition de la voiture qui signe le déclin de l’attelage. Savoir-faire, équipements et animaux disparaissent dans l’oubli, faute d’utilité.

C’est à partir de 1970 que l’attelage connait un renouveau grâce à la passion que le prince d’Edimbourg voue à cette discipline. L’attelage devient un sport à part entière, qui se développe dans un premier temps en Angleterre puis en Allemagne.

Le premier championnat du monde d’attelage à 4 a lieu en 1972 à Munster.

1987 : arrivée de l’attelage de compétition en France

En 1973, l’attelage fait une première vraie percée  en France comme discipline de compétition avec l’organisation à Rambouillet du premier concours d’attelage. La FFE intègre la discipline en 1987.

De cet événement est née l’Association Française d’Attelage, dont le but est de promouvoir la discipline.  Elle confère au fil des années sérieux et rigueur aux compétitions grâce à l’établissement d’un règlement et l’organisation de concours internationaux.

Anglais, Hongrois, Hollandais, Suisses et Allemands continuent de perfectionner les voitures et harnais. Ils renforcent la sélection des meilleures souches de chevaux et contribuent à perpétuer la tradition des meneurs de chevaux en proposant de nombreux stages et formations aux enseignants.

L’attelage de compétition aujourd’hui

Aujourd’hui, l’attelage est une discipline de compétition proposant différentes épreuves. Elles s’inspirent principalement de l’équitation classique, mais trouvent également leurs racines dans l’histoire de la discipline.

Un attelage de compétition peut compter un, deux ou quatre chevaux.

L’attelage de tradition800px-Attelage_en_pair_avec_colliers

Le meneur et son groom présentent à un jury leurs chevaux attelés à une voiture ancienne. La présentation du cheval, du harnais ainsi que de l’hippomobile sont notés et doivent respecter un règlement strict.

L’épreuve de présentation est suivie d’une épreuve d’endurance puis de maniabilité durant lesquelles l’équipe doit prouver sa dextérité et sa précision face à des difficultés données.

Le concours complet d’attelage

Il comprend trois tests :

– Le dressage

Proche du dressage d’équitation classique. Le meneur doit mémoriser un tracer comportant un enchainement de figures imposées. La précision de chaque figure ainsi que la maîtrise des allures sont évalués.

– Le marathonHRH_Lowther_2005_horse_driving

Ce parcours en terrain varié est souvent considéré comme l’équivalent en attelage de l’épreuve de cross du CCE. Elle est l’épreuve la plus impressionnante.

Le meneur fait passer son attelage dans des obstacles matérialisés par des poteaux délimitant des couloirs étroits. Cette épreuve demande de la vitesse mais surtout de la précision. Entre chaque obstacle différentes difficultés peuvent se présenter : gués, collines,…

Aucune une seconde de répit n’est accordée !

– La maniabilité

Une succession de portes délimitées par des cônes sont à franchir successivement dans un certain ordre. Des balles de tennis sont posées au sommet de chaque cône afin de s’assurer que l’attelage ne touche pas les portes.

Le TREC attelé

Le TREC se compose de deux tests : le Parcours d’Orientation et de Régularité (P.O.R) et le Parcours en Terrain Varié (P.T.V). Cette discipline est accessible à tout type d’attelage.

Le P.O.R est une évaluation de l’endurance du cheval sur un itinéraire de 15 à 22km.

Lors du P.T.V, l’équipage doit faire face à des difficultés propre à celles qu’il est susceptible de rencontrer lors de sorties en terrains variés. La qualité du dressage du cheval et la justesse des actions du meneur sont notés.

Pour aller plus loin:

> L’association française d’attelage

> S’initier à l’attelage grâce aux Haras nationaux

> Pour connaître les règlements ainsi que les reprises en vigueur, direction la FFE

> Achetez vos places pour assister aux épreuves d’attelage durant les Jeux Équestres Mondiaux

 

Sources : image principale, Les fondamentaux de l’attelage – Galops 1 à 7 / Nouveau programme officiel, Larousse.

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