L’ataxie chez le cheval


Du grec ataxia qui se traduit par désordre, l’ataxie est une incoordination des membres. Il s’agit d’un symptôme du syndrome de Wobbler. Elle n’est pas réellement considérée comme une maladie à part entière, mais elle est plus connue que le syndrome.

Qu’est ce que l’ataxie ?

L’ataxie est une trouble neuromusculaire qui empêche la bonne coordination du mouvement.

Situé dans le cerveau, le cervelet est le centre de coordination du corps. Il envoie ses instructions jusqu’aux muscles par la moelle épinière et les nerfs périphériques.

Dans le cas d’un syndrome de Wobbler, les instructions envoyées ne sont pas bien reçues par les muscles. Une instabilité des cervicales empêche la moelle épinière de bien fonctionner. Les vertèbres compriment la moelle épinière qui n’arrive pas alors à donner la bonne information aux muscles. De ce fait, les mouvements se désordonnent et ne peuvent pas être bien coordonnés.

Comment la détecter ?

De la démarche est chancelante jusqu’à la paralysie du cheval, il existe différents signes qui montrent qu’un cheval est atteint de ce symptôme. Si on a l’impression que la maladie tombe comme ça sur le cheval, il y a pourtant très souvent des signes avant coureurs, repérables si vous êtes bien vigilant.

On peut par exemple repérer une certaine maladresse chez le cheval, comme une faiblesse (trébuchement, traîne les membres, affaissement) mais aussi une façon anormale de bouger ses membres lorsqu’il marche ou encore un cheval qui amble (lève les deux membres du même côté).

Une radio de l’encolure pourra confirmer ou infirmer l’ataxie.

Quel traitement contre l’ataxie chez le cheval ?

Aujourd’hui, il existent deux solutions pour soulager le cheval  :

L’ostéopathie

L’ostéopathie peut être une vraie solution © Ostéopathie Equine P. Barry

La première est une méthode douce, il s’agit de la soigner grâce à l’ostéopathie. Il est vivement conseillé de faire appel à un vétérinaire ostéopathe et non pas à un simple ostéopathe pour ce genre de traitement.

Cette méthode consiste à réaliser une série de manipulations sur les cervicales pour aider le bon fonctionnement de la moelle épinière. L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle se fait en douceur pour le cheval mais une mauvaise manipulation pourrait faire plus de mal que de bien, c’est pourquoi le fait que l’ostéopathe soit également vétérinaire est indispensable.

La méthode ostéopathique peut être un traitement très long, allant de quelques mois à quelques années selon la gravité de l’ataxie. Les résultats ne sont pas sûrs non plus à 100% mais certains chevaux réagissent très bien aux manipulations.

La chirurgie

La deuxième solution est la chirurgie. Il s’agit de mettre une plaque au niveau de la cervicale qui entraîne la compression de la moelle épinière. Cela va bloquer l’articulation, la stabiliser pour permettre à la moelle de fonctionner correctement. En chirurgie, cela s’appelle l’arthrodèse.

Mais avant de pouvoir réaliser cette intervention, les vétérinaires vont réaliser différents examens. L’intérêt est de repérer quelle vertèbre en particulier provoque l’ataxie et surtout de s’assurer par la même occasion qu’aucune autre cause entraîne l’incoordination des mouvements.

Les examens sont d’ordre neurologiques mais aussi des radios réalisées sous anesthésie générale du cheval. Le vétérinaire injecte un produit de contraste et prend ensuite les clichés de l’encolure sous plusieurs angles. Le liquide va mettre en évidence l’espace entre la moelle épinière et les cervicales, le vétérinaire pourra alors déterminer quelle cervicale est touchée.

Si l’intervention chirurgicale semble permettre plus de stabilité par rapport à l’ostéopathie, le prix reste conséquent – on parle de plusieurs anesthésies générales – et comme toute anesthésie, cela n’est pas sans risque pour le cheval.

ataxie

L’intervention chirurgicale semble être une solution miracle.

Quelle vie pour un cheval atteint d’ataxie ?

Pendant longtemps, on ne parlait pas de traitement pour l’ataxie. La carrière (sportive ou loisir) du cheval n’était pas envisageable pour des raisons de sécurité, aussi bien du cheval que du cavalier. Au mieux, on laissait le cheval dans une pâture comme animal de compagnie. Au pire, les vétérinaires l’euthanasiaient.

Il est encore difficile de parler d’avenir pour un cheval atteint d’ataxie. La vie qu’il pourra mener dépend de beaucoup de facteurs : son degré d’ataxie, le type de soin choisi par le propriétaire ainsi que sa capacité de récupération (après un acte chirurgical ou séance d’ostéopathie intense).

Avec le choix de l’ostéopathie, le cheval peut être arrêté durant de longs mois, sans qu’il ne puisse être monté, travaillé ou même simplement partir en balade en main. Le choix chirurgical peut sembler être la solution miracle pour remettre rapidement le pied à l’étrier. Mais là, encore rien n’est sûr. Et il n’y a pas de mauvaise décision entre ces deux solutions.

Tout ce que l’on peut souhaiter, c’est que le cheval ait une vie « normale », ce qui arrive après certains traitements. Il existe de nombreuses possibilités mais les progrès médicaux permettent d’être plus optimiste quant à l’avenir de ces chevaux.

 

L’ataxie chez le cheval
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