Alimentation du cheval : les différents fourrages

Dans le précédent article, nous vous parlions des besoins du cheval. Pour y répondre comme il faut, chaque aliment a ses propriétés et c’est la combinaison des bons aliments en quantités adéquates qui vous permettra de proposer une ration adaptée à votre cheval.

On ne le répétera jamais assez, les fourrages sont les éléments de base de l’alimentation du cheval ! L’ensemble de l’appareil digestif du cheval est adapté à cette nourriture riche en fibres. Ils sont longs à mastiquer et à digérer et participent donc non seulement à l’usure régulière des dents mais aussi au bon fonctionnement de la digestion et du transit intestinal. L’estomac du cheval n’est pas adapté à des rations avalées en vitesse ni à l’absence de consommation d’aliments pendant un long moment. Cette dernière provoque une acidification de l’estomac et peut mener à terme à des ulcères gastriques. Une quantité de fourrages suffisante permet d’éviter ce genre de problème.

Faisons le tour des fourrages les plus utilisés dans l’alimentation de nos amis équins !

Le foin : le roi des fourragesfourrage

C’est le plus utilisé dans l’alimentation des chevaux. C’est un fourrage conservé par voie sèche, issu le plus souvent d’un mélange d’herbes de prairies naturelles. Le plus important est de disposer d’un foin de bonne qualité : un foin de l’année (éventuellement de 1 an), bien sec, pas moisi, pas trop poussiéreux. La parcelle, la période de fauche, le temps de séchage sont autant de facteurs qui peuvent faire varier les valeurs nutritives du foin. De même, avec l’âge le foin perd en qualité : si vous donnez un foin plus vieux vous devrez donc faire attention à compléter votre cheval sur certains points.

En règle générale, on situe le foin de prairie entre 0,40 et 0,55 UFC du plus médiocre au plus supérieur. C’est évidemment riche en matière sèche, environ 85%, ainsi qu’en fibres : autour de 30% de fibres. C’est en revanche relativement peu protéiné : on considère qu’il y a à peu près 30 à 40 g de MADC par kg de foin. Concernant les minéraux, on peut compter 4 à 5g de Ca, et environ 2g de P.

Le foin pourra constituer une très grosse partie de la ration : à partir de 30-40% pour les chevaux de haut niveau ou de course, jusqu’à 100% pour les poulinières, les chevaux au repos, etc.

La paille

Autre type de fourrage, la paille. Elle est davantage utilisée comme litière, mais ne doit pas être négligée dans la ration pour autant car le cheval en consomme de grandes quantités lorsqu’il vit sur paille.

C’est un aliment très peu nutritif, autour de 0,2 UFC seulement, constitué quasi exclusivement de fibres non digestibles, ce qui explique qu’elles peuvent provoquer des troubles digestifs telles que des coliques de stase.

On pourra en revanche en donner à mâchonner pour éviter l’ennui, pour les chevaux en box principalement.

L’enrubanné

L' enrubanné peut également être utilisé comme fourrages pour les chevaux

L’ enrubanné peut également être utilisé pour les chevaux

Il est récolté au cours du mois de Mai, puis enroulé dans du ruban après un rapide séchage (2 à 3 jours), de telle sorte que le taux d’humidité soit supérieur à 50%. C’est un fourrage dont la conservation est délicate du fait justement de l’eau qu’il contient, ce qui le rend propice au développement de moisissures.

Toutefois, bien réalisé, l’enrubannage garanti un fourrage de bonne qualité, avec de bonnes valeurs nutritionnelles. On le situe entre 0.6 et 0.8 UFC, avec une quantité de protéines allant de 30 à 160g de MADC/kg. Selon les plantes à partir desquelles il est fait, c’est donc un aliment très protéiné, plus que le foin.

L’humidité de ce fourrage en fait un très bon aliment pour les chevaux emphysémateux ou sujets à de réguliers problèmes respiratoires. En revanche, il est également très appètent, il faudra donc veiller à la quantité ingérée par chaque cheval.

La luzerne séchée ou déshydratée

La luzerne, est le fourrage des chevaux sportifs, mais elle doit être maniée avec précaution !

Elle peut se présenter sous forme de foin (séchée) ou sous forme de granulés (déshydratée). C’est un fourrage dont la valeur protéique est bien plus élevée que celle du foin d’herbe (3 à 4 fois plus). La luzerne a l’avantage d’être pauvre en fibres non digestibles, encore moins que le foin, elle est donc mieux digérée par le cheval.

Bien qu’il n’apporte effectivement que 0.5 UFC, à l’instar du foin, cet aliment hyperprotéiné a tendance à donner beaucoup d’énergie aux chevaux et à provoquer des troubles digestifs. C’est un fourrage très riche en Ca (24 g/kg environ), mais relativement pauvre en P, ce qui en fait un aliment très déséquilibré sur le plan phosphato-calcique… Elle pourra donc être utilisée en complément d’orge ou d’avoine pour lesquels le calcium est manquant.

La pulpe de betterave

La pulpe de betterave déshydratée/réhydratée Credit : ecurie-du-marjoulet.e-monsite.com

La pulpe de betterave déshydratée/réhydratée
Credit : ecurie-du-marjoulet.e-monsite.com

Comme son nom l’indique, il s’agit d’extrait betterave déshydratée. Il s’agit d’un aliment riche en énergie car très facilement digestible, mais assez pauvre en protéines (même ordre de grandeur que le foin) et en minéraux. Il ne contient en outre que peu de vitamines, mais est bien pourvu en Ca et Mg.

Ce fourrage doit être utilisé réhydraté (environ 1 mesure de pulpe de betterave pour 6 mesures d’eau) et utilisé en parallèle d’une complémentation vitaminique et minérale.

En revanche, il est très intéressant pour les chevaux souffrant d’emphysème car il apporte globalement les mêmes éléments que le foin mais sous forme hydraté ce qui limite les irritations des bronches.

L’ensilage

Bien moins utilisé pour les chevaux, c’est un fourrage conservé de manière humide à l’abri de l’air et de la lumière laissant la possibilité à des bactéries de réaliser des fermentations. Les brins sont plus fins et plus acides que dans un fourrage normal, et le taux de matière sèche est supérieur à 25%. Toutefois, les ensilages dont le taux de matière sèche est inférieur à 30% sont mal consommés par les chevaux.

En alimentation des chevaux, on utilise l’ensilage d’herbe préfané et l’ensilage de maïs.  L’ensilage d’herbe est bien équilibré, apporte environ 0.6 UFC et 66 g de MADC/kg, un peu plus donc que des fourrages tels que le foin. L’ensilage de maïs  est riche en amidon et en sucres solubles et constitue donc un aliment présentant un bon apport énergétique. C’est un aliment apportant entre 0.8 et 0.9 UFC, mais il est en revanches pauvre en matières azotées (29 g de MADC/kg), minéraux et vitamines.

L’ensilage de maïs est notamment conseillé pour les chevaux de selle et de trait en élevage, mais ne doit pas être distribué à volonté du fait de sa grande concentration en amidon. En revanche, l’ensilage d’herbe peut être utilisé pour tous types de chevaux, et distribué à volonté.

 

 

En résumé, on utilisera principalement le foin, le moins coûteux et le plus adapté pour nos chevaux. La paille sera utilisée en litière et très rarement en alimentation pour éviter les coliques. La pulpe de betterave, humide, pourra être utilisé chez les chevaux emphysémateux de même que l’enrubanné, tandis que la luzerne, plus protéinée, sera donné en complément à des chevaux de sport. L’ensilage, moins adapté, est réservé plutôt à l’engraissement.

Dans tous les cas, on veillera à la propreté et à une bonne conservation du fourrage.

Newsletter Cheval Partage
Abonnez-vous pour recevoir notre newsletter mensuelle ainsi que nos bons plans et jeux-concours !
Vos données ne seront pas vendues à des tiers. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.


Commentaire 1

  1. Laura MOULIN 11 mai 2016