Les 7 jeux Parelli, mode d’emploi #1

Aujourd’hui je laisse la parole à Pauline Barbier, blogueuse sur le site D’un cheval l’autre et cavalière passionnée qui se forme professionnellement à la méthode Pat Parelli. Méthode que nous avons déjà évoquée dans ses grandes lignes lors d’un précédent article.

 

Pat Parelli est un pédagogue qui aime bien ranger, classer, classifier, à tel point que parfois, on s’y perd un peu. Il a créé les 4 Levels, les 4 Savvys, les 10 principes… Et surtout, les célèbres 7 jeux. Bref, si vous vous sentez un peu submergé par tout ce que contient le Natural Horsemanship : pas de panique. On est là pour vous !

Les célèbres 7 jeux forment la base éducative de la méthode. Pat Parelli les appelle « jeux », pour que l’humain les aborde avec une attitude positive (ce qui, d’ailleurs, fait partie des 10 principes de l’Homme de cheval). Il existe autant d’exercices par jeu, qu’il existe de cerveaux créatifs sur Terre. Vous utilisez forcément certains de ces 7 jeux sans même le savoir !

Les jeux ont un ordre précis, qui correspond à une progression logique de la méthode Parelli. Il faut les considérer comme une pyramide, avec pour base, le jeu 1 (jeu de l’amitié) et pour sommet, le jeu 7 (jeu du passage étroit).

1. Le jeu de l’amitié

Tout le monde connaît le cas classique du cavalier « étho » qui entre en piste, s’arrête, tournoie son stick et claque sa cordelette dans tous les sens, tandis que son cheval reste paisible. A côté, le cavalier classique perd contrôle de son cheval qui, lui, panique absolument. Clash des cultures. C’est ça, l’intérêt du jeu de l’amitié.

Il s’agit de désensibilisation aux stimuli auxquels vous ne voulez pas que votre cheval réagisse. Par exemple, un objet dans une piste, un van, le bruit de la tondeuse, un parapluie… Mais c’est aussi (et surtout, en fait) une façon de lui expliquer que les outils avec lesquels vous travaillez ne sont pas dangereux.

Si à chaque fois que vous levez votre stick, votre cheval y répond par peur plutôt que par compréhension de la demande, êtes-vous dans une belle relation complice et heureuse ? Pas vraiment… Vous faites peur à votre cheval. Pour vous assurer qu’il ne répond pas par peur, mais bien parce qu’il a compris la demande, vous devez d’abord passer par l’étape désensibilisation. Et ce, avec tous vos outils (longes, filet, mors, selle, tapis, etc.).

C’est pour cela que ce jeu est le premier : avant de travailler, vous devez vous assurez que votre cheval communique avec vous sans stress. En pratique, le jeu de l’amitié répond à 3 règles, les 3 « r » :

  • Relaxation : le langage corporel du cavalier doit être clairement décontracté lorsqu’on fait le jeu de l’amitié, pour que le cheval comprenne qu’on ne lui demande rien ;
  • Approche-retrait : si une zone l’inquiète particulièrement, par exemple lui toucher les oreilles avec le stick, vous n’allez pas forcer. Vous allez vous approcher de la zone critique, jusqu’à que le cheval semble légèrement inconfortable, et vous en retirer aussitôt. Et vous allez répéter le processus, tout en vous approchant à chaque fois un peu plus de la zone critique, jusqu’à l’atteindre entièrement. Cette notion d’approche-retrait est essentielle, car elle permet d’être progressif et de respecter le rythme du cheval ;
  • Rythme : pour une désensibilisation réussie, rien de mieux que de garder un rythme constant dans vos gestes. Cela permet au cheval de comprendre la situation – un rythme inégal ne permettrait pas au cheval d’anticiper chacun de vos mouvements. Cela participe donc à le rassurer.

 

2. Le jeu du porc-épic

Le porc-épic, c’est votre assurance-vie. Votre cheval possède ce fameux « réflexe d’opposition ». Vous poussez son poitrail pour qu’il recule, vous poussez sa croupe pour qu’il s’écarte… S’il n’est pas éduqué, il va pousser contre, plutôt que gentiment céder et s’écarter. Normal, il a besoin de survivre si un féroce puma (c’est connu, ça court les rues européennes) se jette sur son garrot pour lui taillader la carotide vite fait bien fait. S’il s’abaissait gentiment, pour laisser son prédateur faire son travail, il serait un cheval mort !

Parce que le cheval est un être prudent, il a le réflexe d’éjecter quiconque tente de mettre une pression physique sur lui. Le porc-épic, c’est déconstruire ce réflexe naturel à l’envers. C’est apprendre à votre cheval à céder à n’importe quelle pression physique sur son corps. Cela sert à tourner, avancer, arrêter, reculer, faire des cessions à la jambe, des appuyers… Cela sert aussi à avoir un cheval qui ne tire pas au renard, si le porc-épic est bien ancré en lui. Et ça sert aussi à avoir un cheval qui se démêle sans paniquer quand il marche sur sa longe. D’où le nom de porc-épic : il doit s’écarter de la pression physique comme vous vous écarteriez des méchants pics d’un mignon porc-épic !

En pratique, le porc-épic se travaille avec des phases, 4 phases :

  • La première, la plus légère, suggère : imaginez que vous touchez d’abord les poils de votre cheval ;
  • La seconde phase, un peu plus lourde, demande : imaginez que vous touchez la peau de votre cheval ;
  • La troisième phase, encore un cran au-dessus, dit. Imaginez que vous touchez le muscle de votre cheval ;
  • Et enfin la quatrième phase, la plus forte, promet : imaginez que vous touchez l’os de votre cheval.

L’objectif est d’avoir un cheval qui cède à la plus légère phase.

3. Le jeu de la conduite

Bien plus naturel pour les chevaux, on a tous tendance à le pratiquer trop tôt. Le porc-épic, c’est ennuyeux. La conduite, en revanche, ça donne l’impression qu’on est un Jedi et qu’on contrôle notre cheval avec la Force. C’est comme le porc-épic… Mais à distance !

C’est le début du travail avec cette obscure notion « d’énergie »… Pas de panique, pas de charlatanisme prévu dans cet article. C’est quelque chose qui existe, mais qu’on regarde avec des airs sceptiques – soyez un sceptique intelligent, faites-le test et voyez par vous-même !

Les chevaux communiquent essentiellement par ce biais. Regardez-les se bouger les uns les autres dans la prairie. Ils en arrivent parfois à se toucher, mais en général, il y a eu plusieurs avertissements à distance auxquels ils répondent bien si le troupeau est stable. Voyez-vous comme un cheval arrive à en bouger un autre, uniquement en baissant les oreilles et en s’approchant avec la vive intention de passer ? Le second va effectivement lui laisser la place : ils ne se sont pourtant pas touchés. Celui qui s’écarte répond simplement à l’intention, à l’énergie du cheval qui le bouge. C’est ça, la conduite. C’est une réponse à la pression par suggestion.

La conduite, c’est apprendre à votre cheval à céder à des pressions non physiques, à distance, et rythmique – contrairement au porc-épic, où l’on utilise une pression constante. C’est le travail avec la fameuse « bulle » du cheval.

En pratique, on peut l’utiliser pour faire reculer son cheval à distance. Pour cela, on peut utiliser un stick, et travailler avec les 4 phases :

  • En agitant le stick à distance en rythme, on l’agitera très légèrement avec peu d’énergie en phase 1.
  • Ensuite, on intensifie un peu le mouvement avec plus d’énergie en phase 2.
  • A nouveau, on intensifie un degré de plus phase 3, mais toujours en gardant des mouvements longs et lents (pas vifs et rapides).
  • Enfin, en phase 4, si le cheval n’a pas bougé, on ira tapoter rythmiquement sur son poitrail jusqu’à qu’il recule. A terme, le cheval reculera dès que l’on agite rythmiquement le stick à distance.

 

Dans un prochain article, nous aborderons les 4 autres jeux de la méthode du Natural Horsemanship de Parelli.

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